C’est la même chose pour l’amour. Si vous enfermez dans votre sein une semence d’amour, pour votre Dieu très Saint et pour votre prochain et si vos actions sont inspirées par l’amour, vous ne manquerez à aucun précepte du Décalogue. Vous ne mentirez pas à Dieu par une religion fausse faite de pratiques mais non de spiritualité. Vous ne mentirez pas au prochain en vous conduisant comme des enfants ingrats, des époux adultères ou même seulement trop exigeants, comme des commerçants malhonnêtes, des menteurs dans les relations, des violents envers qui vous est hostile. Regardez, à cette heure de chaleur, combien d’oiseaux se réfugient dans les feuillages de ce jardin.
D’ici peu cette plante de sénevé, encore petite maintenant, sera un vrai perchoir. Tous les oiseaux viendront à l’abri et à l’ombre de ces plantes si touffues et si hospitalières. Les petits des oiseaux apprendront à voler en sécurité dans ces rameaux qui servent d’échelles pour monter et de filet pour éviter la chute. Il en est ainsi de l’amour, base du Royaume de Dieu.
Aimez et l’on vous aimera. Aimez et vous serez compatissants. Aimez et vous ne serez pas cruels en exigeant plus qu’il n’est permis de ceux qui vous sont soumis. Amour et sincérité pour obtenir la paix et la gloire des Cieux. Autrement, comme l’a dit Benjamin, tous vos actes accomplis en mentant à l’amour et à la vérité se changeront en paille pour votre lit infernal. Je ne vous dis pas autre chose.
Je vous dis seulement: ayez présent à vos esprits le grand précepte de l’amour et soyez fidèles à Dieu Vérité et à la vérité en toute parole, action et sentiment, car la vérité est fille de Dieu. Un continuel travail de perfectionnement de votre part, comme la semence qui croît jusqu’à ce qu’elle atteigne sa perfection. Un travail silencieux, humble, patient. Soyez certains que Dieu voit vos combats et vous récompense davantage pour un égoïsme vaincu, pour une vilaine parole que vous retenez, pour une exigence qui ne s’impose pas que si, armés pour la lutte, vous mettiez à mort l’ennemi. Le Royaume des Cieux, dont vous serez les possesseurs si vous vivez en justes, se construit avec les petites réalités de chaque jour. Avec la bonté, la modération, la patience, en se contentant de ce que l’on a, avec la compassion réciproque, avec l’amour, l’amour, l’amour.
Soyez bons. Vivez en paix les uns avec les autres. Ne jasez pas. Ne jugez pas. Dieu sera alors avec vous. Je vous donne ma paix comme bénédiction et comme remerciement de la foi que vous avez en Moi.”
184.9 – Puis Jésus se tourne vers la femme en disant:
“Que Dieu te bénisse en particulier parce que tu es une sainte épouse et une sainte mère. Persévère dans la vertu. Adieu, Benjamin. Sois toujours plus aimant de la vérité et obéis à ta mère. La bénédiction pour toi et pour tes frères et pour toi, mère.”
Un homme s’avance, il est confus et balbutie:
“Mais, mais… je suis ému de ce que tu dis de mon épouse… Je ne savais pas…”
“Tu n’as pas des yeux et l’intelligence, peut-être?”
“Si.”
“Pourquoi ne t’en sers-tu pas? Tu veux que je les ouvre?”
“Tu l’as déjà fait, Seigneur. Mais, je l’aime bien, sais-tu? C’est que… on s’habitue… et… et…”
“Et on se croit permis d’exiger trop parce que l’autre est meilleur que nous…
Ne le fais plus. Tu es toujours en danger avec ton métier. Ne crains pas les bourrasques si Dieu est avec toi. Mais si c’est l’Injustice, crains fortement. Tu as compris?”
“Plus que tu ne dis. Mais je chercherai à t’obéir… Je ne savais pas…” et il regarde sa femme comme s’il la voyait pour la première fois.
Jésus bénit et sort sur la petite route. Il reprend son chemin vers la campagne.