“Toi et toi, venez ici.”
Puis il choisit les deux Jacques et les unit aux deux premiers, Puis il prend Thaddée. Il reste très pensif devant le Zélote et Barthélemy et dit:
“Vous êtes vieux, mais vous êtes bons”.
Et il les unit aux autres. Il considère Pierre qui subit l’examen en faisant des œillades comiques, et il le trouve bon. Matthieu aussi passe, et de même Philippe.
À Thomas il dit:
“Tu ris trop. Moi je suis sérieux. Ne sais-tu pas que mon maître dit que celui qui rit toujours, manque ensuite l’épreuve?”
Mais en somme, Thomas aussi passe avec une mauvaise note, mais il est reçu à l’examen. Puis l’enfant retourne vers Jésus.
“Hé! dis donc, gamin, il y a encore moi. Je ne suis pas un arbre. Je suis jeune et beau. Pourquoi ne m’examines-tu pas?”
“Parce que tu ne me plais pas. Maman dit que quand une chose ne plaît pas, on n’y touche pas. On la laisse sur la table, que la prennent les autres, à qui elle peut plaire. Et elle dit que si quelqu’un offre une chose qui ne plaît pas, on ne dit pas: “Cela ne me plaît pas”, mais on dit: “Merci, je n’ai pas faim”. Moi, je n’ai pas faim de toi.”
“Mais comment? Regarde. Si tu me dis que je suis bon, je te donne cette pièce de monnaie.”
“Qu’est-ce que je vais en faire? Qu’est-ce qu’on achète avec un mensonge? Maman dit que les deniers qu’on gagne par une tromperie deviennent de la paille. Une fois je me suis fait donner par la grand-mère, au prix d’un mensonge, un didrachme Deux drachmes. Voir la note sur les monnaies. pour m’acheter des fouaces au miel et, pendant la nuit, elle est devenue de la paille. Je l’avais mise dans ce trou sous la porte pour la prendre au matin et j’y ai trouvé une botte de paille.”
“Mais, pourquoi ne me vois-tu pas bon? Qu’est-ce que j’ai? Le pied fendu? Suis-je laid?”
“Non, mais tu me fais peur.”
“Mais pourquoi?” demande l’Iscariote en s’approchant de lui.
“Je ne sais pas. Laisse-moi tranquille. Ne me touche pas ou je te griffe.”
“Quel hérisson! Il est fou.”
Judas rit jaune.
“Je ne suis pas fou. C’est toi qui es méchant”
Et il se réfugie sur le sein de Jésus qui le caresse sans parler.
Les apôtres échangent des plaisanteries sur l’incident qui est peu reluisant pour l’Iscariote.
184.8 – Entre temps, voilà que la femme revient avec une douzaine de personnes, et puis encore, en voilà d’autres et encore d’autres. Elles sont une cinquantaine environ. Rien que des pauvres gens.
“Tu vas leur parler? Au moins un petit peu. Celle-ci c’est la mère de mon mari et voilà mes enfants. Cet homme là est mon mari. Une parole, Seigneur” dit la femme d’un ton suppliant.
“Pour te remercier de ton hospitalité. Oui. Je vais la dire.” La femme entre dans la maison où la réclame le bébé. Et elle s’assied sur le seuil pour donner le sein à l’enfant.
“Écoutez. Ici sur mes genoux j’ai un garçon qui a parlé très sagement. Il a dit: “Tout ce qu’on obtient par tromperie devient de la paille”. Sa maman lui a enseigné cette vérité.
Ce n’est pas une fable. C’est une vérité éternelle. Ce qu’on fait sans honnêteté ne réussit jamais. En effet le mensonge dans les paroles, dans les actes, dans la religion, c’est toujours le signe d’une alliance avec Satan, le maître du mensonge. Ne croyez pas que les œuvres qui permettent d’obtenir le Royaume des Cieux sont bruyantes et tapageuses. Ce sont des actions ordinaires, communes, mais faites dans un but surnaturel d’amour. L’amour c’est la semence de la plante qui, naissant en vous, s’élève jusqu’au Ciel et c’est à son ombre que naissent toutes les autres vertus. Je le comparerai à une minuscule graine de sénevé. Comme elle est petite! Une des plus petites parmi celles que l’homme sème. Et pourtant regardez quand la plante s’est développée combien elle devient forte avec sa frondaison épaisse et combien de fruits elle donne. Ce n’est pas le cent pour cent, mais le cent pour un. La plus petite, mais la plus active. Que de profit elle vous donne.