Pierre s’en va, en appelant à son aide ses compagnons.
174.16 – L’Iscariote est resté pensif dans un coin. Jésus l’appelle par trois fois parce qu’il n’entend pas. À la fin, il se retourne:
“Tu me veux, Maître?” demande-t-il.
“Oui, va toi aussi prendre ta nourriture et aider tes compagnons.”
“Je n’ai pas faim. Ni Toi non plus.”
“Moi non plus, mais pour des motifs opposés. Tu es troublé, Judas?”
“Non, Maître. Fatigué…”
“Maintenant nous allons sur le lac, et puis en Judée, Judas. Et chez ta mère. Je te l’ai promis…” Rappel de la promesse faite à Judas en EMV 139.1.
Judas se sent mieux.
“Tu viens bien avec moi seul?”
“Mais certainement. Aime-moi bien, Judas. Je voudrais que mon amour fût en toi au point de te préserver de tout mal.”
“Maître… je suis un homme. Je ne suis pas un ange. J’ai des moments de fatigue. Est-ce un péché d’avoir besoin de dormir?”
“Non, si tu dors sur ma poitrine. Regarde là les gens, comme ils sont heureux et comme il est gai d’ici, le paysage. Cependant la Judée aussi doit être très belle au printemps.”
“Très belle, Maître. Seulement, là-bas sur les montagnes qui sont plus élevées qu’ici, le printemps est plus tardif Exact : le décalage y est de 3 ou 4 semaines. . Mais les fleurs sont très belles. Les pommeraies sont une splendeur.
La mienne, grâce aux soins de maman, est une des plus belles. Et quand elle s’y promène avec des colombes qui lui Courent après pour avoir du grain, crois bien que c’est une vue apaisante pour le cœur.”
“Je le crois. Si ma Mère n’est pas trop fatiguée, j’aurais plaisir à l’amener chez la tienne. Elles s’aimeraient, car elles sont bonnes toutes les deux.” Jésus veut associer les deux mères qui auront tant à souffrir.
Judas, séduit par cette idée, redevient tranquille. Il oublie son manque d’appétit et sa fatigue et court vers ses compagnons en riant joyeusement. Grand comme il est, il défait sans fatigue les nœuds les plus élevés et il mange son pain et ses olives, joyeux comme un enfant. Jésus le regarde avec compassion et puis se dirige vers ses apôtres.
174.17 – “Voici du pain, Maître, et un œuf. Je me le suis fait donner par ce riche habillé de rouge. Je lui ai dit: “Tu es heureux d’écouter. Lui parle et il est épuisé. Donne-moi un de tes œufs. Cela fera plus de bien à Lui qu’à toi”.
“Mais, Pierre!”
“Non, Maître! Tu es pâle comme un bébé qui suce un sein épuisé, et tu es en train de devenir maigre comme un poisson après les amours. Laisse-moi faire; je ne veux pas avoir de reproches à me faire. Maintenant, je vais le mettre dans cette cendre chaude. Ce sont les branchages que j’ai brûlés. Tu vas le boire. Je ne sais combien de temps il y a… combien de jours? Des semaines certainement qu’on ne mange que du pain et des olives et un peu de lait Cela fait effectivement 14 jours qu'ils ont quittés Capharnaüm. … Hum! On dirait qu’on se purge. Et Toi, tu manges moins que tous et tu parles pour tous. Voici l’œuf. Bois-le tant qu’il est tiède. Cela te fera du bien.”
Jésus obéit et voyant que Pierre ne mange que du pain, il lui demande:
“Et toi? Les olives?”
“Chut! Elles vont me servir après. Je les ai promises.”
“À qui?”
“À des enfants Exact, les olives promises au début de ce chapitre. . Pourtant, s’ils ne se tiennent pas tranquilles jusqu’à la fin, je mange les olives et je leur donne les noyaux, c’est-à-dire des claques.”