Faites-vous un cœur humble et pur, aimant, confiant, sincère. Aimez Dieu avec l’amour pudique d’une vierge pour son époux. En vérité je vous dis que toute âme est une vierge, mariée à l’Éternel Aimant, à Dieu Notre Seigneur. Cette terre est le temps des fiançailles dont l’ange donné à tout homme comme gardien Cette affirmation de l'existence de l'ange gardien est une vérité sur laquelle le sentiment des Pères de l'Eglise est unanime, et qui est réaffirmée par le CEC n° 336 : "Chaque fidèle a à ses côtés un ange comme protecteur et pasteur pour le conduire à la vie". est le spirituel paranymphe, et toutes les heures, toutes les contingences de la vie sont autant de servantes qui préparent le trousseau nuptial. L’heure de la mort, c’est l’heure de l’accomplissement des noces et alors viennent: la connaissance, l’embrassement, la fusion et, parée de son vêtement de définitive épousée, l’âme peut enlever son voile et se jeter dans les bras de son Dieu sans que cet amour de l’Époux puisse scandaliser les autres.
Mais, pour le moment, vous êtes encore des âmes sacrifiées dans les liens des fiançailles avec Dieu. Quand vous voulez parler à l’Époux, entrez dans la paix de votre demeure et surtout dans la paix de votre demeure intérieure et parlez, ange de chair assisté par votre ange gardien, parlez au Roi des anges. Parlez à votre Père dans le secret de votre cœur et de votre demeure intérieure. Laissez dehors tout ce qui appartient au monde: et la manie de vous faire remarquer et celle d’édifier, et les scrupules des longues prières pleines de paroles, de paroles, de paroles, monotones, tièdes et sans amour.
172.6 – Pour l’amour de Dieu! Débarrassez-vous de l’habitude de mesurer votre temps de prière. En vérité, il y a certaines personnes qui dépensent tant et tant d’heures en un monologue que répètent les lèvres seules. C’est un vrai soliloque car l’ange gardien lui-même ne l’écoute pas, tant c’est une rumeur vaine à laquelle il essaye de remédier en se plongeant dans une ardente oraison pour le sot dont il a la garde.
En vérité, il y a des personnes qui n’emploieraient pas ces heures d’une autre manière même si Dieu leur apparaissait pour leur dire: “Le salut du monde exige que vous abandonniez ce bavardage sans âme pour aller en toute simplicité puiser de l’eau à un puits et arroser le sol par amour pour Moi et pour vos semblables.” En vérité il y a des personnes qui croient leur monologue plus important que l’accueil courtois d’un visiteur ou le secours charitable apporté à qui en a besoin. Ces âmes sont tombées dans l’idolâtrie de la prière.
La prière est un acte d’amour. On peut aimer aussi bien en faisant le pain qu’en priant, en assistant un infirme qu’en méditant, en vaquant aux tâches familiales qu’en faisant un pèlerinage au Temple, en sacrifiant même nos justes désirs de nous recueillir dans le Seigneur qu’en sacrifiant un agneau. Il suffit d’imprégner d’amour tout son être et toute son activité. N’ayez pas peur! Le Père voit. Le Père comprend. Le Père écoute. Le Père accorde ce qu’il faut. Que de grâces n’accorde-t-il pas pour un seul soupir d’amour, vrai, parfait! Quelle abondance de grâces pour un sacrifice intime fait avec amour! Ne ressemblez pas aux gentils. Dieu n’a pas besoin que vous Lui disiez ce qu’il doit faire parce que vous en avez besoin. Cela, les païens peuvent le dire à leurs idoles qui ne peuvent l’entendre. Mais n’agissez pas ainsi avec Dieu, avec le Dieu Vrai, Spirituel, qui n’est pas seulement Dieu et Roi, mais qui est aussi votre Père et qui sait, avant que vous ne le Lui demandiez, ce dont vous avez besoin.
172.7 – Demandez et l’on vous donnera. Cherchez et vous trouverez. Frappez et l’on vous ouvrira. Car quiconque demande reçoit, qui cherche trouve et qui frappe à la porte la voit s’ouvrir. Quand un enfant vous tend sa petite main en disant: “Père, j’ai faim” lui donnez-vous une pierre, par hasard? Lui donnez-vous un serpent s’il demande un poisson? Non, bien sûr, mais en donnant pain et poisson, vous ajoutez une caresse et une bénédiction car il est doux à un père de nourrir son enfant et de voir son sourire heureux. Si donc vous, dont le cœur est imparfait, savez donner de bonnes choses à vos enfants par le seul amour naturel que l’animal aussi a pour ses petits, bien plus votre Père qui est dans les Cieux accordera à ceux qui le Lui demandent ce qui est bon et nécessaire pour leur bien. N’ayez pas peur de demander et n’ayez pas peur de ne pas obtenir!
Cependant, je vous mets en garde contre une erreur où l’on tombe facilement. Cependant ne faites pas comme ceux qui sont faibles dans leur foi et leur amour, les païens de la vraie religion. En effet, parmi les croyants il y a des païens dont la pauvre religion est un grouillement de superstitions et de foi, un édifice chancelant, envahi par des plantes parasites de toutes espèces, de sorte qu’il s’effrite et tombe en ruines. Ces gens faibles et païens sentent mourir leur foi s’ils ne se voient pas exaucés.
Vous, vous demandez. Et il vous paraît juste de demander. En effet, à ce moment-là cette grâce ne serait pas inutile. Mais la vie ne se termine pas avec ce moment. Et ce qui est bien aujourd’hui pourrait ne pas l’être demain. Cela vous ne le savez pas parce que vous ne connaissez que le moment présent et c’est encore une grâce de Dieu. Mais Dieu connaît aussi l’avenir, et souvent pour vous épargner une peine plus grande Il laisse une prière non exaucée.
En mon année de vie publique, plus d’une fois j’ai entendu des cœurs qui gémissaient: “Combien j’ai souffert alors, quand Dieu ne m’a pas écouté. Mais maintenant je dis: ‘Ce fut bien ainsi, car cette grâce m’aurait empêché d’arriver à cette heure de Dieu’ ”. J’en ai entendu d’autres qui disaient et me disaient: “Pourquoi, Seigneur, ne m’exauces-tu pas? Tu l’accordes aux autres et pas à moi?” Et pourtant, souffrant de voir souffrir, j’ai dû dire: “Je ne puis pas” car les exaucer aurait signifié entraver leur vol vers la vie parfaite. Le Père aussi certaines fois dit: “Je ne puis pas”. Ce n’est pas qu’il ne puisse accomplir l’acte immédiat. Mais il s’y refuse parce qu’il connaît les conséquences futures.
Écoutez. Un jeune enfant souffre des intestins. La mère appelle le médecin et le médecin dit: “Pour qu’il guérisse, il faut une diète absolue”. L’enfant pleure, crie, supplie, paraît languir. La mère, toujours pleine de pitié, unit ses lamentations à celles de son fils. Cette défense absolue lui paraît dureté de la part du médecin. il lui semble que ce jeûne et ces larmes peuvent nuire à son enfant. Mais le médecin reste inexorable. A la fin, il dit: “Femme, moi je sais, toi tu ne sais pas. Veux- tu perdre ton enfant ou veux-tu que je le sauve?” La mère crie: “Je veux qu’il vive!” “Et alors” dit le médecin “je ne puis permettre la nourriture. Ce serait la mort”. C’est ainsi, que parfois parle le Père.
Vous, mères pleines de pitié pour votre moi, vous ne voulez pas l’entendre pleurer parce qu’on lui refuse une grâce. Mais Dieu dit: “Je ne le peux pas. Ce serait ton malheur.” Un jour viendra – si ce n’est l’éternité – où on dira: “Merci, mon Dieu, de ne pas avoir écouté ma sotte demande!”
172.8 – Ce que j’ai dit pour la prière, je le dis pour le jeûne. Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air triste comme le font les hypocrites qui artificieusement exténuent leurs visages pour que le monde sache et croie, même si ce n’est pas vrai, qu’ils jeûnent. Eux aussi ont déjà eu, par la louange du monde, leur récompense et n’en auront pas d’autre. Mais vous, quand vous jeûnez prenez un air gai, lavez-vous à plusieurs eaux le visage pour qu’il paraisse frais et lisse, oignez-vous la barbe Le verbe original a le sens de graisser. Il s'agit donc probablement d'enduire la barbe d'huile d'olive, sans doute parfumée. et parfumez votre chevelure, ayez sur les lèvres le sourire de quelqu’un qui a bien déjeuné. Oh! qu’en vérité ce ne soit pas tant la nourriture que l’amour qui vous soutienne! Et celui qui jeûne par amour se nourrit de l’amour. En vérité je vous dis que même si le monde vous traite de “vaniteux” et de “publicains”, votre Père verra votre héroïque secret et vous en donnera double récompense, pour le jeûne et pour le sacrifice de la louange que vous pourriez recevoir.
Et maintenant que votre âme a été nourrie, allez donner la nourriture à votre corps.
172.9 – Que ces deux pauvres restent avec nous. Ils seront les hôtes bénis qui donneront de la saveur à notre pain. La paix soit avec vous.”
Et les deux pauvres restent. C’est une femme très amaigrie et un homme vieux, très vieux. Mais ils ne sont pas ensemble. Le hasard les a réunis et ils étaient restés dans un coin, humiliés, tendant inutilement la main à ceux qui passaient devant eux.
Jésus va directement vers eux car ils n’osent pas avancer et les prend par la main en les amenant au centre du groupe des disciples sous une espèce de tente que Pierre a dressée dans un coin et sous laquelle peut-être ils s’abritent la nuit ou se réunissent pendant les heures les plus chaudes de la journée. C’est une tente de branchages et… de manteaux. Mais elle est utile bien qu’elle soit si basse que Jésus et l’Iscariote, les deux plus grands, doivent se courber pour entrer.
“Voici le père et voici une sœur. Apportez ce que nous avons et pendant que nous prendrons notre nourriture, nous écouterons leur histoire.”
Et Jésus sert personnellement les deux pauvres honteux et en écoute la lamentable histoire. Le vieillard est seul depuis que sa fille s’en est allée au loin avec son mari et a oublié son père. La femme aussi est seule depuis que la fièvre a tué son mari, et par surcroît elle est malade.
“Le monde nous méprise parce que nous sommes pauvres, dit le vieillard. Je vais en demandant l’aumône pour recueillir de quoi accomplir la Pâque. J’ai quatre-vingts ans. J’ai toujours fait la Pâque et celle-ci est peut-être la dernière. Mais je veux aller sans aucun remords dans le sein d’Abraham. De la même façon que je pardonne à ma fille, j’espère être pardonné. Et je veux faire ma Pâque.”
“Mais le chemin est long, père.”
“Plus long est le chemin du Ciel si on n’accomplit pas le rite.”
“Tu chemines seul? Et si tu te sens mal en route?”
“L’ange de Dieu me fermera les yeux.”
Jésus caresse sa tête tremblante et blanche et il demande à la femme:
“Et toi?”