“La première fois. Pas la seule. Il viendra un jour où n’y aura plus d’esclaves; mais auparavant mes disciples seront descendus parmi les galériens et les esclaves pour les appeler frères.”
Une autre série de “par Jupiter” traverse l’air calme, pendant que Publius attend d’avoir suffisamment de fruits et de vin pour les galériens.
154.7 – Puis, avant de monter sur la galère, il dit à l’oreille de Jésus:
“Là, à l’intérieur, se trouve Claudia Procula. Elle voudrait t’entendre encore mais, en attendant, elle veut te demander quelque chose. Va.”
Jésus va vers la litière.
“Salut, Maître.”
Le rideau s’écarte à peine, laissant voir une belle femme sur les trente ans.
“Que le désir de la sagesse vienne en toi.”
“Tu as dit que l’âme se souvient des Cieux. Elle est donc éternelle, cette chose que vous dites exister en nous?”
“Elle est éternelle. C’est pour cela qu’elle se souvient de Dieu, de Dieu qui l’a créée ÂME : Elle se souvient de Dieu… coule en l'homme : Maria Valtorta note sur une copie dactylographiée : "Dans son infinie bonté de Père, Dieu fait en sorte que chaque âme humaine soit un aiguillon vers la Source dont elle provient ; ce qui fonde la loi naturelle même chez les sauvages. Lorsqu'il s'adresse à des païens ou à des ignorants, Jésus emploie des termes matériels, comme "sang", pour se faire comprendre." En ce qui concerne la loi naturelle, il sera démontré en EMV 288.4 que les dix commandements en sont le reflet. .”
“Qu’est-ce que c’est que l’âme?”
“L’âme est la vraie noblesse de l’homme. Tu es fière d’appartenir à la gens Claudia La Gens Claudia est celle de la famille impériale régnante. Claudia Procula est une fille illégitime de Julie, l'épouse volage de Tibère et probablement du dernier fils vivant de Marc-Antoine. Par sa mère, elle est la petite fille de l'empereur Auguste. . L’homme est quelque chose de plus, car il appartient à la famille de Dieu. Tu as en toi le sang de la gens Claudia, une famille puissante qui a eu une origine et aura une fin. En l’homme par l’âme il y a le sang de Dieu. Car l’âme est le sang spirituel - Dieu étant un très pur Esprit - du Créateur de l’homme: de Dieu éternel, puissant, saint. L’homme est donc éternel, puissant, saint par l’âme qui est en lui et qui est vivante tant qu’elle est unie à Dieu.”
“Je suis païenne. Je n’ai donc pas d’âme…”
“Tu en as une, mais elle est tombée en léthargie. Éveille-la à la Vérité et à la Vie…”
“Adieu, Maître.”
“Que la Justice te conquière. Adieu.”
154.8 – “Comme vous voyez, ici aussi j’ai eu des auditeurs” dit Jésus à ses disciples.
“Oui, mais à part les romains, qui t’aura compris? Ce sont des barbares!”
“Qui? Tous. La paix est en eux et ils se souviendront de Moi beaucoup plus que beaucoup d’autres en Israël. Allons pour le repas dans la maison qui nous donne l’hospitalité.”
“Maître, cette femme est la même qui m’a parlé le jour où tu as guéri ce malade: Je l’ai vue et reconnue.” Cf. EMV 116.1. dit Jean.
“Vous voyez donc qu’il y avait aussi ici quelqu’un qui nous attendait. Mais vous ne semblez pas très satisfaits. J’aurai beaucoup fait, le jour où je vous aurai persuadés que ce n’est pas seulement pour Israël, mais pour tous les peuples que je suis venu Jésus fera beaucoup d'efforts pour faire comprendre l'universalité de son royaume à ses disciples. Sa dernière exhortation sera : "Allez, de toutes les nations faites des disciples…" Matthieu 28,19. et que c’est pour tous que je vous ai préparés. Je vous dis donc: mettez en votre mémoire tout ce qui vient de votre Maître. Il n’y a pas de fait, pour insignifiant qu’il soit, qui ne doive devenir un jour une règle pour l’apostolat.”
Personne ne répond, et Jésus a un sourire triste, plein de compassion.
Dictée du 5 mai 1945 Le passage fait aussi partie desCahiers de 1945 à 1950.
154.9 – Ce matin, Il en a eu un aussi pour moi… J’étais prise par un tel découragement que je me suis mise à pleurer pour tant de choses. La dernière n’était pas la fatigue d’écrire et d’écrire avec la conviction que tant de bonté de la part de Dieu et tant de fatigue pour le petit Jean étaient bien inutiles. Et en pleurant j’ai appelé mon Maître. Et puisque, par bonté. Il est venu tout pour moi, je Lui ai dit ma pensée.
Il a eu un haussement d’épaules qui équivalait à: «Laisse tomber le monde et ses histoires» et puis Il m’a caressée en me disant:
«Et quoi? Tu ne voudrais plus m’aider? Le monde ne veut pas connaître mes paroles? Eh bien, racontons-les-nous entre nous pour la joie que j’ai de les répéter à un cœur fidèle et pour celle que tu as de les entendre. Les lassitudes de l’apostolat! … Plus accablantes que celles de n’importe quel travail! Elles assombrissent le jour le plus serein et remplissent d’amertume la plus douce nourriture. Tout devient cendre et boue, nausée et fiel. Mais, mon âme, ce sont les heures où nous prenons sur nous le fardeau de la lassitude, du doute, de la misère des mondains qui meurent de ne pas posséder ce que nous avons.
Ce sont les heures où nous agissons davantage. Je te l’ai déjà dit l’an passé. “À quoi bon?” se demande l’âme submergée par tout ce qui submerge le monde, c’est-à-dire les flots qu’envoie Satan et où le monde se noie. Mais l’âme, clouée avec son Dieu sur la croix, ne se noie pas. Elle perd pour un instant la lumière et s’engloutit sous les eaux nauséeuses de la lassitude spirituelle, et puis se dégage, plus fraîche et plus belle.
Ce que tu dis: “Je ne suis plus bonne à rien” est une conséquence de cette lassitude. Tu ne serais jamais bonne à rien. Mais Moi, je suis toujours Moi et tu seras donc toujours bonne pour ton office de porte-parole. Certainement si je voyais que comme une pesante et très précieuse gemme mon don est égoïstement enfoui, imprudemment utilisé ou que, par paresse, on ne cherche pas à le protéger sous ces garanties que la méchanceté humaine impose de prendre dans certains cas pour protéger le don et la créature à travers laquelle il arrive, je dirais mon “ça suffit”. Et cette fois, sans retour. Ça suffit pour tous, excepté pour ma petite âme qui aujourd’hui semble exactement une petite fleur sous une averse. Et peux-tu, avec ces caresses douter que Moi, je t’aime? Allons! Tu m’as aidé en temps de guerre. Aide-moi, maintenant, encore… Il y a tant à faire”.
Et je me suis calmée sous la caresse de la longue main et du sourire si doux de mon Jésus, en blanc, comme toujours, quand Il est tout pour moi.