154 – À Césarée Maritime, discours aux galériens et rencontre de Claudia Procula. Une fatigue du “porte-parole”
4 mai 1945 / 5 mai 1945
Cycle de l’apostolat féminin.
Le vendredi 4 mai 1945.
154.1 – Jésus est au milieu d’une place, grande et assez belle, que prolonge une route très large jusqu’au bord de la mer Fondée en -22, Césarée Maritime était alors à son apogée, et l'un des plus beaux ports de la méditerranée. Il a fallu, à Jésus, un jour et demi de voyage pour parcourir les 50 km entre Nazareth et Césarée. . Une galère, depuis peu, a quitté le port et gagne le large poussée par le vent et propulsée par les rames. Une autre, manœuvre pour entrer, car on cargue les voiles et les rames se meuvent d’un seul côté pour faire tourner le navire dans une position convenable. Le port ne se voit pas de la place, mais il doit être proche. Sur les côtés de la place sont alignées de vastes demeures aux murs extérieurs caractérisés par l’absence presque totale d’ouvertures. Pas de boutiques.
“Où allons-nous, maintenant? Tu as voulu venir ici plutôt qu’au quartier oriental, ici ce sont des lieux de païens Les romains s'étaient réservé le littoral. Le quartier juif étant effectivement le quartier Est, comme en témoigne Flavius Josèphe. . Qui veux-tu qui t’écoute?” demande Pierre qui en fait reproche à Jésus.
“Nous allons là-bas, dans cet angle, près de la mer, et là je parlerai.”
“Aux flots?”
“Même eux ont été créés par Dieu.”
Ils y vont. Maintenant, ils sont justement dans ce recoin et voient le port où entre lentement la galère, vue auparavant, et qu’on amarre. Quelques marins flânent le long des quais. Quelques marchands de fruits se risquent à aller vers le bâtiment romain pour vendre leurs produits. Rien d’autre.
154.2 – Jésus, le dos appuyé au mur, semble vraiment parler aux flots. Les apôtres, peu satisfaits de la situation sont autour de Lui, les uns debout, les autres assis sur des rochers dispersés çà et là qui semblent servir de sièges.
“Sot est l’homme qui se voyant puissant, en bonne santé et heureux dit: “De quoi ai-je désormais besoin? Et de qui? De personne. Rien ne me manque, je me suffis. Les lois ou les décrets de Dieu ou ceux de la morale sont pour moi inexistants. Ma loi, c’est de faire ce qui m’est possible sans réfléchir si c’est bien ou mal pour les autres.”
Un vendeur se retourne en entendant cette voix sonore et vient vers Jésus qui continue:
“C’est ainsi que parle l’homme et la femme sans sagesse et sans foi. Mais si, de cette façon, il manifeste qu’il possède une puissance plus ou moins grande, il montre également sa parenté avec le Mal.”
Des hommes descendent de la galère et d’autres barques et viennent vers Jésus.
“L’homme montre, non par des paroles mais par les faits, sa parenté avec Dieu et avec la Vertu quand il réfléchit que la vie est plus changeante que la mer, qui maintenant est tranquille et demain sera en fureur. De la même façon, le bien-être et la puissance d’aujourd’hui peut être demain misère et impuissance. Et que fera alors l’homme privé de l’union avec Dieu? Combien y en a-t-il sur cette galère qui furent un jour heureux et puissants et qui maintenant sont esclaves et considérés comme coupables! Coupables, par conséquent esclaves deux fois: de la loi humaine dont on s’est moqué en vain car elle existe et elle punit ceux qui la transgressent, et de Satan qui éternellement prend possession des coupables qui n’arrivent pas à haïr leur faute.”
154.3 – “Salut, Maître! Toi ici? Tu me reconnais?”
“Que Dieu vienne à toi, Publius Quintilianus. Tu le vois, je suis venu.” Leur première rencontre avait eu lieu dans la plaine d'Esdrelon, en septembre (cf. EMV 109.13) et Jésus lui avait promis sa visite.
“Et justement ici, dans le quartier romain. Je n’espérais plus te voir, Cela fait quatre mois que le centurion n'a pas revu Jésus. mais j’ai plaisir à t’entendre.”
“Moi aussi. Sur cette galère il y a beaucoup de rameurs?”
“Beaucoup. Des prisonniers de guerre en majeure partie. Ils t’intéressent?”
“Je voudrais aller près du bateau.”
“Viens. Faites place, vous autres” ordonne-t-il au peu de personnes qui s’étaient approchés et qui s’écartent rapidement en marmonnant des injures.
“Laisse-les donc. Je suis habitué à être serré parmi les gens.”
“Jusqu’ici, c’est possible. Pas plus loin. Galère militaire.”