Mais Jésus pose délicatement sa longue main sur la mamelle malade. “Tu as réellement le feu là-dedans, pauvre Jérusa. L’amour maternel t’a enflammé le sein. Mais tu n’as pas de haine pour ton époux, pour tes enfants, n’est-ce pas?”

“Oh! pourquoi devrais-je? Lui est bon et m’a toujours aimée Nous nous aimons d’un sage amour et l’amour fleurit en créatures… Et eux!… Je suis dans l’angoisse de les quitter, mais… Seigneur! Mais le feu disparaît! Mère! Mère! C’est comme si un ange du Ciel soufflait sur mon tourment! Oh! quelle paix! N’enlève pas, n’enlève pas ta main, mon Seigneur. Appuie au contraire Oh! quelle force! Quelle joie! Mes enfants! Ici, mes enfants! Je les veux! Dina! Osia! Anne! Seba! Melchi! David! Jude! Ici! Ici Maman ne meure plus! Oh!…” La jeune femme se retourne sur son oreiller, pleurant de joie pendant qu’accourent ses enfants.

134.4 – Et la vieille, à genoux, ne trouvant rien d’autre, dans sa joie, entonne le cantique d’Azarias dans la fournaise Daniel 3,25-45. Ce cantique a fait l'objet d'un commentaire de Jean-Paul II lors de son audience du 14 mai 2003. . Elle le dit tout entier, de sa voix tremblante de vieille femme émue.

“Ah! Seigneur! Mais que puis-je faire pour Toi? Je n’ai rien pour te faire honneur!” dit-elle finalement.

Jésus la relève et dit: “Permets-Moi seulement de me reposer à cause de ma fatigue. Et tais-toi. Le monde ne m’aime pas. Je dois m’éloigner pour quelque temps Jésus va dorénavant garder le plus secret possible ses déplacements, devançant le conseil amical de Lazare au chapitre suivant. . Je te demande fidélité à Dieu et silence. À toi, à l’épouse, aux petits.”

“Oh! Ne crains pas! Personne ne vient chez les pauvres gens! Tu peux rester ici sans craindre qu’on te voie. Les pharisiens, eh? Mais… et pour manger? Je n’ai qu’un peu de pain…”

Jésus appelle l’Iscariote:

“Prends de l’argent et va acheter tout ce qu’il faut. Nous allons manger et nous reposer chez ces braves gens. Jusqu’au soir, va et tais-toi Ils partiront pour Béthanie dans la nuit, comme la veille, et arriveront donc à Béthanie en matinée. ”.

Puis il se tourne vers celle qu’il a guérie:

“Enlève le pansement, lève-toi, aide ta mère, et réjouis-toi. Dieu t’a fait grâce pour récompenser tes vertus d’épouse. Nous allons rompre le pain ensemble, car aujourd’hui le Seigneur Très-Haut est dans ta maison et il faut Le célébrer en Lui faisant fête.”

Jésus sort, rejoignant Judas qui va sortir.

“Fais des emplettes abondantes, qu’ils en aient encore pour les jours qui viennent. Pour nous, il ne nous manquera rien chez Lazare.”

“Oui, Maître. Et si tu permets… J’ai de l’argent à moi. J’ai fait vœu de l’offrir pour te sauver des ennemis. Je le change en pain, Ça vaudra mieux pour ces frères en Dieu que pour les gueules du Temple. Tu permets? L’or a toujours été pour moi un serpent. Je ne veux plus éprouver sa fascination Judas est familier de ces bonnes intentions, malheureusement rarement suivies dans le temps. . Car je me trouve si bien, maintenant que je suis bon. Je me sens libre et je suis heureux.”

“Fais comme tu veux, Judas. Et que le Seigneur te donne la paix.”

Jésus rejoint ses disciples pendant que Judas sort et tout prend fin.

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Comme pour le texte d’introduction, le texte suivant ne figure plus dans la nouvelle édition, mais se trouve dans les Cahiers de 1945 à 1950, à la date du jour (19 mars 1945).

Me voici dans une grande tempête. Exactement une de ces tempêtes de mars où l’éclat du soleil et l’obscurité des nuages d’orage se succèdent. J’ai l’impression d’être une nacelle sur des flots agités, tantôt à la cime, à la cime de la vague en plein soleil, tantôt dans un gouffre entre deux montagnes liquides qui semblent vouloir me submerger dans un ténébreux abîme. Il me semble passer alternativement d’un océan en furie au port le plus tranquille, et d’être plongée tantôt dans le fiel, tantôt dans le miel.

Quelle souffrance, depuis hier soir! Il y a des moments où je suis au Ciel avec les brèves et douces paroles, les sourires bienheureux que me donnent Jésus et Marie, avec la force qu’ils me donnent. Je dis alors: “Oh! je suis bien sûre de n’être pas une illusionnée, ni une pécheresse.” (au sujet des dictées et des visions, naturellement). Puis voilà que je replonge dans le sombre abîme, dans le fracas effrayant des paroles et des menaces d’hier soir. Après le Paradis, je goûte l’enfer. Puis la bonté de Jésus et de Marie revient à mon secours et ma pauvre âme se trouve soulevée vers le soleil, vers le ciel, dans une béatitude qui me remplit de douceur. Et puis, de nouveau la plongée dans l’amertume, dans la nuit, dans l’épouvante, J’ai peur… Aidez-moi à gagner cette bataille.