134 – La guérison de Jérusa à Docco
19 mars 1945 / 4 juillet 1944
Le lundi 19 mars 1945.
Le texte ci-dessous, qui relate les tentations et assauts de Satan envers Maria Valtorta, était inséré dans l’ancienne édition de 1985. Il a été depuis, transféré dans les Cahiers de 1945 à 1950, à la date du jour. Le récit des scènes évangéliques se poursuit plus bas.
------------------------------------------------- Je vous ai dit la visite peu agréable et la prophétie que j’ai eue hier soir Vous avez vu que j’avais le visage “épouvanté” et vous me l’avez dit en entrant. Je ne savais pas quel visage j’avais, mais certes je suis impressionnée et cela ne passe pas avec les heures.
Ce n’est pas la première fois, vous le savez, que Satan me donne des ennuis, en me tentant sur ceci ou cela. Et maintenant qu’il ne tente plus la chair, il tente l’esprit. C’est depuis un an que de temps à autre il me donne des ennuis.
- La première fois, ce fut quand il me tenta dans les journées redoutables pour moi, en avril 1944, quand il me promit de m’aider si je l’adorais.
- La seconde, quand il m’assaillit par cette pénétrante, violente et longue tentation du 4 juillet 1944, en me tentant à singer le langage du Maître pour anéantir ceux qui m’avaient offensée.
- La troisième quand il me suggéra de faire avec les paroles dictées une œuvre personnelle et de la publier en m’en attribuant le mérite et en en tirant des bénéfices.
- La quatrième quand, en février de cette année (il me semble qu’on était déjà en février) il m’apparut (c’était la première fois que je le voyais, car les autres fois, je sentais seulement sa présence) me terrorisant par son aspect et sa haine.
- La cinquième, ce fut hier soir.
Ce sont là les grandes manifestations de Satan. Mais depuis, j’ai mis à son compte, à lui, toutes les autres choses plus petites qui me viennent des autres qui veulent me porter à l’orgueil, à la complaisance en moi-même, ou bien à la simulation, ou encore à la persuasion que je ne suis qu’une malade et que tout est le fruit de troubles psychiques. Même les obstacles qui viennent de parents, des autorités et des camionneurs Allusions aux événements dus à la guerre et que l'on peut dire terminés en février 1945. Voir Les Cahiers de 1944, le 24 avril, notes de bas de page. , je les attribue tous à Satan. Il fait ce qu’il peut, de son mieux, pour me causer des ennuis et m’amener à l’inquiétude, à la révolte, à la persuasion que la prière est inutile et que tout est mensonge.
Mais, je vous avoue qu’hier soir, il m’a beaucoup troublée. Ce n’est pas la première fois qu’il fait naître en moi la peur d’être trompée et d’en devoir un jour rendre compte à Dieu et même aux hommes. Vous savez que c’est là ma terreur… Jésus et vous me réconfortez toujours et elle renaît, toujours, Pourtant c’étaient des pensées qui étaient “à moi”, excitées par Satan mais qui venaient de moi. Hier soir, ç’a été une menace explicite, directe. Il m’a dit: “Vas-y, vas-y! Je t’attends au bon moment. Au dernier moment. Alors je te persuaderai tellement que tu as toujours menti à Dieu, aux hommes et à toi même, et que tu es une menteuse que tu tomberas dans une vraie terreur, dans le désespoir d’être damnée. Et tu le diras avec de telles paroles que les personnes qui t’entoureront croiront à une rétractation finale pour aller vers Dieu chargée d’un péché moins lourd. Toi, et ceux qui seront avec toi, vous resterez dans cette persuasion. Et c’est ainsi que tu mourras… et les autres en resteront profondément troublés… Je t’attends, oui… Et toi aussi, attends-moi. Je ne fais pas de promesses sans les tenir. En ce moment tu me donnes un ennui sans mesure. Mais alors ce sera moi qui te le donnerai. Je me vengerai de tout ce que tu me fais… Je me vengerai, comme moi seul sais le faire.” Et sur ce, il s’en est allé, me laissant bien mal…
La douce Maman est venue ensuite, douce et affectueuse avec son habit blanc pour me sourire et me caresser. Mon Jésus m’a souri de son plus joyeux sourire. Mais, ils m’ont à peine quittée, que je suis retombée dans le marasme… Et cela dure.
Quand cette pensée m’arrive avec cette force, je me sens tentée de dire: “Je n’écris plus une seule parole, en dépit de toute pression.” après, je réfléchis et je me dis: “C’est justement cela que veut Satan” et je laisse tomber cette suggestion, C’est le temps de la passion, n’est-ce pas? Il y en a qui par l’effet de l’idolâtrie si profondément ancrée au cœur de l’homme, même quand il est bon, adorent le porte-parole, oubliant qu’il n’est qu’un instrument et que Dieu seul est adorable. Il en est d’autres qui me méprisent.
Les uns et les autres attendent également bien qu’avec des buts différents qu’il se produise en moi des faits merveilleux, surtout en ce temps de la Passion. Peut-être vous-même les attendez comme une chose qui serait naturelle dans mon cas. Pour vous, c’est une attente qui se justifie. Pour les autres, c’est mépris ou idolâtrie.
Je vous assure que je préfère encore le mépris pour Maria Valtorta, à l’idolâtrie pour ma personne. Cette dernière me donne un ennui indescriptible. Il me semble qu’on me dépouille sur une place publique, que l’on m’extorque mon précieux secret… que sais-je? J’en souffre, voilà. Le mépris me fait moins mal s’il s’adresse à Maria Valtorta, pourvu qu’il ne lèse pas les “dictées” et ne les fasse pas prendre pour une plaisanterie et une folie…
Mais, par-dessus les désirs plus ou moins saints et honnêtes de tant de gens, il y a la volonté de Dieu, sa bonté, plutôt, qui écoute sa pauvre Maria. Sa prière de toujours, sa prière de maintenant c’est celle-ci: “Voilà ta “victime”. Tout ce que Tu veux, mais pas de signes extérieurs.” Je n’aurais pas voulu non plus cette manifestation de Dieu en moi, en ce qui me concerne… Mais Lui a voulu que je sois son phonographe… patience! Mais, autre chose non, non, et non.
Toutes les maladies diagnostiquables ou celles qui ne le sont pas, parce qu’elles n’offrent pas des symptômes connus. Toutes les souffrances pour souffrir en moi ce que Lui a souffert. Une agonie complète qui me courbe sous le poids de son agonie. Mais que cela soit connu de Lui seul, de vous qui me dirigez, et de moi. Cela suffit.
Si cependant en ce temps de Passion je déçois ceux qui m’idolâtrent ou me méprisent; parce que matériellement je n’éprouve pas la Passion, je vous assure que je vis ma passion. La souffrance physique accrue. Mon corps brisé et réduit par les coups et l’épuisement du Golgotha, ma tête prise dans le cercle qui la torture, des tiraillements et des crampes dans les muscles, cette torture qui me coupe le souffle et me congestionne, et puis la soif, la fièvre; la langueur et les spasmes du supplice, Mais ce n’est pas cela “ma passion”, c’est toujours pour moi ce que j’appelle “mon Gethsémani”: la nuit qui monte avec ses fantômes et ses peurs, la crainte et la terreur de l’avenir et de Dieu… et le voisinage de la Haine alors que l’Amour est absent. Voilà ce qui assoiffe, ce qui enfièvre, fait pleurer des larmes de sang, m’épuise, me met à bout. Je vous assure que c’est quelque chose d’aussi puissant que l’heure vécue l’an passé quand Dieu me laissa seule. Et même je puis dire: c’est plus fort, car je souffre en dépit de la présence de Dieu en moi.
J’espère de m’être bien expliquée. Mais certaines tortures s’expliquent très mal. Et sont encore plus mal comprises de ce qu’elles ne soient en réalité, et soit du père spirituel que des idolâtrés, ou encore des curieux, à ceux à qui intéresse le… phénomène, ou qui le méprisent, Il faudrait bien que ces trois dernières catégories éprouvent pendant une heure ce que nous éprouvons… Et les idolâtres aussi qui, peut-être, nous envient, Mais non! Il vaut mieux qu’ils ne l’éprouvent pas, Les idolâtres essaieraient de s’échapper, qui sait où, par la peur d’une telle heure; Les curieux, les studieux, les moqueurs, ceux qui méprisent en arriveraient à maudire Dieu… Donc… tendons les épaules au joug, buvons l’amertume… et en avant.
Seigneur, pas ma volonté, mais la tienne. Voici ta servante et ta victime Oui, fais de moi ce que Tu veux. Mais seulement, à cause de ta bonté, donne-moi la force de pouvoir souffrir. Et ne me laisse pas seule. “Reste avec nous, car il se fait tard et déjà baisse la clarté du jour…” ------------------------------------------
134.1 – Je vois: Jésus, aux premières lueurs d’une tardive matinée d’hiver, entre dans la petite ville de Docco À cette époque, la lune, en son dernier quartier, éclaire seulement la fin de la nuit. En étant partis vers 3 h du matin, ils arrivent au lever du jour. Ils ont parcourus de 12 à 15 km. . Il demande à un passant matinal:
“Où habite Marianne, la vieille mère dont la bru est à la mort?”