“Depuis quand?”

“Depuis aujourd’hui, et c’est Moi qui l’ai permis.”

“Alors, si c’est Toi qui le permets…”

“Oui, je le conseille même à tous. Vous le laissez trop seul. Ne soyez pas des juges que pour lui. Il n’est pas pire que tant d’autres mais il est le plus gâté, et depuis l’enfance.”

“Oui, c’est vrai, ça doit être ainsi. S’il avait eu pour père et pour mère Zébédée et Salomé, il ne serait pas ce qu’il est. Mes parents sont bons. Mais ils se souviennent qu’ils ont des droits et des devoirs à l’égard de leurs fils.”

“Ce que tu dis est juste. Aujourd’hui, je parlerai exactement de cela.

122.05 - .Maintenant, allons. Je vois déjà des gens qui arrivent sur les prés.”

“Moi, je ne sais pas comment nous arriverons désormais à vivre. Il n’y a plus d’heure pour manger, pour prier, pour se reposer… et les gens augmentent toujours.” dit Pierre, partagé entre l’admiration et l’ennui.

“Tu t’en plains? C’est signe qu’il y a encore des gens qui recherchent Dieu.”

“Oui, Maître, mais tu en souffres. Tu es même resté hier sans manger et sans d’autre couverture cette nuit que ton manteau. Si ta Mère le savait!”

“Elle bénirait Dieu qui m’amène tant de fidèles.”

“Et Elle me réprimanderait, moi à qui Elle a fait des recommandations.” conclut Pierre.

Voilà qu’arrivent vers eux, en gesticulant, Philippe et Barthélemy. Ils voient Jésus, ils hâtent leurs pas en disant:

“Oh! Maître! Comment allons-nous faire? C’est un vrai pèlerinage: des malades, des gens qui pleurent, des pauvres sans ressources qui viennent de loin.”

“Nous achèterons du pain. Les riches donnent l’obole. Il n’y a qu’à l’employer.”

“Les jours sont courts. L’appentis est déjà encombré de gens qui bivouaquent. Les nuits sont humides et froides.”

“Tu as raison, Philippe. Nous nous tasserons tous dans une seule pièce. Nous pouvons le faire et nous organiserons les autres pour ceux qui ne peuvent rejoindre leurs maisons dans la soirée.”

“J’ai compris! bougonne Pierre. Sous peu nous devrons demander à nos hôtes la permission de changer de vêtements. Ils nous envahiront tellement qu’ils nous feront fuir, nous.”

“Tu verras d’autres fuites, mon Pierre!

122.06 - Qu’a-t-elle cette femme?” Ils sont déjà dans la cour et Jésus remarque une femme qui pleure.

“Je ne le sais pas. Elle était là déjà hier, et hier aussi elle pleurait. Quand tu parlais avec Manahen, elle a été pour venir à ta rencontre, puis elle s’en est allée. Elle doit rester au pays, ou dans le voisinage puisqu’elle est revenue. Elle ne paraît pas malade…”

“La paix soit avec toi, femme.” dit Jésus, en passant à côté.

Et elle répond doucement:

“Et avec Toi.”

Rien d’autre.