On hisse le brancard.
“Ton ami? Qui es-tu?”
“Le rabbin Jésus de Nazareth.”
“Toi? Oh!…”
Le gradé le regarde curieusement.
“Si c’est Toi alors… montez aussi nombreux que vous le pouvez. Suffit qu’on ne vous voie pas C’est la consigne… mais, au-dessus de la consigne, il y a l’humanité, pas vrai? Et Toi, tu es bon. Je le sais Eh! nous, soldats, nous savons tout… Comment je le sais? Même les pierres parlent en bien ou en mal, et nous avons des oreilles pour les entendre pour servir César. Tu n’es pas un faux Christ comme les autres d’auparavant, séditieux et rebelles. Tu es bon. Rome le sait. Cet homme… est très malade.”
“C’est pour cela que je le conduis chez ma Mère.”
“Hum! Elle n’aura pas longtemps à le soigner! Donne-lui un peu de vin. Il y en a dans cette gourde. Toi, Aquila, fouette les chevaux, et toi, Quintus, donne-moi la ration de miel et de beurre. Elle est à moi, mais elle lui fera du bien. Il tousse beaucoup, et le miel est bon pour la toux.”
“Tu es bon. ” “Non. Je suis moins mauvais que beaucoup. Et je suis heureux de t’avoir avec moi.
109.14 – Souviens-toi de Publius Quintilianus de la légion Italique. Je suis à Césarée, mais maintenant, je vais à Ptolémaïs Tolemaide dans le texte original. Πτολεμαίς en grec, Ptolémaïs en français, Tolmeta en latin, Tolmaide en italien. Devenu St Jean d'Acre puis Akko. C'était un port militaire romain. Un homonyme existait en Cyrénaïque, actuelle Lybie. . Inspection commandée.”
“Tu ne m’es pas ennemi.”
“Moi? Ennemi des méchants, jamais des bons. Et je voudrai être bon, moi aussi. Dis-moi: pour nous, hommes d’armes, quelle doctrine prêches-tu?”
“Il n’y a qu’une doctrine, pour tous. Justice, honnêteté, continence, pitié. Exercer son métier sans abuser. Même dans la dure nécessité du métier des armes, respecter l’humanité. Et cherche à connaître la Vérité, c’est à dire Dieu, Unique et Éternel, car sans cette connaissance, tout acte est privé de grâce et donc de récompense éternelle.”
“Mais, à ma mort, qu’en est-il du bien que j’ai fait?”
“Celui qui vient au Dieu Vrai retrouve ce bien dans l’autre vie.”
“Je nais une seconde fois? Je deviens tribun, ou même empereur?”
“Non, tu deviens semblable à Dieu en t’unissant à son éternelle béatitude dans le Ciel.”
“Comment? Dans l’Olympe, moi, parmi les dieux?”
“Il n’y a pas plusieurs dieux. Il n’y a que le Dieu vrai. Celui que je prêche. Celui-là qui t’entend et remarque ta bonté et ton désir de connaître le Bien.”
“Cela me plaît! Je ne savais pas que Dieu pouvait s’occuper d’un pauvre soldat païen.”
“C’est Lui qui t’a créé, Publius. Il t’aime donc et te voudrait avec Lui.”
“Eh… pourquoi pas? Mais… personne ne nous parle de Dieu… jamais…”
“Je viendrai à Césarée et tu m’entendras.”
“Oh! oui, je viendrai t’écouter. Voilà Nazareth. Je voudrais te rendre encore service. Mais, si on me voit…”
“Je descends et te bénis pour ta bonté.”