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“Menteur!”

“Menteur, moi? Je le jure sur Jahvé!” Jeové dans le texte original. Les judéens prononcent le Nom divin Yahvé, alors que les Galiléens, qui ont un accent différent, le prononcent Jéhovêh.

“Parjure!”

“Moi, moi parjure? Moi qui suis le plus fidèle parmi les fidèles? Attention à tes paroles!”

“Assassin!” Jésus a élevé toujours plus la voix et la dernière parole est un vrai tonnerre.

Les disciples se serrent autour de Jésus, les serviteurs se montrent craintifs sur les portes. Le visage de Jésus est insoutenable par sa sévérité. Des yeux semblent émaner des rayons phosphorescents.

Doras, un instant est pris de peur. Il se fait plus petit, paquet d’étoffes très fines, devant la personne altière de Jésus vêtu d’un lourd habit de laine rouge sombre. Mais ensuite, l’orgueil le ressaisit et il crie de sa voix glapissante de renard:

“Chez moi, je suis seul à commander. Sors, vil galiléen.”

“Je sortirai après t’avoir maudit avec tes champs, tes troupeaux, tes vignes pour cette année et celles qui viennent.”

“Non, cela non! Oui, c’est vrai. Jonas est malade, mais il est soigné, bien soigné. Retire ta malédiction!”

109.11 – “Où est Jonas? Qu’un serviteur me conduise à lui, tout de suite Je l’ai payé, et puisque pour toi, c’est une marchandise, une machine, je le regarde comme tel. Puisque je l’ai payé, je l’exige.”

Doras tire un sifflet d’or de son sein et siffle par trois fois. Une nuée de serviteurs de la maison et des champs débouchent de tous côtés, accourent, tellement penchés qu’ils semblent ramper jusqu’à côté du terrible maître.

“Amenez Jonas à Celui-ci et le Lui remettez. Où vas-tu?”

Jésus ne répond même pas. Il suit les serviteurs qui se sont précipités au-delà du jardin vers les maisons des paysans, les lugubres tanières des pauvres paysans. Ils entrent dans le taudis de Jonas.

Celui-ci est devenu un squelette. Il halète, demi nu, harcelé par la fièvre sur un grabat de roseaux, sur lequel fait office de matelas un vêtement rapetassé avec, comme couverture, un manteau en lambeaux. La jeune femme de l’autre fois le soigne comme elle peut.

“Jonas! Mon ami! Je suis venu te chercher!”

“Toi? Mon Seigneur! Je me meurs… mais suis heureux de t’avoir ici!”

“Ami fidèle, tu es libre maintenant et tu ne mourras pas ici. Je te conduis à ma maison.”

“Libre? Pourquoi? À ta maison? Ah! Oui! Tu m’avais promis que je verrais ta Mère.”

Jésus est tout amour, penché sur le misérable lit du malheureux et la joie paraît ranimer Jonas.

“Pierre: tu es fort. Soulève Jonas, et vous, donnez votre manteau. Ce lit est trop dur pour qui est dans son état.”

Les disciples enlèvent promptement leurs manteaux. Ils les plient et les doublent, les étendent, et avec quelques-uns font un oreiller. Pierre dépose sa charge décharnée et Jésus le couvre de son propre manteau.

“Pierre, as-tu de l’argent?”