Il met les mains en entonnoir à sa bouche et crie fort:

“Maître, viens ici. Ce sont des cœurs qui souffrent et qui te désirent.”

“Mais, que dis-tu?! Lui?! Vers nous?! Mais nous sommes des ignobles serviteurs!” Les quatre sont effrayés d’une pareille hardiesse.

“Mais les coups de fouet ne sont pas agréables. Et si ce beau pharisien nous tombe dessus, je ne voudrais pas en avoir une part, moi aussi…” dit Pierre en riant et en secouant de sa grosse main le plus effrayé des quatre.

109.3 – Jésus, qui est en arrière, arrive à longues enjambées. Les quatre ne savent que faire. Ils voudraient courir à sa rencontre, mais le respect les paralyse. Pauvres êtres que la méchanceté humaine a rendus tout à fait craintifs. Ils tombent à plat ventre sur le sol adorant en cette position le Messie qui vient à eux.

“La paix à tous ceux qui me désirent. Qui me désire a le désir du bien et Moi, je J’aime comme un ami. Levez-vous. Qui êtes-vous?”

Mais les quatre lèvent à peine le visage et ils restent à genoux et muets.

Pierre parle:

“Ce sont quatre serviteurs du pharisien Yokhanan parent de Doras. Ils voudraient te parler, mais… si lui survient, ils seront frappés à coups de bâtons et alors, je t’ai dit: “Viens”. Debout, garçons. Il ne va pas vous manger! Ayez confiance! Pensez que c’est pour vous un ami.”

“Nous… nous avons entendu parler de Toi… Jonas nous disait…”

“Je viens pour lui. Je sais qu’il m’a annoncé. Que savez-vous de Moi?”

“Que tu es le Messie, qu’il t’a vu tout petit: que les Anges ont chanté la paix aux bons à ton arrivée, que tu as été persécuté… mais que tu t’es sauvé et que maintenant tu as cherché tes bergers et…et que tu les aimes. C’est là, ces dernières choses qu’il disait maintenant. Et nous pensions: s’il est assez bon pour aimer et chercher des bergers, il voudrait sûrement nous faire à nous aussi un peu de bien… Nous avons tant besoin que quelqu’un nous aime…” “Moi je vous aime.

109.4 – Vous souffrez beaucoup?”

“Oh! … Mais ceux de Doras plus encore. Si Yokhanan nous trouvait ici à parler!… Mais aujourd’hui, il est à Guerguesa. Il n’est pas encore revenu des Tabernacles Jésus lui-même va se rendre à Jérusalem pour cette fête. .

Cependant, ce soir, son intendant nous donnera la nourriture après avoir mesuré le travail. Mais n’importe. Nous rattraperons le temps perdu, en nous passant de repos pour le repas de la sixième heure.”

“Dis, garçon, ne serai-je pas capable de faire avancer ce boulot? Est-ce un travail difficile?” demande Pierre.

“Difficile, non. Mais fatigant. C’est un travail de force.”

“Je l’ai. Montre-moi. Si j’y arrive, tu parles, et moi je fais le bœuf. Toi Jean et puis André et Jacques regardez la leçon. Nous passons des poissons de l’eau aux vers de la terre. Allons!”

Pierre prend en mains la traverse du timon. À chaque charrue, il y a deux hommes, un de chaque côté du timon. Il regarde et imite tous les mouvements du paysan. Fort comme il est, et reposé, il fait un bon travail et l’homme le félicite.

“Je suis un maître laboureur.” s’exclame, content, le bon Pierre. “Allons, Jean! Viens ici. Un bœuf et un bouvillon par charrue. À l’autre, Jacques et ce veau muet qu’est mon frère. Allons! Ah!… hissez!”

Et les deux charrues ainsi équipées s’en vont, retournant la terre et traçant les sillons le long du champ. À l’extrémité, ils retournent la charrue et commencent un nouveau sillon. Ils semblent avoir toujours fait ce travail de paysan.

109.5 – “Comme ils sont bons, tes amis! dit le plus hardi des serviteurs de Yokhanan. C’est Toi qui les as rendus tels?”

“J’ai donné une direction à leur bonté, comme tu fais avec la serpe de l’émondeur. Mais la bonté était en eux. Maintenant elle s’épanouit, parce qu’il y a quelqu’un pour la soigner.”

“Ils sont humbles, aussi, tes amis, de rendre ainsi service à de pauvres serviteurs!”

“Avec Moi, il ne peut y avoir que ceux qui aiment l’humilité, la douceur, la continence, l’honnêteté et l’amour, par-dessus tout l’amour, parce que celui qui aime Dieu et le prochain possède par suite toutes les vertus et gagne le Ciel.”