“Il doit le supporter. Pierre a lui aussi sa partie à jouer et Judas est la trame sur laquelle il doit tisser sa part. C’est l’école où Pierre se formera plus qu’avec tout autre. Être bons avec des Jean, comprendre les esprits qui lui ressemblent, c’est à la portée même des idiots. Mais être bon avec un Judas, savoir comprendre les esprits comme le sien et être pour eux médecins et prêtres, c’est difficile, Judas est votre enseignement vivant.”
“Le nôtre?”
“Oui, le vôtre. Le Maître n’est pas éternel sur la terre. Il s’en ira après avoir mangé le pain le plus dur et bu le vin le plus âpre. Mais vous resterez pour me continuer…et vous devez savoir. Car le monde ne finit pas avec le Maître, mais il dure après, jusqu’au retour final du Christ et au jugement final de l’homme. Et, en vérité, je te dis que pour un Jean, un Pierre, un Simon, un Jacques, André, Philippe, Barthélemy, Thomas il y a au moins autant de fois sept Judas. Et plus, plus encore!…”
Simon réfléchit et se tait. Puis il dit:
“Les bergers sont bons, Judas les méprise, mais moi je les aime.”
“Je les aime et les loue.”
“Ce sont des âmes simples, comme il faut l’être pour te plaire.”
“Judas a vécu en ville.” “Son unique excuse. Mais il y en a tant qu’ont vécu en ville, et pourtant…
83.6 – Quand viendras-tu chez mon ami?”
“Demain, Simon. Bien volontiers car nous sommes seuls, Moi et toi. Je pense que c’est un homme cultivé et qui a, comme toi, de l’expérience.”
“Il souffre beaucoup… Dans son corps et beaucoup plus dans son cœur. Maître… je voudrais te demander une chose: s’il ne te parle pas de ses tristesses, ne l’interroge pas, Toi, sur sa maison.”
“Je ne le ferai pas, Je suis venu pour ceux qui souffrent, mais je ne force pas les confidences. Le chagrin a sa pudeur…”
“Et moi, je ne l’ai pas respectée… Mais, j’ai senti tant de peine…”
“Tu es mon ami et déjà tu avais donné un nom à ma douleur. Moi, pour ton ami, je suis le Rabbin inconnu. Quand il me connaîtra… alors… Partons. La nuit est venue, Ne faisons pas attendre les hôtes qui sont fatigués. Demain, à l’aube, nous irons à Béthanie.”
83.7 – Jésus dit ensuite:
“Petit Jean, que de fois j’ai pleuré, le visage contre terre, pour les hommes. Et, vous, vous voudriez souffrir moins que Moi?
Même pour vous, les bons sont dans la proportion qu’il y avait entre les bons et Judas. Et plus un homme est bon, plus il a à souffrir.
Mais, pour vous aussi - et cela je le dis spécialement pour ceux qui sont préposés au soin des cœurs - il est nécessaire de s’instruire en étudiant Judas. Tous vous êtes des “Pierre”, vous les prêtres, et vous devez lier et délier. Mais combien, combien, combien d’esprit d’observation, quelle fusion avec Dieu, quelle étude éveillée, quelles comparaisons avec la méthode de votre Maître vous devez faire pour être comme Lui, comme vous devez l’être.
À certains cela semblera inutile, humain, impossible ce que je mets en lumière. Ce sont ceux qui ont l’habitude de nier les phases humaines de la vie de Jésus, et font de Moi une chose tellement en dehors de la vie humaine qui n’est uniquement qu’une chose divine. Où donc alors la Très Sainte Humanité, où le sacrifice de la Seconde Personne en revêtant une chair? Oh! Combien vraiment j’étais l’Homme parmi les hommes. J’étais l’Homme et pour cette raison, je souffrais de voir le traître et les ingrats. Pour cela je jouissais de l’amour de qui m’aimait ou se convertissait à Moi. C’est pour cela que je frémissais et pleurais devant le cadavre spirituel de Judas. J’ai frémi et pleuré devant un ami mort Cf. Jean 11, 33-38 et EMV 548.7. , mais je savais que je l’aurais rappelé à la vie et je jouissais de le voir déjà par son esprit dans les Limbes. Ici… Ici j’avais en face de Moi le Démon. Et je ne dis rien de plus.
Toi, Petit Jean (le surnom de Maria Valtorta), suis-moi. Faisons encore ce don aux hommes. Et puis… Bienheureux ceux qui écoutent la parole de Dieu et s’efforcent de pratiquer, ce qu’elle dit. Bienheureux ceux qui veulent me connaître pour m’aimer. En eux et pour eux, je serai bénédiction.”