83 – Jésus souffre à cause de Judas, qui est une leçon vivante pour les apôtres de toute époque

20 janvier 1945

Cet épisode regroupe deux chapitres de l’ancienne édition.

Le samedi 20 janvier 1945.

83.1 – La campagne où se trouve Jésus est riche. Vergers magnifiques, vignobles splendides avec des grappes nombreuses qui commencent à prendre la couleur de l’or et du rubis. Jésus est assis dans un verger et mange des fruits que lui a offerts un paysan.

Peut-être a-t-il parlé un peu auparavant car l’homme dit:

“Je suis heureux d’apaiser ta soif, Maître. Ton disciple nous avait parlé de ta sagesse, mais nous sommes restés stupéfaits de t’écouter. Nous sommes près de la Cité Sainte, nous y allons fréquemment pour vendre des fruits et des légumes. On monte alors aussi au Temple et on entend les rabbis. Mais ils sont loin de parler comme Toi. On en revenait en disant: “S’il en est ainsi, qui arrivera au salut?” Toi, au contraire! Oh! on dirait que l’on a le cœur allégé! Un cœur qui redevient enfant tout en restant homme. Je suis inculte… je ne sais pas m’expliquer, voilà. Mais Toi, tu comprends certainement.”

“Oui, je te comprends. Tu veux dire qu’avec le sérieux et la connaissance des choses qui est propre à l’adulte, tu ressens, après avoir écouté la Parole de Dieu, la simplicité, la foi, la pureté qui renaît en ton cœur et il te semble redevenir un bambin, sans fautes ni malices, avec autant de foi, que lorsque tenant la main de la maman tu montais au Temple pour la première fois, ou que tu priais sur ses genoux. C’est cela que tu veux dire.”

“Cela, oui, exactement. Heureux vous, qui êtes toujours avec Lui!” dit-il ensuite à Jean, Simon et Judas qui mangent des figues succulentes, assis sur un petit muret. Et il termine: “Et moi je suis heureux de t’avoir donné l’hospitalité pour une nuit.

83.2 – Je ne crains plus de malheur dans ma maison car ta bénédiction y est entrée.”

Jésus répond:

“La bénédiction agit et persiste si les âmes restent fidèles à la Loi de Dieu et à mon enseignement. Dans le cas contraire, la grâce disparaît. Et c’est juste. Car s’il est vrai que Dieu donne le soleil et l’air aux bons comme aux méchants, pour qu’ils vivent, et s’ils sont bons deviennent meilleurs, et s’ils sont mauvais se convertissent, il est juste aussi que d’autre part, la protection du Père devienne châtiment pour le méchant afin de le rappeler par des peines au souvenir de Dieu.”

“La douleur n’est-elle pas toujours un mal?”

“Non, ami, c’est un mal du point de vue humain, mais d’un point de vue qui dépasse l’humain, c’est un bien. Elle augmente les mérites des justes qui la supportent sans désespérer ni se révolter et l’offrent, en s’offrant par leur résignation en sacrifice d’expiation pour leurs propres manquements et pour les fautes du monde. Elle est rédemption pour ceux qui ne sont pas justes.”

“C’est si difficile de souffrir!” dit le paysan auquel se sont joints les membres de sa famille: une dizaine entre adultes et enfants.

“Je sais que l’homme trouve que c’est difficile. Et sachant comment l’homme l’aurait jugée telle, le Père ne l’avait pas donnée à ses fils. Elle est venue à la suite de la faute. Mais combien de temps dure la souffrance sur la terre? Dans la vie d’un homme, peu de temps. Toujours peu, même si elle dure tout la vie. Maintenant je vous dis: n’est-il pas préférable de souffrir un peu de temps que toujours? N’est-il pas préférable de souffrir ici qu’au Purgatoire? Pensez, là le temps est multiplié par mille. Oh! en vérité, je vous le dis qu’on ne devrait pas maudire mais bénir la souffrance et l’appeler “grâce” et l’appeler “pitié”.

“Oh! tes paroles, Maître! Nous les buvons comme quelqu’un qui, en été, apaise sa soif avec de l’hydromel qu’il verse d’une amphore fraîche. Est-ce déjà demain que tu pars, Maître?”

“Oui, demain, mais je reviendrai encore pour te remercier de tout ce que tu as fait pour Moi et ceux-ci, qui sont mes amis et pour te demander encore un pain et le repos.”

“Toujours, Maître, tu les trouveras ici.”

83.3 – Un homme s’amène avec un ânon chargé de légumes.

“Voilà. Si ton ami veut aller… Mon fils se rend à Jérusalem pour le grand marché de la Parascève”

“Va, Jean, tu sais ce que tu dois faire. Dans quatre jours, nous nous reverrons. Ma paix soit avec toi.” Jésus prend Jean dans ses bras et l’embrasse. Simon aussi fait de même.

“Maître, dit Judas. Si tu le permets, j’irai avec Jean. Je tiens à voir un ami. Chaque sabbat il est à Jérusalem. J’irais avec Jean jusqu’à Betphagé C'est à Betphagé que, trois ans plus tard, les apôtres viendront chercher l'ânon qui portera Jésus pour l'entrée triomphale du dimanche des Rameaux (Cf. EMV 589.9). et puis je continuerai pour mon compte… C’est un ami de la maison… tu sais… ma mère m’a dit…”

“Je ne te demande rien, ami.”