“Je le lui ai dit, moi aussi en les prenant. J’ai ajouté: “Ton maître te battra”. Elle m’a répondu: “Ce ne sont pas ses affaires c’est à moi. J’en fais ce que je veux. Je sais que c’est l’or du péché… mais il sera purifié s’il sert pour qui est pauvre et saint. Pour qu’il se souvienne de moi” et elle pleurait.”
“Vas-y Maître.”
“Non.”
“Envoie Simon.”
“Non.”
“Alors, j’y vais.”
“Non.”
Les “non” de Jésus sont secs et impérieux.
“Ai-je mal fait, Maître, de lui parler et d’accepter cet or?” demande Élie qui voit Jésus soucieux.
“Tu n’as pas mal fait, mais il n’y a rien de plus à faire.”
79.6 – “Mais, peut-être cette femme veut se racheter et a besoin qu’on l’instruise…” objecte encore Judas.
“En elle, se trouvent déjà tant d’étincelles capables d’allumer l’incendie dans lequel peut se consumer son vice, laissant l’âme à nouveau redevenue vierge par l’effet du repentir. Il y a peu de temps, je vous ai parlé du levain qui agit sur toute la pâte et en fait un pain sanctifié. Écoutez une courte parabole.
Cette femme, c’est la farine, une farine où le Malin a mélangé ses poussières d’enfer. Je suis le levain: cela signifie que ma parole est le levain. Mais s’il y a trop de son dans la farine, ou si on y a mélangé des graviers et du sable, et de la cendre encore en plus, peut-on faire le pain, même si le levain est excellent? On ne peut le faire.
Il faut enlever patiemment de la farine, son, cendres, gravier et sable. La Miséricorde passe et offre le crible… Le premier: il est fait de courtes vérités fondamentales. Il est nécessaire qu’elles soient comprises par quelqu’un qui est dans le filet d’une complète ignorance, du vice, des erreurs de la gentilité. Si l’âme les accueille, elle commence la première purification. La seconde arrive avec le crible de l’âme elle-même, qui confronte son être avec l’Être qui s’est manifesté. Elle a horreur d’elle-même et commence son travail. Par une opération toujours plus précise, après les pierres, après le sable, après la cendre, elle en arrive aussi à enlever ce qui est déjà de la farine, mais avec des grains encore grossiers, trop grossiers pour donner un pain excellent. Maintenant, voilà que tout est prêt. Alors, la Miséricorde revient et se mélange à cette farine préparée - cela aussi est préparation, Judas - elle la fait lever et en fait le pain. Mais, c’est une longue opération où agit la volonté de l’âme.
Cette femme… cette femme possède déjà en elle-même ce minimum qu’il était juste de lui donner et qui peut lui servir à accomplir son travail. Laissons-la faire, si elle le veut, sans la troubler. Tout est trouble pour l’âme qui se travaille: la curiosité, le zèle inconsidéré, les intransigeances comme une pitié exagérée.”
79.7 – “Alors, nous n’y allons pas?”
“Non, et pour que personne d’entre vous n’aie de tentation, nous partons tout de suite. Dans le bois, il y a de l’ombre. Nous arrêterons au fond de la vallée du Térébinthe et là, nous nous séparerons. Élie reviendra à ses pâturages avec Lévi, pendant que Joseph viendra avec Moi au gué de Jéricho. Puis… nous nous retrouverons encore. Toi, Isaac, continue ce que tu as fait à Yutta en allant de là par Arimathie et Lidda pour arriver à Docco. Là nous nous retrouverons. Il y a la Judée à préparer et tu sais comment faire. Comme tu as fait à Yutta.”
“Et nous?”
“Vous, vous viendrez, comme je l’ai dit pour voir ma préparation La montagne du jeûne. Cf. 2.44. . Moi aussi, je me suis préparé à la mission.”
“En allant près d’un rabbi?”
“Non.”
“Près de Jean?”
“Je n’en ai reçu que le Baptême.”
“Et alors?”
“Bethléem a parlé avec les pierres et les cœurs. Là aussi, où je te conduis, Judas, les pierres, et un cœur, le mien, parleront en répondront à ta question.”
79.8 – Élie qui a apporté du lait et du pain noir dit:
“J’ai cherché, pendant mon attente, et Isaac a cherché avec moi, à persuader le gens d’Hébron… Mais ils ne croient, ne jurent, ne veulent que Jean C’est leur “saint” et ils ne veulent que lui.”
“Péché commun à beaucoup de pays et à beaucoup de croyant présents et futurs. Ils regardent l’ouvrier et non pas le patron qui a envoyé l’ouvrier. Ils posent des questions à l’ouvrier sans même lui dire: “Dis cela à ton patron” Ils oublient qu’il y a l’ouvrier parce qu’il y a le patron et que c’est le patron qui instruit l’ouvrier et le rend apte au travail. Ils oublient que l’ouvrier peut intercéder. Mais qu’il n’y en a qu’un qui puisse concéder: le patron. En ce cas, Dieu et son Verbe avec Lui. N’importe. Le Verbe en a de la douleur, mais pas de rancœur. Partons.”
La vision se termine.