“Isaac! Maman! Isaac est ici! Judith a bien vu!”
D’une pièce où l’on mène grand bruit, sort une femme, la mère, florissante, brune, grande, belle, de la vision lointaine, toute belle en ses vêtements de fête C'est la circoncision de Jesaï. : un habit de lin blanc c’est comme une riche chemise qui descend avec des plis jusqu’aux chevilles, serrée à ses flancs plutôt forts par un châle de plusieurs couleurs qui modèle des hanches puissantes, en retombant avec des franges à la hauteur des genoux en arrière et qui reste ouvert par devant après s’être croisé à la hauteur de la ceinture sous une boucle de filigrane. Un voile léger avec des branches de roses de couleur sur un fond havane est fixé sur les tresses noires comme un petit turban et puis descend de la nuque, avec des ondulations et des plis sur les épaules et la poitrine. Une couronne de petites médailles reliées par des anneaux la fixe sur la tête. Des boucles d’oreilles descendent avec des anneaux pesants. La tunique est tenue serrée par un collier d’argent qui passe par les œillets du vêtement. Aux bras, des lourds bracelets d’argent.
“Isaac: mais comment? Judith… je croyais que le soleil l’avait rendue folle… Tu marches! Mais qu’y a-t-il eu?”
“Le Sauveur, oh! Sarah! C’est Lui! Il est venu.”
“Qui? Jésus de Nazareth? Où est-Il?”
“Là, derrière le noyer qui demande si on le reçoit!”
“Joachim! Mère! Vous tous, venez! C’est le Messie!”
Femmes, hommes, garçons, bébés sortent en criant… mais quand ils voient Jésus, grand et majestueux, ils restent intimidés et comme pétrifiés.
“La paix à cette maison et à vous tous. La paix et la bénédiction de Dieu.” Jésus marche lentement, souriant vers le groupe.
“Amis voulez-vous donner asile au Voyageur?!”
Et il sourit plus encore.
Son sourire triomphe des craintes. L’époux a le courage de parler:
“Entre, Messie. Nous t’avons aimé sans te connaître. Nous t’aimerons davantage après avoir fait ta connaissance. La maison est en fête pour trois choses aujourd’hui: pour Toi, pour Isaac et pour la circoncision Il né il y a six jours. de mon troisième garçon. Bénis-le, Maître Femme, apporte le bébé! Entre, Seigneur.”
76.9 – Ils entrent dans une pièce préparée pour la fête. Tables et mets tapis et branchages partout. Sarah revient avec un beau nouveau-né entre les bras. Elle le présente à Jésus.
“Dieu soit avec lui, toujours. Quel nom a-t-il?”
“Aucun. Celle-ci, c’est Marie, celui-là Joseph, cet autre Emmanuel, pour le dernier, il… n’a pas encore de nom.”
Jésus regarde en face le groupe des deux époux et sourit:
“Cherchez un nom, s’il doit être circoncis aujourd’hui…”
Les deux se regardent, le regardent, ouvrent la bouche, la referment sans rien dire. Tous sont attentifs.
Jésus insiste:
“L’histoire d’Israël compte tant de grands noms, de doux noms, des noms bénits. Les plus doux, les plus bénits sont déjà donnés, mais peut-être y en a-t-il encore quel qu’autre.”
Les deux époux s’écrient ensemble:
“Le tien, Seigneur!” et l’épouse ajoute:
“Mais il est trop saint…”
Jésus sourit et demande: