“Tu as bien fait. Mais comment as-tu pu les secourir eux et ceux qui les ont amenés? Tu m’as dit qu’ils sont pauvres!”

“Certainement, Maître. Les riches ont des chars et des chevaux. Les pauvres, n’ont que leurs jambes. Ils sont en trop mauvais état pour venir te trouver. J’ai fait comme j’ai pu. Regarde voici l’obole que j’ai reçue. Je n’y ai pas touché. Tu t’en chargeras.”

“Pierre, tu pouvais la donner toi-même. Bien sûr… mon Pierre je suis peiné qu’à cause de Moi tu aies eu reproches et fatigues.”

“Non, Seigneur, tu ne dois pas t’en affliger. Moi, je n’en souffre pas. Cela me peine seulement de n’avoir pu avoir plus de charité. Mais crois-le, j’ai fait, nous avons tous fait ce que nous avons pu.”

“Je le sais. Je sais que tu as travaillé pour rien. Mais, en l’absence de la nourriture, ta charité reste vivante, active, sainte aux yeux de Dieu.”

64.3 – Des enfants sont accourus en criant:

“C’est le Maître! C’est le Maître! Voici Jésus, voici Jésus!”

Ils s’attachent à Lui qui les caresse tout en parlant à ses disciples.

“Simon, j’entre dans ta maison. Toi et vous autres allez dire que je suis arrivé et puis, amenez-moi les malades.”

Les disciples s’en vont rapidement dans plusieurs directions. Mais, que Jésus soit arrivé, tout Capharnaüm le sait, grâce aux enfants qui semblent des abeilles sorties de la ruche pour aller aux fleurs: les maisons, dans ces cas, les rues, les places.

Ils vont et viennent tout joyeux, portant la nouvelle aux mamans, aux passants, aux vieux qui sont assis au soleil et puis, ils reviennent se faire caresser encore par Celui qui les aime. L’un d’eux, hardi, lui dit: “Parle-nous, parle pour nous, Jésus, aujourd’hui. Nous t’aimons bien, tu sais, et nous sommes meilleurs que les hommes.”

Jésus sourit au petit psychologue et promet: “Je parlerai tout à fait pour vous.” Et suivi par les enfants il va à la maison en saluant avec son salut de paix: “La paix soit dans cette maison.”

Les gens affluent dans la pièce qui est derrière, réservée aux filets, cordages, paniers, rames, voiles et provisions. On voit que Pierre l’a mise à la disposition de Jésus. Il a tout entassé dans un coin pour faire de la place. De là on ne voit pas le lac, on entend seulement le léger clapotement des vagues. On voit par contre le muret verdâtre du jardin avec la vieille vigne et le figuier feuillu. Il y a des gens jusque sur la route, débordant de la pièce dans le jardin, et de là sur le chemin.

64.4 – Jésus commence à parler. Au premier rang, des gens qui se sont fait donner de la place avec des gestes autoritaires, et grâce à la crainte qu’ils inspirent au peuple, cinq personnages de haut rang. Leurs larges manteaux, leurs riches habits et leur orgueil, tout indique que ce sont des pharisiens et des docteurs. Jésus cependant tient à avoir autour de Lui ses petits. Une couronne de petits visages innocents, aux yeux clairs; aux sourires angéliques qui se dressent pour le contempler. Jésus parle, et tout en parlant, caresse de temps à autre la tête frisée d’un bambin qui s’est assis à ses pieds et tient sa tête appuyée sur ses genoux, avec ses bras croisés. Jésus parle assis sur un grand tas de filets et de paniers.

“Mon bien-aimé est descendu dans son jardin, au parterre des parfums, pour se rassasier au milieu des jardins et cueillir des lys… Cantique des cantiques 6, 2. , Lui, se rassasie parmi les lys” Cantique des cantiques 6, 3. ce sont les paroles de Salomon de David dont je descends, Moi, Messie d’Israël.

Mon jardin! Quel jardin plus beau et plus digne de Dieu, du Ciel celui dont les fleurs sont les anges que Dieu a créés?

Et pourtant non. C’est un autre jardin qu’a voulu le Fils unique du Père, le Fils de l’homme, car pour l’homme, je me suis revêtu de chair sans laquelle je ne pourrais racheter les fautes de la chair de l’homme INCARNATION : (Le Christ) n'a pas eu d'autres moyens de racheter les hommes qu'en s'identifiant à leurs souffrances, donc en souffrant lui-même. Lui qui était exempt de tout péché et à l'abri de toute souffrance, s'est fait homme, car le mal et la douleur sont choses humaines : ils n'atteignent pas Dieu et ne peuvent se produire que dans l'humanité puisque Dieu est métaphysiquement impassible, incapable, par sa nature même, de souffrir. C'est la raison pour laquelle le Christ s'est fait homme, donc simple créature. C'est dans son humanité qu'Il a subit les pires souffrances, seul moyen de dénouer les nœuds du péché. Pour racheter les hommes, Il a assumé la pire souffrance qu'il soit et qu'il ne méritait aucunement. Il a pris sur Lui cette souffrance, fruit ultime du péché, et cela l'a conduit à subir la cruelle Passion et la mort. (Mgr Laurentin, manuscrit inédit). . Ce jardin aurait pu être de peu inférieur au jardin du Ciel, si, du Paradis terrestre s’étaient répandus, comme les douces abeilles au sortir d’une ruche, les fils d’Adam, les fils de Dieu, pour peupler la terre d’un peuple de saints tout entier destiné au Ciel. Mais l’Ennemi a semé les ronces et les épines au cœur d’Adam, et de là, ronces et épines se sont répandues sur la terre. Ce n’est plus un jardin, mais une forêt sauvage et cruelle où réside la fièvre et où se niche le serpent.

Mais pourtant le Bien-Aimé du Père a encore un jardin sur cette terre où règne Mammon. Le jardin où il va se rassasier de sa céleste nourriture: amour et pureté; le parterre où il cueille les fleurs qui lui sont chères, où ne se trouvent pas les taches de la sensualité, de la convoitise; de l’orgueil. Ceux-ci. (Jésus caresse le plus de bambins qu’il peut, passant la main sur la couronne des petites têtes attentives, une unique caresse qui les effleure et les fait sourire de joie.) Voici mes lys.

Salomon n’eut pas, au milieu de ses richesses un vêtement plus beau que le lys qui parfume la vallée, ni de diadème d’une beauté plus immatérielle et plus resplendissante que celle du lys en son calice au teint de perle. Et pourtant, pour mon cœur, il n’y a pas de lys qui vaille un seul de ces tout petits. Il n’y a pas de parterre, il n’y a pas de jardin de riches, cultivé uniquement de lys, qui vaille autant qu’un seul de ces purs, innocents, sincères et simples enfants.

O hommes! O femmes d’Israël! O vous, grands et humbles pour la fortune et la situation, écoutez! Vous qui êtes ici pour me connaître et m’aimer, sachez donc quelle est la première condition pour être à Moi. Je ne vous dis pas des paroles difficiles. Je ne vous donne pas d’exemples plus difficiles encore. Je vous dis “Prenez exemple sur ceux-ci”.

Qui d’entre vous n’a pas un fils, un neveu, un petit frère encore enfant, encore tout petit dans sa maison? N’est-il pas repos, un réconfort, un lien entre les époux, entre les parent entre les amis, un de ces innocents dont l’âme est pure comme une aube sereine dont le visage dissipe les nuages et fait naître l’espoir, dont les caresses sèchent les larmes et déversent un force vitale? Pourquoi en eux, un tel pouvoir? En eux: faibles désarmés, encore ignorants? Parce qu’en eux ils ont Dieu, ils ont la force et la sagesse de Dieu. La vraie sagesse: ils savent aimer et croire. Ils savent croire et vouloir. Ils savent vivre dans cet amour et dans cette foi. Soyez comme eux: simples, purs aimants, sincères, croyants.

Il n’y a pas de sage en Israël qui soit plus grand que le plus petit de ceux-ci, dont l’âme est à Dieu et à laquelle appartient son Royaume. Bénis du Père, aimés par le Fils du Père, fleurs de mon jardin, que ma paix soit sur vous et sur ceux qui vous imiteront pour mon amour.”

Jésus a fini.

64.5 – “Maître! crie Pierre du milieu de la foule, il y a ici des malades. Deux peuvent attendre que tu sortes, mais celui-ci est bloqué par la foule… et puis il ne peut se tenir debout, et nous ne pouvons passer, Dois-je le renvoyer?”

“Non, descendez-le par le toit.”