64 – La guérison du paralytique à Capharnaüm
9 novembre 1944
Lejeudi 9 novembre 1944.
[…] Le passage qui précède est rapporté dans les Cahiers de 1944, à la même date. Il s'agit d'une apparition de sainte Catherine de Sienne qui souligne à Maria Valtorta quelques points de similitude dans sa démarche spirituelle.
64.1 – Le même jour, 9 novembre (1944) tout de suite après.
Je vois les rives du lac de Génésareth et je vois les barques des pécheurs tirées sur la rive. Là adossés aux barques se trouvent Pierre et André, occupés à ranger les filets que les commis leur apportent tout dégoûtants après les avoir débarrassés dans le lac des débris qui y sont restés accrochés.
À une dizaine de mètres Jean et Jacques penchés sur leur barque, s’occupent à tout mettre en ordre, aidés par un garçon et par un homme de cinquante-cinquante-cinq ans qui, je pense, est Zébédée car le garçon l’appelle “patron” et il ressemble tout à fait à Jacques.
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](https://www.maria-valtorta.org/Lieux/CapharnaumBelleMere.png)
Maison de la belle-mère de Pierre d’après un dessin de Luigi Ferri, sur les indications de Maria Valtorta.
Pierre et André, les épaules appuyées à la barque, travaillent, silencieusement à rattacher les mailles et les flotteurs en position. De temps à autre seulement ils échangent quelques paroles au sujet de leur travail qui, je le comprends a été infructueux. Pierre ne se plaint pas pour sa bourse vide, ni pour la fatigue inutile, mais il dit: “Cela me déplait… car comment ferons-nous pour donner de la nourriture à ces pauvres gens? Il ne nous arrive que de rares offrandes et ces 10 deniers et 7 drachmes MONNAIE : Un denier correspond au salaire d'une journée de travail (voir la fiche sur la monnaie au temps de Jésus). Transportée dans notre contexte (France 2007), la somme évoquée correspondrait à 120 €, mais en valeur psychologique (x fois une journée de travail) cela représenterait 680 € (24 journées de travail). que nous avons reçus pendant ces quatre jours, je n’y touche pas. Seul le Maître doit nous indiquer à qui doit aller cet argent. Et Lui, ne revient pas avant le Sabbat! Si nous avions fait bonne pêche!…Le menu fretin je l’aurais cuisiné et donné, à ces pauvres gens… et si quelqu’un s’était trouvé pour bougonner à la maison, cela ne m’aurait rien fait. Les gens bien portants peuvent aller aux vivres, mais les malades!… ”
“Ce paralytique!… Et puis ils ont déjà fait tant de chemin pour l’amener ici…” dit André. “Écoute, frère. Moi je pense… qu’on peut rester séparés et je ne sais pas pourquoi le Maître ne nous veut pas toujours avec Lui. Au moins… je ne verrai plus ces pauvres gens que je ne puis secourir, et quand je les verrai, je pourrai leur dire: “Lui est ici ”
64.2 – “Je suis ici!”
Jésus s’est approché en marchant doucement sur le sable mou.
Pierre et André sursautent. Ils poussent un cri:
“Oh! Maître! ”
Et ils appellent:
“Jacques, Jean! C’est le Maître, venez! ”
Les deux accourent et tous se serrent près de Jésus: C’est à qui embrasse son habit, à qui ses mains, Jean va jusqu’à Lui passer le bras autour de la taille et poser sa tête sur sa poitrine. Jésus l’embrasse sur les cheveux.
“De quoi parliez-vous?”
“Maître… nous disions que nous t’aurions bien voulu ici.”
“Pourquoi? Amis.”
“Pour te voir et jouir de ta vue, et puis pour des pauvres et des malades. Ils t’attendent depuis deux jours et plus… J’ai fait ce que je pouvais. Je les ai mis là, tu vois, dans cette cabane, dans ce champ inculte. C’est là que les artisans qui s’occupent des barques travaillent aux réparations. J’y ai abrité un paralytique, un homme en proie à une forte fièvre, un enfant qui se meurt sur le sein de sa mère. Je ne pouvais les envoyer à ta recherche.”