“Tu veux voir? Lève-toi. Depuis quand es-tu aveugle?” Les quatre apôtres les entourent tous les deux.

“Depuis sept ans, Seigneur. Auparavant j’y voyais clair et je travaillais. J’étais artisan en Césarée Maritime. Je gagnais bien. Le port, les nombreux commerçants avaient toujours besoin de moi pour leurs travaux. Mais en battant le fer d’une ancre et tu peux penser s’il était rouge pour se prêter au travail, il en partit un éclat qui me brûla l’œil. Ils étaient déjà malades à cause de la chaleur de la forge. Je perdis l’œil atteint et l’autre s’est éteint trois mois après. J’ai épuisé mes économies, et maintenant, je vis de charité…”

“Tu es seul?”

“J’ai une épouse et trois enfants très jeunes. Du dernier je ne connais même pas le visage… et j’ai une mère âgée. Et même, maintenant, c’est elle et ma femme qui gagnent un peu de pain. Avec cela et l’obole que j’apporte, on ne meurt pas de faim. Si tu me guérissais!… Je recommencerais à travailler. Je ne demande qu’à travailler, en bon Israélite et à donner du pain à ceux que j’aime.”

“Et tu es venu me trouver. Qui te l’a dit?”

“Un lépreux que tu as guéri, au pied du Thabor Premier miraculé de Jésus, anonyme. Après ses quarante jours de désert, Jésus était parti seul, durant le mois de février (Adar), dans la région du Carmel et du Thabor. , quand tu revenais au lac après ce si beau discours.”

“Qu’est-ce qu’il t’a dit?”

“Que tu peux tout. Que tu es le salut des corps et des âmes. Que tu es lumière pour les âmes et pour les corps parce que tu es la Lumière de Dieu. Lui, le lépreux avait osé se mélanger à la foule au risque d’être lapidé, tout enveloppé dans un manteau car il t’avait vu passer quand tu allais vers la montagne, et ton visage lui avait mis l’espoir au cœur. Il m’a dit: “J’ai vu en ce visage quelque chose qui m’a assuré: ‘Lui c’est le salut. Va!’ et je suis allé”. Ainsi il m’a répété ton discours et m’a dit que tu l’avais guéri en le touchant sans dégoût avec ta main. Il revenait d’auprès des prêtres après la purification. Je le connaissais car il avait une boutique à Césarée. Je suis venu, demandant après Toi dans les villes et les bourgades. Je t’ai trouvé… Aie pitié de moi!”

58.8 – “Viens! La lumière est encore trop vive pour qui sort de la nuit!”

“Tu me guéris, alors?”

Jésus le conduit vers la maison de Pierre De sa belle-mère, est un ajout de Maria Valtorta sur la même copie dactylographiée où elle avait annoté la précision de 58.2 (note 1). , dans la lumière atténuée du petit jardin. Il le place en face de Lui mais de façon que les yeux guéris ne voient pas d’abord le lac encore tout éclairé. L’homme paraît un enfant très docile tant il se laisse faire sans rien demander.

“Père! Ta lumière pour celui-ci qui est ton fils!” Jésus a étendu les mains sur la tête de l’homme agenouillé. Il reste ainsi un instant puis il se mouille l’extrémité des doigts avec de la salive et effleure de sa main droite les yeux ouverts mais sans vie.

Un instant. Puis l’homme remue les paupières, les frotte comme quelqu’un qui sort du sommeil et a un brouillard devant les yeux.

“Que vois-tu?”

“Oh! oh! oh! Dieu Éternel! Il me semble… il me semble… Oh que je vois… Je vois ton habit… Il est rouge, n’est-ce pas? Et une main blanche… et une ceinture de laine… Oh! bon Jésus, je vois toujours mieux à mesure que mes yeux s’habituent… Voilà l’herbe du sol… et ça c’est sûrement un puits, et là c’est une vigne…”

“Lève-toi, ami.”

L’homme se lève, pleurant et riant. Après un instant de lutte entre le respect et le désir, il lève la tête et rencontre le regard de Jésus. Un Jésus souriant d’une pitié toute tendresse. Ce doit être un inexprimable charme de recouvrer la vue et de voir ce visage comme un premier soleil. L’homme pousse un cri et tend les bras. C’est un acte instinctif. Mais il s’arrête.

Mais, c’est Jésus qui lui ouvre les siens et attire à Lui l’homme de plus petite taille. “Va à ta maison, maintenant et sois heureux et juste. Va, avec ma paix.”

“Maître! Maître! Seigneur! Jésus! Saint! Béni! La lumière… J’y vois… je vois tout… Voici le lac azuré et le ciel serein et le soleil couchant et le premier quartier de la lune… Mais le plus bel azur, le plus serein, je le vois dans ton œil. En Toi je vois la beauté du soleil le plus vrai et la pure splendeur de la plus sainte lune. Astre de ceux qui souffrent, Lumière des aveugles, Pitié vivante et opérante!”

“Je suis la Lumière des esprits. Sois fils de la Lumière.”

“Toujours, Jésus. A chaque battement de mes paupières sur ma pupille rendue à la vie je renouvelle ce serment. Sois béni, Toi et le Très-Haut!”

“Béni soit le Très-Haut, le Père! Va!”

Et l’homme s’en va, heureux, tranquille Il ira prêcher et pratiquer la miséricorde. Cf. EMV 417.2. pendant que Jésus et les apôtres stupéfaits descendent dans les deux barques et que commence la manœuvre du départ.

Et la vision se termine.

Le texte suivant apparaît dans l’ancienne édition de 1985, mais a été retiré de la nouvelle édition de 2017 car il n’est pas en rapport avec la scène décrite. Il en est de même dans l’édition italienne de référence.

11 octobre.

Avant-hier et hier, silence et nuit. Mais pas de découragement. En effet, si la bonté de Dieu a épargné mon corps épuisé et brisé par la souffrance que lui donne la fatigue de l’écriture, Il m’a réconforté l’esprit avec son invisible présence, toute pour moi, blanche et souriante. Et toute la sérénité de ces yeux saints s’est déversée dans mon cœur.

Oh! mon trésor inconnu du monde! Même du monde qui m’est le plus proche: même de ceux qui vivent avec moi et qui me voient simplement occupée à lire mes prières, ou à faire de la dentelle, à manger un fruit ou à parler de choses ordinaires, et ils ne savent pas que la “meilleure partie” de mon être ne fait qu’adorer le Dieu que je vois et parler avec Lui et l’écouter. Parfois, je me prends à sourire en pensant que ceux qui sont avec moi ne savent pas Qui est avec moi. Et alors aussi, il se trouve que je souffre quand en présence du Saint, de l’Invisible, du Pur, de l’Adorable on tient des conversations qui ne sont ni saintes, ni pures, ni charitables. Les gens ne peuvent pas savoir et je ne puis pas parler… Mais quel choc j’en reçois, et quelle vigilance j’exerce pour réparer avec des actes d’amour, de foi, d’espérance, de pureté le choc que ressent mon Jésus de ces conversations! Ce choc doit être bien fort, puisqu’en moi, pauvre ver, il cause déjà tant de peine, du fait que mon Jésus m’a communiqué un petit quelque chose de sa façon de sentir et de penser.

Ce matin, je ressens cette joie active qui en moi est toujours le prélude de sa parole. Je m’explique comme je peux. J’ai une Joie passive quand, comme hier et avant-hier, je jubile de la Présence, sans qu’Elle m’appelle à le servir. J’ai une joie active quand une impression indescriptible me dit: “Servante de ton Jésus, Lui t’appelle, sers-Le. “Alors je passe de la sérénité à la joie de l’esprit, de la paix à une légèreté qui me soulève. Si je pouvais me mouvoir, je crois que j’irais en haut et en bas dans la maison, ou miteux à l’extérieur par l’exubérance de cette joie et de cette force qui pénètre en moi. Comme je suis alors, je ne puis me libérer qu’en chantant… Puis il entre en moi une douce langueur qui change mon visage, langueur où je me fonds en une douceur qui n’est pas de cette terre. Et puis, je passe au travail vrai, proprement dit: écrire sous la dictée ou décrire ce qui se présente à moi. S’il s’agit de dictée et qui se rapporte à un passage de la Bible, Jésus commence par me faire ouvrir le Livre au passage qu’Il veut expliquer. Si au contraire la dictée se fait sans références spéciales, alors Il ne me fait prendre en mains ni la Bible ni un autre livre sacré. Si c’est la vision qui se présente, comme je l’ai dit, avec une image initiale qui est généralement le point culminant de la vision, et puis se déroule en suivant l’ordre, à peine elle se présente j’éprouve une joie encore plus vive. Quand la vision se développe dans l’ordre, je commence par le début, quand se présente pour commencer le point culminant, je décris ce point, et puis, quand se montre ce qui précède je l’écris et puis ce qui suit (il en fut ainsi de la vision du rabbin Gamaliel, au mois d’août, dans les dix premiers jours du mois, je crois).

Jésus m’a dit de le répéter une fois de plus pour mieux mettre en lumière qui Il est ou qui veut rester dans la nuit sur mon cas. Et maintenant, Il me dit d’ouvrir la Bible. Alors, aujourd’hui, c’est une dictée.