58 – Guérison d’un aveugle à Capharnaüm après une leçon de pêche appliquée aux âmes
7 octobre 1944
Le samedi 7 octobre 1944.
58.1 – Jésus parle et aussitôt le repos m’envahit. Il me plonge dans une gaieté qui me met le cœur en joie:
“Regarde. Les épisodes d’aveugles te plaisent tant. Nous t’en donnons un autre.”
J’ai alors cette vision:
58.2 – Je vois un beau coucher de soleil en été. Le soleil a embrasé tout l’occident et le lac de Génésareth est un gigantesque miroir où se reflète le ciel illuminé. Les rues de Capharnaüm commencent à peine d’être envahies par les gens: femmes qui vont à la fontaine, hommes, pêcheurs qui préparent les filets et les embarcations pour la pêche nocturne, enfants qui courent en jouant à travers les rues, ânes chargés de paniers qui vont vers la campagne, peut-être pour prendre des légumes.
Jésus s’avance vers une sortie qui donne sur une petite cour toute ombragée par une vigne et un figuier. Plus loin, un sentier empierré qui borde le lac. Ce doit être la maison de Pierre (en réalité, c’est la maison de la belle-mère de Pierre (en réalité, c'est la maison de la belle-mère de Pierre) est une rectification de Maria Valtorta sur une copie dactylographiée. ) car il est sur la rive avec André et prépare les paniers à poissons et les filets, range les bancs et les cordages. Tout cela pour la pêche, en somme, et André l’aide, allant et venant de la maison à la barque.
58.3 – Jésus interpelle son apôtre: “La pêche sera-t-elle bonne?”
“Le temps est favorable. L’eau est calme. Il va y avoir le clair de lune. Les poissons remonteront du fond et mon filet les entraînera avec lui.”
“Nous allons seuls?” “Oh! Maître, mais comment veux-tu faire avec tout ce dispositif de filets pour être seuls?”
“Je n’ai jamais pêché et j’attends que tu m’apprennes.” Jésus descend tout doucement vers le lac et s’arrête sur la rive de gros sable caillouteux, près de la barque.
“Vois, Maître: on fait comme çà. Je sors à côté de la barque de Jacques de Zébédée et on va ainsi ensemble vers l’endroit favorable. Puis, on descend le filet. Nous en tenons un bout, nous. Tu veux le tenir, tu m’as dit.”
“Oui, si tu me dis ce que je dois faire.”
“Oh! il n’y a qu’à surveiller la descente. Que le filet descende doucement et sans faire de nœuds. Doucement, parce que nous serons sur le lieu de pêche et un mouvement trop brusque éloignerait les poissons, et sans nœuds pour ne pas fermer le filet qui doit s’ouvrir comme une bourse, ou, si tu préfères, une voile gonflée par le vent. Puis, une fois la descente terminée, nous ramerons doucement, ou avancerons à la voile selon ce qu’il faudra en faisant un demi-cercle sur le lac. Quand la vibration de la cheville de sécurité nous indiquera que la pêche est bonne, nous nous dirigerons vers la terre, et là, presque à la rive, mais pas trop tôt pour ne pas risquer que la proie nous échappe, pas trop tard pour ne pas abîmer les poissons et le filet sur les cailloux, nous hisserons le filet. C’est alors qu’il faut avoir l’œil car les barques doivent tellement se rapprocher qu’on puisse prendre l’extrémité du filet que passe l’autre barque mais ne pas nous heurter pour ne pas écraser le filet plein de poissons.
58.4 – Fais attention, Maître, c’est notre gagne-pain. Garde toujours un œil sur le filet pour qu’il ne s’ouvre pas avec les secousses des poissons. Les poissons défendent leur liberté avec de forts coups de queue et s’ils sont nombreux… Tu comprends… Ce sont de petites bêtes, mais par dix, cent, mille, ils deviennent forts comme le Léviathan.” “C’est la même chose avec les fautes, Pierre. Au fond, une, ce n’est pas irréparable. Mais si, après, on ne s’arrête pas à cette “une” et si on les accumule, accumule, accumule, il arrive enfin que la petite faute, peut-être une simple omission, une simple faiblesse, devient toujours plus forte, se transforme en habitude pour finir en vice capital. Parfois on commence par un regard de concupiscence et on termine avec un adultère consommé. Parfois, c’est, en paroles, un manque de charité à l’égard d’un parent et pour finir une violence contre le prochain. Gare au début veiller pour que les fautes n’augmentent pas leur poids avec leur nombre! Elles deviennent dangereuses et toutes puissantes comme le Serpent infernal lui-même et elles vous entraînent à l’abîme de la Géhenne.”
“Tu parles bien, Maître… Mais nous sommes si faibles!”
“Attention et prière pour être fort et avoir du secours, et ferme volonté de ne pas pécher. Puis une grande confiance dans l’amoureuse justice du Père.”
“Tu dis qu’Il ne sera pas trop sévère pour le pauvre Simon?”
“Pour le vieux Simon, Il pouvait encore être sévère. Mais pour mon Pierre, l’homme nouveau, l’homme de son Christ… non Pierre, Lui t’aime et t’aimera.”
“Et moi?”
“Toi aussi, André; et avec toi, Jean et Jacques, Philippe et Nathanaël. Vous êtes mes premiers choisis.”
58.5 – “Il en viendra d’autres? Il y a ton cousin, et en Judée…”
“Oh! beaucoup! Mon Royaume est ouvert à tout le genre humain, et en vérité je te dis que plus abondante que la plus abondante de tes pêches sera la mienne, au cours de la nuit des siècles… que chaque siècle est une nuit où le guide et la lumière n’est pas la pure lumière d’Orion ni celle de la lune qui accompagne les navigateurs, mais la parole du Christ et la Grâce qui de Lui viendra. Cette nuit connaîtra l’aurore d’un jour sans couchant, d’une lumière dans laquelle tous les fidèles vivront, d’un soleil qui revêtira les élus et les fera beaux, éternels, heureux comme des dieux. Des dieux inférieurs au Père dont ils sont les fils et semblables à Moi… Vous ne pouvez maintenant comprendre, mais en vérité, je vous dis que votre vie chrétienne vous procurera la ressemblance avec votre Maître et ce seront les mêmes signes qui vous feront resplendir dans le Ciel. Eh bien, j’aurai, malgré la haine de Satan et la faible volonté de l’homme, une pêche plus abondante que la tienne.”