18 février 1947 — Jésus est contraint de commenter sa tentation - Savoir lire avec exactitude
Au sujet des visions des 24 et 25 février 1944 24 février 1944 : Tentation de Jésus au désert. 25 février 1944 : La rencontre avec Jacques et Jean. , du 3 janvier 1945 Jésus instruit Judas Iscariote. et du 17 janvier 1945 Jésus sur la montagne du jeûne et au massif de la tentation. , Jésus dit:
“En vérité, ces visions et les paroles qui commentent ma tentation, y compris dans sa partie ignorée, sont si claires qu’elles servent déjà de réponse à toutes les objections des personnes qui m’interrogent à ce sujet. Il ne serait pas nécessaire d’en apporter de plus amples, d’autant que — puisse celui qui pose ces questions s’en souvenir! — j’ai clairement fait comprendre depuis le 25 février 1944 que je n’aimais pas m’arrêter ni revenir sur cet épisode, et que je n’appréciais pas davantage que d’autres le fassent.
Ils attirent sur eux l’attention particulière de l’instrument [Maria Valtorta] et agissent donc de manière diamétralement opposée à l’attitude que j’ai toujours eue à l’égard de l’instrument lui-même lorsqu’il me soumettait les mêmes objections qu’aujourd’hui — toujours à l’instigation de la même personne Peut-être son confesseur, le Père Migliorini. À cette époque, il a été muté à Rome, commençant à diffuser l'œuvre de Maria Valtorta contre les instructions reçues de Jésus. -, je lui répondais ceci: “Je n’ai pas voulu que tu parles de la tentation sensuelle de ton Jésus. Même si ta voix intérieure t’avait fait comprendre le mobile de Satan pour m’attirer à la sensualité, j’ai préféré en parler moi-même. Ne pense plus à cela.”
J’aurais désiré que vous suiviez mon exemple de prudence à l’égard du petit enfant que j’ai placé au milieu de vous: il se doit de vous rapporter tout ce qu’il voit, autrement dit tout ce qui est utilisé pour et contre le Christ, mais son inexpérience et la bonté paternelle de Dieu lui servent de protection providentielle contre les plus cruelles misères et actions des hommes et de Satan.
Je l’aurais désiré par respect pour le petit enfant dont les yeux contemplent Dieu, et je l’aurais voulu parce que cela m’aurait montré votre état d’âme, que je souhaiterais être juste jusque dans ses moindres nuances. Rien, dans la justice, n’est insignifiant, inutile ou négligeable. La grande action visible de savoir mourir pour elle a de la valeur, tout comme l’imitation silencieuse et cachée de moi par la manière de se conduire envers ses frères, ses enfants spirituels ou vos disciples. Car vous qui êtes pères et maîtres spirituels, bergers auxquels j’ai confié mes agneaux, vous vous êtes volontairement consacrés à cette paternité spirituelle et à cet enseignement des petits, et vous devez être mes imitateurs.
Enfin, je l’aurais désiré parce que vous m’auriez montré l’état de votre intelligence, libre de tout ce qui suscite confusion et brume dans la vérité si clairement compréhensible qui ressort de mes pages; vous auriez aussi fait la preuve de la constante perfection de Jésus Christ Dieu et Homme en toute circonstance de sa vie mortelle, dans tous ses actes, paroles, et même silences. Il y a en effet des silences plus parlants que toute parole, et plus instructifs que toute doctrine.
D’ailleurs, cet épisode, dans le passage que vous refusez d’accepter en le prétendant “inconvenant”, vous parle précisément par la magnifique leçon de mon silence opposé à la partie impure de la tentation satanique. Dans mon silence, ma totale indifférence aux sollicitations de Satan, vous auriez dû reconnaître la glorification du Christ. Au contraire, vous lui avez trouvé un autre sens, celui d’un avilissement pour le Christ. Le fait que le Christ soit tenté par l’impureté vous donne l’impression qu’il est porté atteinte à sa dignité. Vous confondez la tentative et le résultat. L’atteinte à la dignité, c’est le résultat. L’échec de la tentative, c’est la glorification. Ne savez-vous pas faire cette distinction? Dans ce cas, vous n’avez pas su lire la vérité passée sous silence quoique manifestement visible qui se trouve dans la vision et dans les dictées.
Savoir lire! Tout le monde n’en est pas capable, encore moins avec exactitude. Pour savoir lire avec exactitude, il importe d’avoir un regard pur de tout désir intérieur et de tout obscurcissement extérieur. Si votre œil spirituel — c’est-à-dire votre pensée — est limpide et pur, vous voyez les choses telles qu’elles sont. Dans ce cas, vous reconnaissez la glorification du Christ. Mais si votre pensée est obscurcie ou enveloppée des fumées des connaissances humaines et de l’orgueil de vous croire les seuls à sa voir, ou — pire — par quelque feu impur, alors c’est votre propre reflet qui teint ce que vous contemplez de couleurs opposées à la réalité, et vous transformez un épisode chaste, innocent, en quelque chose de sensuel et de peccamineux. Mais éloignez cet épisode de vos propres lumières, remettez-le dans sa véritable lumière, et il redeviendra ce qu’il est: le témoignage d’un héroïsme de chasteté et d’innocence face à un vain piège.
Maintenant, si vous projetez sur cet épisode le reflet de votre propre humanité parce que vous ne pouvez admettre qu’on puisse ne pas se sentir troublé intérieurement par une tentation extérieure, parce que vous ne pouvez admettre que le Christ lui-même, le Saint de Dieu, puisse avoir été tenté de l’extérieur sans en éprouver de trouble intérieur, alors c’est vous qui donnez cette coloration à l’épisode. Mais vous ne pouvez pas dire qu’il révèle un trouble inconvenant du Christ: en vérité, ce trouble ne peut être admis par respect pour la dignité du Seigneur Jésus puisqu’il a toujours existé dans le Christ ordre et harmonie entre chair et esprit, tous deux toujours respectueux et parfaits pour rendre gloire à leur Créateur.
Si donc votre avis diffère de ce qui ressort sans l’ombre d’un doute de l’épisode en question, reconnaissez que c’est vous qui projetez sur ce passage de l’épisode ce qui s’agite en vous lorsque vous faites des “suppositions” — comme vous dites à propos d’autres choses — qui sont vôtres, des suppositions que rien, dans l’épisode, ne justifie ni ne permet de croire. C’est grave.
Pourquoi m’obligez-vous à vous dicter ces mots? Ne voyez-vous pas la peine que vous me causez en me contraignant à faire cette dictée uniquement pour certains parmi vous? Ne comprenez-vous pas qu’il n’est guère louable d’étaler au grand jour un scandale — que vous ne sentez pas réellement — dans le seul but de troubler le porte-parole, de l’inciter à douter de la Voix qui lui parle, à perdre confiance, ou encore pour la tenter de modifier certains passages de l’ouvrage? Ce que, d’ailleurs, vous lui reprocheriez ensuite, et vous le lui opposeriez comme preuve essentielle que l’Œuvre est le fruit de son imagination. Modifier certaines parties de l’ouvrage comme si une créature pouvait se permettre de le faire sur des pages que, moi, j’ai dictées! Et pourquoi creuser encore et toujours un point sur lequel je ne me suis pas arrêté, pas même lorsque je l’ai subi, ni en pensée ni en parole en m’abaissant à en discuter avec Satan, et sur lequel j’avais conseillé de ne pas s’arrêter et de ne pas revenir; car il me dégoûte, maintenant comme autrefois? Il me dégoûte, vous dis-je. Voilà la seule et unique réaction que la laide insinuation de Satan a provoquée en moi.
Une fois pour toutes, je vais maintenant vous apporter les réponses que vous désirez, afin que vous ayez “cette pleine clarté sur ce passage” qui, aux dires de l’un d’entre vous, “serait souhaitable”. Je vais vous les apporter. Ni le porte-parole ni lui (encore moins!) ne se permettra ensuite de retoucher le texte pour le rendre cristallin”, comme le voudrait toujours l’un d’entre vous. Chacun à sa place!
Qu’est-ce que la tentation? Le Catéchisme Le Catéchisme de Saint Pie X, l'un des seuls livres qu'avait Maria Valtorta à sa disposition répond: “C’est une incitation au péché qui nous vient du démon, ou des personnes mauvaises, ou de nos passions.″ C’est une incitation. Si donc cela incite au péché, c’est le signe que ce n’est pas un péché en tant que tel.
Non, ce n’est pas un péché. C’est au contraire un moyen de croître en justice et d’augmenter nos mérites en restant fidèles à la Loi du Seigneur. Cela commence à devenir péché quand l’homme se met volontairement en condition de pécher, en s’approchant de choses ou de personnes qui peuvent l’y induire.
De qui vient la tentation? Du démon, des personnes mauvaises, des passions. Elle est donc causée par des facteurs externes ou internes. Mais je vous assure, en vérité, que les plus dangereux sont les facteurs internes, autrement dit les inclinations désordonnées et les instincts ou incitations demeurés en l’homme avec les autres misères qui sont la conséquence du péché d’Adam. Ces facteurs internes, Satan les excite — ou tente de les exciter — par tous les moyens, et pour ce faire il est très bien servi par les hommes qui vous entourent et par votre moi humain: ce dernier est en effet un domaine de tentations toujours ravivées, car il possède de fortes tendances à l’égoïsme de la matière et à la sensualité de l’esprit, le premier poussant la chair à se rebeller contre Dieu et contre l’âme, la seconde portant l’esprit à cet orgueil stupide qui se croit tout permis, jusqu’à critiquer les œuvres de Dieu et ses justices.
En vérité je vous dis que vous êtes vous-mêmes le meilleur soutien de Satan quand vous accueillez et cultivez en vous “la concupiscence de la chair, la concupiscence des yeux, l’orgueil de la vie” Les trois concupiscences ou convoitises mentionnées par 1Jean 2,16 et reprises par le CEC § 2514 : "Tout ce qui est dans le monde - la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et la confiance orgueilleuse dans les biens - ne provient pas du Père, mais provient du monde". , toutes choses qui ne proviennent pas du Père mais du monde. Car si vous ne consentiez pas à préparer un terrain propice à l’invasion des facteurs internes, ils ne pourraient pas pénétrer en vous, troubler votre être profond et exaspérer les facteurs internes. Les seules incitations du péché seraient incapables de mener l’homme à la damnation s’il ne les entretenait, comme cela se produit chez la plupart des gens. Il les cultive comme des fleurs du mal, qui satisfont le sentiment désordonné de l’homme pour leur aspect voyant et engageant, et ne tardent pas à se changer en fruits de péché.
Si votre bonne volonté, saintement impitoyable, terrassait ces incitations, elles demeureraient stériles, comme des plantes nuisibles desséchées, ou du moins étiolées au point de ne plus pouvoir pousser; mais au contraire sujettes à s’affaiblir peu à peu, jusqu’à leur destruction totale.
L’homme, au contraire, les laisse exister en lui, et elles poussent, toutes ragaillardies par les bouchées appétissantes que l’homme imprudent lui accorde, sans réaliser que chaque compromis avec ce qui est illicite — même s’il est petit et apparemment insignifiant, sans conséquence — prépare des compromis plus graves. Car l’appétit pour les concupiscences se renforce au fur et à mesure que leur saveur perd de son piquant. Une fois satisfaite la violence toujours renaissante et croissante des appétits, la force des instincts désordonnés s’accroît; ces derniers grandissent alors jusqu’à envahir l’homme tout entier et finissent par faire tomber les barrières de la conscience.
Ah! Il en est comme d’un arbre placé dans un endroit exigu. Tant qu’il n’a pas atteint son plein développement, il est contenu dans l’enceinte où l’homme l’a placé, mais lorsqu’il a poussé et que ses racines sont aussi grandes que ses frondaisons, alors elles ne peuvent plus rester confinées dans cet endroit étriqué et s’insinuent sous la base des murs d’enceinte à la recherche d’espace, comme les branches l’ont fait en hauteur; ce faisant, leur poussée soulève les murs, les désagrège, les font s’écrouler en ouvrant des brèches par lesquels peuvent entrer voleurs ou enfants pour dépouiller frauduleusement l’arbre de ses fruits et de ses branches, en le malmenant parfois jusqu’à provoquer sa mort. Dans le cas de l’âme, l’arbre de l’inclination désordonnée aux concupiscences, s’opposant à l’inclination de l’esprit vers sa fin — Dieu —, ouvre une brèche pour Satan et pour le monde, qui s’allient pour séduire le moi imprudent, lui apportant la mort ou la violation, la mutilation, de la belle intégrité de l’esprit.
En vérité, je vous le dis: ce n’est pas d’être tenté qui doit faire peur. Et la force de la tentation, la répétition de ses violentes attaques ne doivent pas induire l’âme à s’avilir à penser que, si cela se produit, c’est qu’elle n’est plus dans la grâce du Seigneur et qu’elle est destinée à la mort éternelle. Réjouissez-vous au contraire, vous qui êtes si fortement tourmentés par Satan: c’est signe que vous êtes ses ennemis et qu’il pressent que vous êtes des proies qui lui ont échappé pour toujours. La colère satanique se déchaîne toujours contre les proies qui échappent à sa faim et contre les conquêtes de Dieu.
Il est logique qu’il en soit ainsi. Dans les batailles que se livrent deux armées ennemies, où l’adversaire portera-t-il ses assauts les plus violents? Sur les positions les plus faibles ou les moins importantes? Non, sur les points essentiels, les mieux fortifiés. Les autres ne sont que conquêtes faciles qu’on laisse pour la fin, quand les troupes sont déjà fatiguées, juste pour les encourager à la victoire, afin que cela les stimule pour mener les combats plus durs. Il serait bien sot, le chef d’armée qui épuiserait les hommes et gâcherait des moyens pour faire d’imposants déploiements de forces et qui gaspillerait des munitions contre une ville aux remparts déjà écroulés à cause de l’incurie de ses défenseurs, ou bien prête à se rendre sans combattre.
Satan n’est jamais un conquérant stupide. Il sait très bien organiser ses assauts. Et s’il voit de la faiblesse spirituelle et morale, s’il se rend compte que les remparts de la conscience sont grandement fragilisés — les mauvaises inclinations de l’homme ont servi de bélier contre eux —, et, pire, là où il discerne un plein consentement à l’accueillir en ami, il ne se lance pas dans de violents assauts mais se contente d’user de séduction. Mais pour peu qu’il sente de la résistance et prévoie une défaite, il s’avance avec force en mettant en œuvre tous ses moyens, de la flatterie à la terreur, et il ne se lasse pas de s’y reprendre des centaines, des milliers de fois, directement ou en ayant recours au monde et aux circonstances, autrement dit à tous les moyens externes pour conquérir sa proie ou tourmenter les enfants de Dieu — ce que recherche au moins cet éternel ennemi des bons.
En vérité, je vous dis que lorsqu’une créature est parvenue à l’héroïcité de la vertu, ou que, comme le dit Paul, lorsque la créature “s’est armée de force dans le Seigneur, de sa force toute puissante” Éphésiens 6,10-12 : "Pour finir, armez-vous de force dans le Seigneur, de sa force toute-puissante. Revêtez l'armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable. Ce n'est pas à l'homme que nous sommes affrontés, mais aux Autorités, aux Pouvoirs, aux Dominateurs de ce monde de ténèbres, aux esprits du mal qui sont dans les cieux". , c’est alors qu’il convient de se revêtir “de l’armure de Dieu pour être en état de tenir face aux manœuvres du diable″, car c’est alors que, toujours selon l’Apôtre, la personne “ne combat plus par la chair et le sang, mais contre les autorités et les puissances, contre les dominateurs de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal qui habitent les espaces célestes”, en d’autres termes contre la force de l’enfer, lequel déchaîne directement les grandes rafales des fortes tentations en un ultime effort pour essayer d’abattre l’âme de géant qui lui résiste.
La tentation est-elle, dans ce cas, un péché ou une gloire? Un bien ou un mal? Elle n’est pas péché. Et bien qu’il s’agisse d’un élément du mal, elle peut se changer en moyen de bien et de gloire grâce à la libre volonté avec laquelle l’homme lui résiste. Le libre arbitre de personne, pas même du Christ, n’a été contraint à céder ou non aux tentations. Tentation repoussée, mérite acquis. C’est pour cette raison que Dieu a laissé à l’homme sa splendide liberté de volonté, pour qu’il parvienne, grâce à elle et par son mérite personnel, à une gloire méritée.