Ce sont ceux qui, d’enfants de Dieu qu’ils étaient, retournent à l’état de créatures-hommes par la perte de la grâce, puis deviennent des démons, car l’homme coupé du Bien est un petit liseron qui se cramponne au mal pour tenir. En l’absence d’une loi surnaturelle, il est difficile qu’une loi morale existe; encore n’est-ce qu’imparfaitement. Or là où la loi morale est imparfaite ou absente, la triple concupiscence est bien vivante, totalement ou partiellement.
Mais si la plupart des âmes semblent nier par leurs actes le souvenir et le désir naturels de Dieu, ainsi que leur volonté qui est de tendre à une fin joyeuse, il convient de rappeler que la créature charnelle et la créature spirituelle coexistent en l’homme, et que l’homme a son libre-arbitre, qui sert toujours la plus forte des deux. Si donc on affaiblit son âme par toutes sortes de vices et de péchés, il est certain qu’elle deviendra effectivement faible tandis que la partie animale se renforcera et écrasera la plus faible jusqu’à la tuer. Mais l’on ne pourra nier que l’âme soit créée avec la capacité de se souvenir de sa fin et de la désirer.
L’âme est de nature spirituelle. Il s’ensuit qu’elle a des désirs spirituels même si, par privation de la grâce — chez ceux qui ne sont pas régénérés par le baptême —, ce ne sont que des désirs naturels du royaume spirituel d’où elle vient et où elle devine instinctivement la présence de l’Esprit suprême. D’autre part, chez les âmes régénérées à la grâce par le baptême puis maintenues et fortifiées en elle par les autres sacrements, l’attrait de l’âme pour sa fin advient divinement: en effet, la grâce — c’est-à-dire encore Dieu — attire à elle ses enfants bien-aimés, toujours plus près, toujours plus dans la lumière. Plus ils s’élèvent degré par degré en spiritualité — de sorte que la séparation diminue —, plus vive est leur vision, plus étendue leur connaissance, plus grande leur compréhension, plus parfait leur amour. Ils en viennent ainsi à la contemplation, qui est déjà fusion et union de la créature à son Créateur; c’est un acte temporel mais indélébile et transformateur; car l’étreinte de feu de la Divinité qui enlace sa créature en extase imprime un caractère nouveau sur ces vivants, qui sont déjà séparés de l’humanité et spiritualisés sous forme de séraphins, savants dans la sagesse que Dieu leur procure en se donnant à eux, comme eux à lui.
C’est pourquoi il est juste de préciser que l’écrit inspiré “a Dieu pour auteur”. Dieu révèle ou éclaire des mystères ou des vérités à ses instruments, comme il lui plaît, “en les stimulant ou en suscitant en eux des motions par des vertus surnaturelles, en les aidant à écrire de sorte qu’ils conçoivent exactement par l’intelligence tout ce que Dieu commande — et cela seulement —, qu’ils veuillent fidèlement l’écrire et l’expriment par des moyens adaptés et avec une vérité infaillible”. C’est Dieu qui éclaire leur intelligence par une triple action afin qu’elle connaisse la vérité sans erreur, soit par révélation — dans le cas de vérités encore ignorées — soit par un souvenir précis s’il s’agit de vérités déjà établies mais encore relativement incompréhensibles par la raison humaine; il suscite des motions pour que ce que la personne inspirée vient à connaître surnaturellement soit écrit fidèlement; il l’assiste et la dirige pour que ces vérités soient exprimées, en respectant la forme et le nombre que Dieu veut, en toute vérité et clairement, afin qu’elles soient connues des autres pour le bien d’un grand nombre, par le biais de la Parole divine dans le cas des enseignements directs, ou par les mots employés par l’écrivain quand il s’agit de décrire des visions ou de répéter des leçons surnaturelles.
L’ouvrage livré aux hommes par l’intermédiaire du petit Jean n’est pas un livre canonique. Néanmoins, c’est un livre inspiré que je vous accorde pour vous aider à comprendre certains passages des livres canoniques, et en particulier ce que fut mon temps de Maître, enfin pour que vous me connaissiez, moi qui suis la Parole, par mes paroles. Je ne prétends pas que l’Œuvre soit un livre canonique, et encore moins mon porte-parole, que son ignorance absolue dans ce domaine empêche même de distinguer les théologies dogmatique, mystique ou ascétique; s’il ignore les subtilités des définitions et les conclusions des conciles, il sait aimer et obéir — et cela me suffit, je n’attends rien d’autre de lui —. Néanmoins, je vous déclare, en vérité, que c’est un livre inspiré, car l’instrument est incapable d’écrire des pages qu’il ne comprend même pas si je ne les lui explique moi-même pour lui ôter toute crainte.
Puisque, aux moments où le petit Jean (Maria Valtorta) est porte-parole - autrement dit emporté par moi comme par un Aigle divin qui l’emmène au royaume de la Lumière, où il voit et d’où il revient vous apporter des joyaux d’une valeur surnaturelle -, il se trouve dans une sage vérité de vision et de compréhension.
C’est alors qu’il emploie le terme “créer” pour exprimer la formation des âmes par volonté de Dieu (fascicule s.t. p. 63) Employé dans la dictée du Tome 1, chapitre 17 (voir la note n° 11 ci-dessus) et la polémique commentée par Jésus à la page 326. . En ce qui me concerne, je le répète encore, j’avais utilisé dans cette dictée le mot “génération” pour vous donner la mesure de votre dignité d’enfant de Dieu. Cependant, je vous le redis, si cela doit vous empêcher de croire, remplacez donc “génération” par “création”, et soyez en paix au sujet de ce détail qui vous rend sceptiques.
La création continuelle des âmes par le Père ne signifie pas qu’elles “préexistent”, comme vous dites, en prétendant que j’ai employé ce terme. Et le fait que les âmes se souviennent ne signifie pas qu’elles “préexistent”. On ne peut nier cependant que, vu l’extrême rapidité de l’instant créateur, l’âme, qui est une substance spirituelle intelligente créée par le Parfait, puisse être formée en étant consciente de sa provenance. Dieu Créateur a donné une raison relative aux créatures inférieures, une raison très étendue aux créatures humaines, ainsi qu’une intelligence extrêmement rapide et étendue aux créatures angéliques: comment n’aurait-il pas accordé une intelligence rapide et étendue à l’âme créée? N’est-elle pas créée par lui au même titre que les anges, les hommes et les animaux? Serait-elle donc, cette flamme fille du Feu, la seule à être ténèbres ou froid glacé? Serait-elle, elle seule, engourdie, imbécile, aveugle, sourde, sans mémoire, fruste au point de ne pas même posséder ces mouvements instinctifs rudimentaires qui poussent les animaux à choisir leur nourriture, les éléments et les climats propices pour y vivre et y procréer? Inférieurs même aux végétaux qui sentent que le soleil leur apporte la vie, à tel point que, s’ils sont plantés dans quelque lieu obscur, ils se tendent vers l’ouverture par où la lumière passe et sortent à l’air libre pour vivre? Ô hommes! Pouvez-vous en arriver à prétendre l’âme inférieure aux plantes, uniquement pour nier, pour faire de la peine à mon porte-parole? L’âme! Cette substance admirable que j’ai qualifiée de la sublime métaphore de “sang spirituel du Dieu éternel, puissant et saint”, sang du Père (c’est une métaphore, je le répète) qui vit en vous et vous rend immortels, puissants, saints tant qu’elle est vivante, autrement dit unie à Dieu par la charité.
L’âme! Elle est cette partie du ciel — or le ciel est Lumière et Sagesse — qui est contenue en vous, pour que l’Infini trouve en vous un trône qui appartienne encore au ciel, et qui vous contient en même temps pour que l’étreinte sanctifiante du ciel soit encore protectrice autour de votre humanité qui mène le bon combat.
Peut-être objecterez-vous qu’elle ne possède plus l’intelligence intégrale de la première âme, puisqu’elle est entachée et diminuée par le péché originel? Je vous réponds tout d’abord qu’elle ne sort pas aussi impure de la Pensée créatrice. Le péché originel est en l’homme et chez les enfants des hommes, pas en Dieu. Ce n’est donc pas au moment où l’âme est créée par Dieu, mais quand elle s’incarne en l’homme conçu par l’homme qu’elle contracte l’hérédité qui s’attache aux descendants d’Adam, sauf dans le cas d’une volonté unique et exceptionnelle de Dieu. En second lieu, je vous rappelle que l’être le plus impur; celui qui était Lucifer et est maintenant Satan, n’a pas perdu sa puissante intelligence sous prétexte qu’il est passé de l’état d’archange à celui de démon: au contraire, il se sert de son intelligence extrêmement perçante pour le mal au lieu du bien, comme il s’en serait servi s’il était resté archange.
Que me répondez-vous donc si je vous demande pourquoi Satan garde le souvenir de Dieu et est intelligent? N’avez-vous aucune raison à opposer à mon affirmation? N’avez-vous rien à objecter? Non. Vous ne pouvez rien objecter. Car il vous faudrait soit renier ce que vous enseignez, soit admettre que Satan est intelligent et garde le souvenir de Dieu, à tel point qu’il le hait comme il le fait, précisément parce qu’il en garde un tel souvenir; et il vous tourmente comme il le fait précisément parce qu’il sait choisir avec perspicacité les moyens aptes à vous faire chuter, selon votre personnalité. Le Catéchisme affirme Catéchisme de saint Pie X, Chapitre 2, § 2 que les anges coupables furent exclus du paradis et condamnés à l’enfer, mais il ne fournit aucune précision sur la perte de l’intelligence des démons: la perspicacité de leurs actions destinées à vous nuire prouve bien que leur intelligence subsiste.
Les âmes se souviennent. Pourquoi? Parce que, tout comme Dieu, pour tempérer la rigueur de sa condamnation, laissa en même temps à Adam l’espoir d’une rédemption, de cette rédemption-là, il lui laissa également le souvenir de ces heureux temps pour le soutenir dans les souffrances de l’exil et pour encourager saintement les fils d’Adam à aimer celui qui, pour eux, était l’Inconnu.
Par ailleurs, quand Dieu a créé les âmes, il n’a pas privé les enfants des hommes de cette inclination naturelle vers le Divin qui, seule, peut les aider à atteindre ce pour quoi l’homme a été créé: aimer le Seigneur, le Dieu tout-puissant et omniprésent dont le Tout incorporel emplit l’infini; car l’homme le sent et le reconnaît, plus ou moins précisément, en tout ce qui l’entoure, le pénètre ou le frappe. Chez les sauvages, ce sera dans la fulgurance d’un éclair ou dans la splendeur durable d’une aurore boréale; pour les idolâtres, ce sera dans la puissance du lion ou dans la vie amphibie du caïman; pour les croyants de religions révélées mais imparfaites, dans des manifestations naturelles supposées être des actes ou des manifestations de dieux individuels; pour l’homme cultivé — penseur ou scientifique — ce sera dans les phénomènes du ciel ou dans l’admirable organisme des corps; pour le croyant, dans la doctrine certes, mais aussi dans la vie même de l’âme qui se manifeste avec ses lumières et ses vibrations en réponse aux vibrations plus ardentes d’un Amour éternel qui l’aime, ou encore dans cette merveille qu’est la naissance comme dans le mystère de mourir; pour une part de l’humain, et pour l’autre de vivre d’une vie plus véritable; mais tous les hommes ressentent dans tout leur être une Présence invisible et puissante, qu’il la nie — mais dans le fait de nier il admet déjà son existence, puisqu’on peut seulement nier ce qui est et ce que beaucoup d’autres personnes croient —, ou qu’il la haïsse, avouant par sa haine que cette Présence existe, ou enfin qu’il l’aime et proclame avec amour qu’il la croit réelle et qu’il espère pouvoir un jour, non plus croire en elle, mais en jouir.
Dieu a fait cela: il a laissé à l’homme une inclination au Bien suprême. Or qu’est-ce, sinon le souvenir? Que vous en semble? Que cela lui était impossible, à lui qui est tout-puissant et qui régit la création depuis des millénaires sans le moindre effort et ne cesse pas un instant de créer des âmes et de les juger?
Il connaît simultanément toutes leurs actions - il les connaît même d’avance - puisque le passé, le présent et l’avenir ne forment qu’une unique entité devant sa Pensée; il suit le développement des âmes, les juge sans confusion ni erreur, et juge les âmes qui, sur son ordre, quittent le corps auquel elles avaient été envoyées pour retourner ensuite dans le monde créé de l’au-delà, recréées ou bien, devrais-je dire, détruites par la volonté du libre-arbitre. Mais ce terme de “détruites”, pour vous qui prenez toujours les mots dans leur sens matériel et non dans leur esprit, vous ferait crier à l’anathème. Je vous dirai donc: laides, obscènes, mutilées et déformées pour avoir volontairement effacé tout souvenir du Divin. Car c’est essentiellement ce souvenir plus que toute leçon que l’on peut apprendre dans toutes sortes d’écoles, qui apprend à l’âme comment rechercher les vertus par amour de son Dieu, dans l’espoir de le posséder un jour, après cette vie, dans la Vie qui ne finit pas.
En vérité, de tous les dons que l’Amour a laissés à l’homme déchu, celui-ci est le plus élevé et le plus actif. Je parle des âmes en général, pas de celles des chrétiens catholiques membres du Corps mystique et vivifiés par la grâce, qui est le don des dons. Cette inclination naturelle au Bien suprême — qui est souvenir spirituel de Dieu — peut être parfois tellement subtile que les deux autres parties de l’homme ne s’en rendent pas compte, bien qu’elle en guide la pensée et en gouverne les actions. Elle incite à rechercher la Divinité, à agir de manière à en être digne, en un mot à vivre de façon à parvenir à s’y réunir. Il s’ensuit que les âmes se créent une religion, si elles n’en possèdent pas déjà une, qui peut être erronée par ignorance de la Vérité, mais qui est toujours amour de la divinité, en d’autres termes conformité à ce pour quoi l’homme a été créé: aimer et servir Dieu sur la terre et en jouir, immédiatement et complètement ou après un temps plus ou moins long, pour l’éternité.
Le souvenir crée l’amour. L’amour suscite la justice. La justice de la créature engendre un plus grand amour de Dieu pour elle. Et plus l’amour et la justice augmentent dans la créature, plus la connaissance devient claire. Et avec l’amour, le souvenir de Dieu ne cesse de grandir car, comme je l’ai dit, le souvenir est connaissance d’amour, et là où se trouve l’amour, là est Dieu. Or quand des âmes ont la grâce en guise de lumière pour se souvenir et de voix pour apprendre, que dites-vous? Que cette grâce ne vous rend pas très semblables à Adam — quand il était innocent — et donc capables de connaître Dieu?
Que dites-vous? Que quand la bonne volonté et une œuvre de sanctification s’unissent à cette grâce qui vous est rendue par mes mérites, votre connaissance de Dieu ne se rapproche pas de celle qui faisait la joie d’Adam? En vérité, en vérité je vous dis que c’est ce qui se produit, et le souvenir, chez les saints qui vivent encore sur terre, n’est plus un souvenir, mais connaissance.
Vous vous étonnez de mon affirmation? Mais les patriarches et les prophètes, privés de la grâce et néanmoins justes, ne furent-ils pas transportés à la vue de Dieu et n’entendirent-ils pas sa voix? Ne contemplèrent-ils pas la gloire de Dieu et le ciel admirable? - «Lorsque Abram eut atteint quatre-vingt-dix-neuf ans, Yahvé lui apparut (Genèse 17, 1)». - «L’ange du Seigneur apparut à Moïse dans une flamme de feu, du milieu d’un buisson (Exode 3, 2)». - «Puis Moïse monta sur la montagne. La nuée couvrit la montagne et la gloire de Yahvé… Moïse entra dans la nuée… (Exode 24)». - «Je vis… un être ayant apparence humaine, et je vis… quelque chose comme du feu près de lui, tout autour (Ezéchiel 1, 26-27)». - «J’entendis une voix d’homme, sur l’Ulaï Ulaï, Uwlay ou Oulaï : rivière qui passe à Suse (Shuwshan), l'une des trois capitales de l'empire perse. Elle était située dans le sud de l'Iran actuel au-dessus du Golfe persique. , criant… “Gabriel”», - «Quand Gabriel… me parla (Daniel 8, 16 et 9, 21-22)». Ceci dit pour vous remettre en mémoire certains passages de l’Écriture où il est dit que la vision ou la parole célestes furent accordés même à des personnes privées de grâce.
Connaître Dieu et “converser avec lui” dans son éden intérieur, c’est déjà voir et prévoir. Dieu n’a pas changé au cours des millénaires, et ses leçons à ses élus sont amples, pleines, lumineuses, comme aux deux innocents qui étaient nus sans en avoir honte, puisqu’ils ne connaissaient pas les pauvres sciences de la matière mais uniquement les sublimes sagesses de l’amour.
Après cela, pouvez-vous encore vous en prendre aux paroles écrites par mon instrument, comme s’il s’agissait d’erreurs? Je ne prends même pas en compte l’éventualité que vous les considériez comme des erreurs du Maître ou que vous ne reconnaissiez pas, devant l’abondance et la sagesse de ce don, quel est ce lui qui les dicte. Après cela, pouvez-vous encore vous en prendre, comme s’il s’agissait d’une erreur de mon instrument, à cette vérité que les âmes gardent le souvenir de Dieu?
Ce souvenir est d’autant plus vif que l’âme évolue dans la justice, et très vif quant à la justice de la créature s’unit l’état de grâce, autrement dit de filiation de Dieu; et il est parfait lorsque, comme chez Marie, l’éternelle virginité de l’âme demeure sans être contaminée par le contact du péché, et qu’on trouve en elle la plénitude de la grâce, l’innocence absolue, la possession de la Sagesse et une charité parfaite? Cet état de grâce est si parfait en Marie qu’aucune autre créature ne le connaîtra jamais.
Dites-moi, vous qui êtes servites de ma Mère: qui est Marie pour vous Il s'agit des Servites de Marie (l'ordre religieux des Pères Migliorini et Berti) dépositaire de l'œuvre. Leur réaction est mitigée et critique. Le P. Roschini qui examina les premiers cahiers de l'œuvre, en est un bon exemple. ? La nouvelle Eve qui connaît Dieu aussi bien que la première? Non. Mieux qu’Eve. En effet, si elle est l’Innocente, la Fille, l’Epouse et la Mère de Dieu —contemplée comme telle par Dieu de toute éternité —, elle est aussi l’Agnelle qui se tient auprès de l’Agneau, la Victime consumée avec l’Hostie divine pour vous permettre de “connaître Dieu”.
Maintenant, débarrassez vos esprits des “vêtements de feuilles de figuier Cf. Genèse 3, 7. Après leur péché, Adam et Eve cachent leur nudité. ” que vous avez cousus autour de votre intelligence et qui vous brouillent la vue, et relisez les passages où il est traité de souvenir, de connaissance, de douces conversations de l’Unité trine, rassemblée dans le Cœur immaculé de celle qui est pleine de grâce, avec son âme en adoration. Relisez les passages où je parle des opérations de la grâce, qui est lumière et sagesse et rend le souvenir de Dieu de plus en plus lumineux, unie à la justice, elle transforme le souvenir en connaissance toujours plus parfaite, parfois précoce, toujours sainte, dans l’âme des saints. Et priez pour qu’une nouvelle Pentecôte advienne dans votre intelligence, et pour que tous les dons de l’Esprit, Maître de toute vérité, entrent en vous pour vous renouveler et rallumer en vous cette ressemblance divine qui est amour surnaturel accompagné de la Beauté surnaturelle sans lequel l’union, la ressemblance et la compréhension deviennent impossibles.
Ayez l’âme humble des humbles et agenouillez-vous devant celui qui vous parle par pitié pour vous, pasteurs, comme pour les agneaux; il choisit un “moins que rien” précisément parce qu’il l’est, et parce qu’il aime réitérer le geste accompli devant l’humanité concupiscente des Douze, geste par lequel il voulut confondre par sa divine sagesse la pauvre science humaine des savants qui s’attardent à compter le nombre des fils des franges tous poussiéreux à force d’être restés plus proches de la terre que du ciel, et qui, pour ce travail inutile et pédant, négligent de recueillir et de conserver les perles lumineuses dont le travail est tissé.
Pour ceux qui ne comprendraient pas cette métaphore, j’appelle franges les pertes de temps inutiles et l’étalage encore plus inutile de connaissances humaines employées pour déterminer si la capacité physique d’un lieu ou le nombre d’habitants — déduits par des travaux humains bien postérieurs à mon époque et par conséquent inexacts — correspondent bien aux affirmations de mon instrument, ou encore si la période et le séjour à l’endroit dont il parle — toujours calculés d’après une mesure que les hommes se sont eux-mêmes donnée — correspondent à la fraction de temps infinitésimale qu’ils pensent être parfaite. Mais dites-moi! Est-ce donc le nombre de jours, la taille d’un village, le nombre de ses habitants qui vous intéressent, ou l’enseignement de l’ouvrage? Dans le premier cas, des milliers d’auteurs humains peuvent vous fournir en abondance de quoi vous mettre sous la dent. Dans le second, je suis seul à pouvoir vous procurer ce qu’il vous faudrait rechercher en premier. Car c’est seulement ce que, moi, je vous donne qui vous sert pour la vie éternelle. Le reste n’est que du foin destiné à être éliminé et à devenir immondice. Ce n’est pas parce que vous saurez combien de jours telle personne est restée à tel endroit ou combien une ville avait d’habitants que vous entrerez au ciel, mais parce que vous vous serez perfectionnés en trouvant dans la Parole, qui est Vie et Lumière, de quoi mener une vie lumineuse.
Préférez-moi à la science. Bénissez-moi, et non vos connaissances. Aimez également “l’enfant” que j’ai choisi pour le placer parmi vous. Avec moi, bénissez le Père, Seigneur du ciel et de la terre, de s’être une fois de plus révélé lui-même à un petit, et non à des savants. Un petit, un enfant, un “moins que rien”. Oui, mais un moins que rien qui se consume du désir de servir et aimer Dieu et de le faire connaître, un moins que rien qui a ré veillé tout seul le souvenir de Dieu en lui et cela toujours plus intensément, un moins que rien qui a consumé par son amour et son holocauste volontaire les cloisons de l’humanité, un moins que rien qui en est venu à préférer la Lumière à sa vie et aux honneurs, un moins que rien profondément plongé dans la liberté absolue de contempler Dieu seul, au point d’en perdre de vue tout ce qui n’est pas Dieu, un moins que rien mort à tout ce que la plupart désirent dans la vie, mais vivant pour l’éternité parce qu’il est mort pour vivre dans le Seigneur.
Je vous le dis, ce n’est pas aux savants que Dieu montre son royaume, mais à ceux que la grâce éclaire et qui vivent dans l’amour; or Dieu seul choisit, prend et dépose au sommet de la montagne, là d’où le ciel est si proche que l’âme peut lancer ardemment ce cri, qui devrait être celui de tout homme: «Voici mon Dieu. Je le vois! Je l’entends! Je le connais! Je suis dévoré et recréé par l’Amour.”
Petit Jean (Maria Valtorta), tu peux aussi leur rappeler que l’homme a un ange gardien et que cet esprit ne reste pas inerte aux côtés de l’homme sur lequel il renvoie les lumières que, comme ange, il reflète en adorant la Lumière infinie. Sois en paix, mon âme».