24 septembre 1944 — Toute manifestation du surnaturel est “signe de contradiction” parmi les hommes.
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Catéchèse du dimanche 24 septembre 1944.
Jésus dit:
“Parmi les courants contraires qui prennent par le travers ma pauvre barque appelée Maria-Jean (Maria Valtorta), le porte-parole, je viens, moi, en divin timonier, prendre la barre pour corriger et redresser les diverses tendances.
Un zèle excessif peut tout gâcher. Toi, mon porte-parole, tu es excessivement rétive à toute divulgation d’écrits, qu’il s’agisse des tiens personnels ou de ceux qui proviennent de sources plus élevées. Je t’ai déjà reproché cette avarice spirituelle Cf. La catéchèse du 21 juin 1943. . Ce reproche a porté du fruit en toi et tu as accepté chaque fois — en souffrant comme si l’on t’arrachait un morceau de peau — de donner à d’autres ce qui t’appartenait, puisque c’était né de ton esprit ou t’avait été donné par ton Dieu.
Mais d’autres, bien que je leur en aie déjà fait part à plusieurs reprises, ne se sont pas tenus scrupuleusement à mes paroles. La raison qui les pousse à agir ainsi est bonne. Mais il faudrait garder à l’esprit que, dans leur grande majorité, les hommes - et en particulier des consacrés - ne sont pas bons.
Il faudrait méditer sur le fait qu’un zèle excessif peut tout gâcher, plus que ne pourrait le faire un peu de lenteur à agir. Ce qui est forcé finit par se briser. Or cette chose, sainte, utile, voulue par Dieu contre ton désir - je le dis parce que je le sais, et je suis la Vérité - ne doit pas être brisée. Mais ce ne doit pas être un torrent tourbillonnant et impétueux qui passe, soumet, submerge, dévaste, mais ne fait que passer. Ce doit être au contraire une onde légère qui coule doucement, un petit filet d’eau qui irrigue et nourrit les racines sans abîmer la moindre plante. Un filet, ai-je dit, livré avec beaucoup de prudence et de modération, avec bonté et sans exclusivisme, mais en s’accompagnant de dignité. Or il a été livré, au contraire, avec un excès de hâte, d’abondance, de rigidité, d’exclusivisme.
Si vous saviez quel esclavage c’est que d’être instrument de Dieu. Toute manifestation du surnaturel est “signe de contradiction” pour les hommes (Luc 2,34). Les instruments de Dieu sont des signes de contradiction. Mais les premiers à payer les conséquences de cette contradiction, ce sont eux, les instruments. J’en suis moi-même un exemple. Ceux qui sont chargés de leur protection doivent, avec une patience et une prudence extrêmes, s’appliquer à ce que cette “contradiction” ne revête pas des formes de violence susceptibles de détruire la mission de l’instrument par des jugements et des ordres qui lient ses membres spirituels, en minent l’esprit et la morale, en les situant entre Dieu qui veut et l’homme qui ne veut pas l’œuvre. Mes instruments ont besoin de paix. Ils ne peuvent, eux, s’occuper d’autre chose que de leur travail, celui que Dieu leur fait accomplir. Vous, les hommes, si vous saviez quel esclavage c’est que d’être instrument de Dieu! Un saint esclavage, mais absolu! L’esclavage d’un galérien. Cela entraîne sommeil, faim, souffrances, fatigues, envie de penser à autre chose, de lire des écrits qui ne soient pas des paroles de source surnaturelle, de parler et d’entendre des choses ordinaires, l’envie d’être et de vivre comme tout le monde, ne serait-ce qu’un seul jour: tout cela, la brûlure inexorable de la volonté de Dieu les empêche de l’avoir et de le réaliser. Sur tout cela, la hargne des hommes dépose son sel et son acide, comme si le maître de la galère mettait du sel et du vinaigre sur les brûlures de ses esclaves.
Pourquoi, poussés par un amour ou un ressentiment excessifs, martelez-vous mes serviteurs, déjà martelés par l’exigence de ma volonté?
Respecter le porte-parole. J’avais dit Dans la catéchèse du 23 août 1943. depuis le début que mon porte-parole devait être laissé en paix, entouré des voiles du silence, qu’il ne faudrait soulever qu’après sa mort. Quand les prières et les désirs d’une personne que j’aime et que son intention toujours droite me rend agréable, m’inclinèrent à faire preuve d’indulgence, j’établis des clauses et des guides pour protéger mon instrument. Je dis: “Que l’on se comporte comme on l’a fait à l’égard de sœur Benigna Consolata Même catéchèse. Il s'agit de la servante de Dieu Benigna Consolata Ferrero, sœur de la Visitation (1885-1916) ”. Quand j’ai vu que l’on exagérait et que l’on partait dans des domaines qu’une simple prudence humaine voyait devoir être évités, j’ai cessé toute dictée qui ait quelque rapport avec les temps, et j’ai indiqué que c’était une punition pour ceux qui cherchaient à satisfaire une curiosité humaine et transformaient une réalité grandiose, surnaturellement grandiose, en un jouet susceptible d’enfants qui, pour faire la nique à leur rivaux, prétendent: “Moi, je sais, je possède, toi tu ne sais pas et ne possèdes pas. Regarde ce que j’ai, regarde, regarde, moi je sais, moi je sais… ”. Mais ce n’est pas là un jeu d’enfants. Il en va des intérêts de Dieu et de la paix d’un cœur. Faites attention, vous tous les hommes!
Vous qui êtes proches de mon porte-parole, vous savez bien qu’elle s’oppose toujours à toute violation de son secret, à tout exhibitionnisme, à toute publicité en sa faveur et en son honneur Ce n’est pas une “violette” pour rien Allusion à la vision du 22 avril 1943. . Je sais pourquoi je lui ai donné ce nom. Elle a souffert de certaines intrusions et d’éloges. Elle n’aime pas l’encens pour elle-même, elle désire qu’il soit entièrement présenté à son Maître, Jésus.
À un moment où une telle croix allait déjà lui être posée sur les épaules par amour pour le monde, qui doit être sauvé par la souffrance, vous, par votre imprudence, y avez ajouté une autre torture: celle de savoir les paroles de Dieu répandues dans toutes les directions, telles des fleurs précieuses confiées à un enfant, jusque dans la main de ceux qui s’opposent aux voix surnaturelles, que cela réponde à leur opinion personnelle ou à d’autres causes. Mon porte-parole vous a appelés à la retenue, au nom de la parole de Dieu, ce qui était humainement et surnaturellement juste d’observer. Vous avez alors voulu remédier à cette situation, mais maladroitement: en attaquant les contradicteurs, puis en refusant à toute une catégorie de personnes - qui, malgré leurs lacunes, comptent aussi des lumières dans leurs rangs -, tout contact avec ce qui était auparavant livré et divulgué à tous, sans sélection.
Mes amis et serviteurs - je vous donne le nom le plus doux et le plus honorifique, puisque me servir, c’est régner et être mon ami signifie être préféré -, je vous montre comment je traitais le disciple qui représentait le clergé qui louvoie entre Dieu et la terre, celui qui a élevé son profit au rang de roi, plus haut que l’intérêt de Dieu et contre lui, alors que ce dernier aurait dû être le roi de son but de vie Allusion à Judas de Kérioth. . J’ai tenu des propos graves, en Maître qui éduque et doit également rabrouer s’il voit son élève se tromper, mais quand j’ai vu que l’autorité du Maître ne suffisait pas, j’ai abandonné l’attitude sérieuse d’un Maître pour laisser apparaître celle de l’Ami, dont le cœur déborde d’affection, d’indulgence, de compréhension. Écoutez les mots que je lui adresse pour le mettre sur le “chemin”, pour le remettre sur la voie qui est la mienne. Rien de plus doux, de plus attirant ne pouvait lui être dit. J’ai tout essayé pour le sauver. Plus il tombait, plus je me rapprochais de lui. Je n’ai pas atteint mon but? C’est vrai. Vous non plus n’y arriverez pas avec tous. Du moins la charité sera-t-elle sauve.
Douceur, prudence et réserve. Douceur, douceur, mes amis et serviteurs, et puis prudence, prudence, prudence et réserve.
Hier, je vous ai dit: “Si, à l’avenir, vous réalisez un ouvrage ordonné.” Je ne vous ai pas dit: “Réalisez-le” ni: “Réalisez-le tout de suite.” Mais quand vous le ferez - inutile de vous dépêcher sous peine de nuire au lieu d’être utiles -, respectez les règles que je vous donne et que je vous donnerai encore.
Soyez en même temps respectueux de mes paroles depuis le commencement, et un peu aussi du désir de mon porte-parole. Il a lui aussi part à cet événement. Qu’il soit écouté, et non laissé de côté sans pitié, par excès d’affection pour son œuvre.
Ne vous hâtez pas. La vie du porte-parole est brève et le temps est long. Quand le secret de la tombe protègera celle qui fut porte-parole, vous aurez encore bien le temps d’agir. N’ayez aucune hâte humaine, même si elle se revêt de surnaturel. Les choses de Dieu mûrissent lentement, et elles durent. Celles de l’homme précocement, et elles disparaissent.
Qu’est-ce qui a gâché l’œuvre vraiment sainte de Maria de Agréda? Voyez-vous? Certains désirent en savoir plus sur l’énigme de Maria de Jesús de Agreda. Qu’est-ce qui a gâché l’œuvre vraiment sainte de Maria de Agreda? La hâte des hommes. Elle a suscité l’attention et des rancœurs. Elle a contraint cette femme illuminée à remanier la partie descriptive. En ce qui concerne la partie instructive, l’Esprit a pourvu, et son enseignement reste identique. Or quelles ont été les conséquences de ce remaniement? Une grande souffrance, de la fatigue et des troubles chez Maria de Agreda, ainsi que la corruption de la magnifique œuvre primitive.
Toute personne qui décrit, tout prophète, est esclave de son temps. Au moment où il écrit et où il voit (je parle de ceux qui écrivent de par la volonté de Dieu), il le fait en décrivant parfaitement, même à l’encontre de sa propre façon de voir, conforme à son époque. Il s’étonne, par exemple, de ne pas voir ceci ou cela, ou bien de remarquer des objets et des formes de vie différentes de celles de son temps, mais il les décrit telles qu’il les voit. S’il lui faut en revanche répéter toute une série de visions en ne les ayant plus sous les yeux, après un long intervalle de temps, il retombe sans cesse dans sa propre personnalité et dans les habitudes de son époque. Ceux qui viennent après s’effarent donc de certaines traces trop humaines dans la description d’un tableau d’origine divine.
C’est ainsi que, dans sa partie descriptive, Maria de Agreda est tombée dans les fioritures de l’humanisme espagnol, faisant de la sainte pauvreté de vie de ma Mère, de sa sublime création sur la terre et de son règne au ciel un fatras d’éléments de la pompe rutilante de la cour des Rois d’Espagne à l’époque la plus pompeuse qu’elle ait jamais connue. Cette tendance d’Espagnole, et d’Espagnole de son temps, ainsi que les suggestions d’autres personnes - qui, en bons Espagnols de cette époque, étaient portés à voir, à rêver, à penser, à transposer dans l’éternité et dans le surnaturel ce qui était temporel et humain - tout cela l’a poussée à entourer les descriptions de fioritures clinquantes qui nuisent [à l’œuvre] sans honorer [Dieu].