(1)Je continue à penser aux souffrances de mon Jésus passionné, et arrivée au dernier souffle de sa vie, je sentais résonner au plus profond de mon cœur : « Entre tes mains, Père, Je remets mon esprit. » Ce fut pour moi la plus sublime leçon, le rappel de tout mon être entre les mains de Dieu, le plein abandon entre ses mains paternelles. Mon esprit était perdu dans ces réflexions quand mon Jésus douloureux visita ma petite âme et me dit :
(2) Ma bienheureuse fille, ma vie ici-bas a commencé comme elle s’est terminée . Et dès l’instant de ma conception mon acte était continuel.
Je peux dire qu’à tout moment Il me mettait entre les mains de mon Père céleste. C’était le plus bel hommage que son Fils puisse lui donner, la plus profonde adoration, le sacrifice le plus total et le plus héroïque, le plus intense amour de progéniture que pouvait lui donner mon plein abandon entre ses mains.
Par la voix de mon Humanité qui demandait tout, J’obtenais tout ce que Je voulais.
Mon céleste Père ne peut rien refuser à son Fils unique abandonné entre ses bras. Mon abandon de chaque instant était l’acte le plus agréable, si bien que je voulais couronner le dernier souffle de ma vie par ces mots, « Père, entre tes mains Je remets mon esprit. » L’abandon est la plus grande des vertus, c’est une promesse à Dieu de s’abandonner entre ses mains, un abandon qui dit à Dieu :
« Je ne veux rien savoir de moi-même,
- ma vie n’est pas à moi, mais à Toi, et la Tienne est à moi. »
Par conséquent,
- si tu veux tout obtenir,
- si tu veux m’aimer en vérité, vis abandonnée entre mes bras.
Laisse-moi sentir à chaque instant l’écho de ma vie. Abandonne tout entre mes mains ! Et Je te porterai dans mes bras comme la plus chère de mes filles.
(3) Après quoi je suivais tout ce que la Divine Volonté avait fait . Je les sentais bien ordonnés en moi pour que je puisse les suivre l’un après l’ autre. J’étais surprise et mon doux Jésus ajouta :
(4)Petite fille de mon Vouloir, tu dois savoir que
- celle qui fait ma Divine Volonté et vit en Elle ne peut faire moins que
- d’avoir toujours présents en elle tous les actes accomplis par ma Volonté. Elle contient tout en elle-même. Elle est toujours en acte et contient tout ce qu’elle a fait. De sorte qu’il n’est pas étonnant que dans l’âme où Elle règne ma Volonté contienne tous ses actes avec l’ordre tout entier qu’elle contenait en les créant. Et la créature peut avec facilité suivre ces actes un par un pour s’unir à eux, comme si elle voulait l’imiter. Si une créature se trouve avec ma Volonté, comment peut-elle s’abstenir de faire ce qu’elle fait et de mettre en action,
- unis à ma Volonté
son petit amour, son adoration, ses remerciements, ses attentions et ses émerveillements pour des œuvres si grandes ?
(5) Mieux encore, tu dois savoir que ma Volonté donne un cordon à l’âme qui se prête à le recevoir auquel sont accrochées toutes nos Œuvres. En le suivant, l’âme les connaît toutes. Il en est comme pour l’horloge : si quelqu’un tire le cordon, les petites roues tournent, l’horloge marque les minutes et les heures, et celui qui la possède a le privilège de connaître toutes les heures du jour.
Mais si l’on ne tire pas le cordon, l’horloge ne marque rien et c’est comme si elle n’était pas en vie. Et celui qui la possède n’a pas le privilège de connaître les heures de la journée. Nous pouvons appeler notre horloge
- l’âme qui laisse régner en elle notre Volonté. Nous lui donnons le cordon. Et elle marque les minutes et les heures de nos œuvres. Elle a le bien de connaître les heures du jour de notre Divine Volonté.
Si une âme tire le cordon, l’horloge continue son tic-tac jusqu’à la fin du cordon lui-même. Elle n’interrompt pas sa marche. De sorte que l’âme qui reçoit le cordon de ma Volonté doit la faire marcher. Et si elle veut l’arrêter, elle en est incapable. Parce que le cordon
- met en action les petites roues de son âme et
- la fait aller de l’avant dans le grand jour des heures de nos œuvres.
Par conséquent, sois attentive pour recevoir le bien de ce divin cordon si tu veux connaître les heures du Jour du Fiat suprême.
D’autant plus que si l’âme se dispose
- à faire ma Volonté et
- à la suivre, tout ce que ma Volonté a fait cherche à entrer dans cet acte Parce que son Acte étant unique, elle n’a pas d’actes détachés.
Par conséquent tout ce qu’elle a fait
- dans l’ordre de la Création, de la Rédemption,
- dans les Anges et dans les Saints, ma Volonté l’enferme dans l’œuvre de la créature qui œuvre en elle
Parce que si Elle se donne, ma Volonté ne se donne pas à moitié, mais tout entière.
Tout comme le Soleil qui se donne à la terre
- ne se donne pas à moitié,
- mais tout entier avec la plénitude de sa lumière Et il se produit des merveilles sur la face de la terre.
Ainsi ma Volonté, si la créature L’appelle pour être la Vie de ses actes, se donne avec la plénitude
- de sa Lumière,
- de sa Puissance et
- de sa Sainteté dans ses œuvres.
Si Elle n’apportait pas tout avec elle, ma Volonté entrerait dans la créature et dans ses actes comme un Roi
- sans cortège,
- sans armée et
- sans puissance créatrice, et rendrait ainsi inopérantes les merveilles que nous pouvons accomplir.
Ah ! non, non. La créature qui œuvre dans notre Volonté doit pouvoir dire : « Je prends en main le ciel. Je prends d’assaut le ciel et je le place dans mon acte. »