(1)Je faisais mes rondes dans le divin Vouloir. Je me sens comme un petit papillon qui tournoie dans sa Lumière et son ardent amour, espérant toujours que j’y resterai brûlée et consumée dans sa divine Lumière pour me sentir une seule chose avec sa Très Sainte Volonté Comme je pars du premier point de la Création, j’y trouve toujours de nouvelles surprises d’Amour qui me laissent ébahie Mon Très Haut Jésus, afin de me faire mieux comprendre, me dit :

(2)Ma fille, puisque tu aimes ton séjour dans les actes de notre Être suprême dans la Création, je me sens ravi et contraint par mon amour de te raconter l’histoire d’amour que nous avons eue dans la Création et tout ce que nous avons fait par pur amour pour les créatures, car venir dans nos actes, c’est comme entrer dans notre maison et ne rien dire de tous ces actes serait comme te renvoyer à jeun, ce que notre amour ne sait pas et ne veux pas faire.

Tu dois donc savoir que notre Fiat a étendu cette voûte azurée que notre amour a constellée d’étoiles, mettant en chacune un acte d’amour continuel pour les créatures, si bien que chaque étoile peut dire : « Ton Créateur t’aime et ne peut jamais cesser de t’aimer, et nous sommes ici sans jamais bouger afin de pouvoir te dire ‘Je t’aime, je t’aime’ » Mais notre Fiat a aussi créé le Soleil qu’il a rempli de tant de lumière afin de pouvoir éclairer toute la terre.

Et notre amour, en compétition avec le Soleil, l’a rempli d’effets innombrables : effets de douceur, variété de beautés, de couleurs, de goûts et seule la terre, parce qu’elle est touchée par cette lumière, reçoit ces admirables effets de vie.

Il redit son admirable et incessante petite chanson : je t’aime avec mon amour de douceur, je t’aime et je veux te rendre belle, je veux t’embellir de mes divines couleurs et si j’embellis les plantes pour toi, je te veux plus belle encore.

Sache que dans cette lumière, je descends vers toi pour te dire avec force que je t’aime, et je tends l’oreille pour t’entendre me dire « Je t’aime ». Je peux dire que le Soleil est rempli de mes continuels « Je t’aime ». Mais hélas ! La créature ne m’accorde aucune pensée et ne fait pas attention à notre amour manifesté de tant de façons que cela suffirait à la noyer et à la consumer d’amour. Mais nous n’arrêtons pas, notre Fiat continue.

J’ai créé le vent et notre amour le remplit de ses effets pour que la fraîcheur, les tourbillons, le sifflement, les gémissements, les fracas du vent soient des « Je t’aime » répétés que nous disons à la créature.

Dans la fraîcheur et les tourbillons, nous lui soufflons notre amour, et même dans les gémissements et les hurlements du vent nous redisons notre amour incessant.

La mer, la terre ont été créées par notre Fiat, les poissons, les plantes qu’elles produisent sont des effets de notre amour qui répète puissamment en chaque chose que je vous aime. Je vous aime en toute chose, je vous aime en vous, et mon amour est si grand, oh ! ne me refusez pas votre amour.

Et il semble pourtant que les créatures n’aient pas d’oreilles pour nous entendre ni de cœur pour nous aimer.

Par conséquent, lorsque nous trouvons une créature qui nous écoute, nous la gardons afin de pouvoir épancher notre amour avec une petite secrétaire de l’histoire de la Création.

(3)Après quoi il garda le silence et je continuai dans les actes de la Divine Volonté pour arriver à la Rédemption, et mon Jésus bien-aimé ajouta :

(4)Ma bienheureuse fille, écoute encore ma longue histoire d’amour. Je pourrais dire que c’est une interminable chaîne d’amour incessant et jamais interrompu. Après tout, j’ai créé la créature afin de l’aimer, de l’unir à Moi. Eet ne pas l’aimer serait aller contre ma Volonté, J’agirais contre ma propre nature qui est tout amour. Je l’ai créée parce que J’éprouvais le besoin d’exprimer mon amour et lui faire entendre ce doux et continuel murmure : « Je t’aime, je t’aime, je t’aime. » Tu dois savoir que dès ma Conception et durant tout le cours de ma Vie, J’ai placé Amour, Conquête et Triomphe dans tous les actes que J’ai accomplis.

Mon œuvre était très différente de celle des créatures. Il était en mon pouvoir

  • de faire ou de ne pas faire,
  • de souffrir ou de ne pas souffrir.

Mon Omniscience ne me cachait rien. J’ai d’abord mis ma Volonté dans mes actes,

  • la plénitude de sainteté,
  • la plénitude d’amour,
  • la plénitude de tous les biens.

Avec pleine connaissance, J’ai œuvré ou j’ai souffert selon ce que Moi-même Je voulais. Je suis ainsi devenu le conquérant et le triomphateur de mes actes. Mais sais-tu pour qui J’ai réalisé ces conquêtes et ces triomphes ?

Pour les créatures. Je les aimais tant et Je voulais donner. Je voulais être le Jésus conquérant, leur donner moi-même mes conquêtes et mes triomphes pour faire leur conquête. Si bien que ma Vie ici-bas n’était rien d’autre qu’un acte d’Amour continuel et héroïque pour qui les conquêtes et les triomphes ne sont jamais suffisants afin de rendre mes enfants heureux. Et j’ai fait cela pour toute chose. Je possédais la vertu de pouvoir me rendre d’une ville à l’autre sans faire usage de mes pas Mais je voulais marcher et Je courais. Je courais afin de mettre dans chacun de mes pas mon Amour. Et en chacun d’eux Je me faisais conquérant et triomphateur de mes pas. Oh ! si les créatures avaient prêté attention, elles auraient senti dans mes pas ce cri continu : « Je cours, Je cours à la recherche des créatures pour les aimer et être aimé. »

Ainsi, lorsque Je travaillais avec saint Joseph pour nous procurer les nécessités de la vie, c’est l’Amour qui courait. Ce sont des conquêtes et des triomphes que Je remportais Parce qu’un seul Fiat aurait suffi à tout mettre à ma disposition Voyant que Je me servais de mes mains pour un petit profit,

  • les cieux en étaient stupéfaits,
  • les Anges demeuraient ravis et muets de Me voir m’abaisser aux plus humbles actions de la vie. Mais mon amour y trouvait son épanchement. Il débordait dans mes actes. Et j’étais toujours le divin conquérant et triomphateur. Je n’avais pas besoin de prendre de la nourriture Mais j’en prenais par amour et pour faire de nouvelles conquêtes et de nouveaux triomphes. Je m’adonnais ainsi aux choses les plus humbles et les plus basses de la vie, ce qui n’était pas nécessaire pour Moi. Mais je l’ai fait afin de former ainsi autant de manières distinctes
  • de faire courir mon amour,
  • de former des conquêtes et des triomphes nouveaux sur mon Humanité afin de les donner à celles que J’aime tant. C’est pourquoi la créature qui ne m’aime pas forme mon plus douloureux martyre et crucifie mon Amour.

Une seule de mes larmes, un seul soupir aurait suffi pour former la Rédemption.

Mais mon amour n’aurait pas été satisfait. Étant capable de donner et de faire plus, mon Amour serait demeuré empêché en lui-même. Et il n’aurait pas pu se glorifier de dire : « J’ai tout fait, j’ai tout donné, j’ai tout souffert. Je vous ai tout donné, mes conquêtes sont surabondantes, mon triomphe est complet. » Je peux dire que J’en suis même venu à confondre l’ingratitude humaine par mon Amour, par mes Excès et des Souffrances inouïes.

C’est pourquoi J’ai mis moi-même en chaque souffrance l’intensité de la plus amère et de la plus intense douleur, les plus humiliantes confusions, la plus cruelle barbarie.

Et après avoir chargé pour Moi ces souffrances des plus douloureux effets, tels que seul un homme Dieu pourrait endurer, Je me suis présenté pour en souffrir Et, oh ! les admirables conquêtes de mes souffrances et le complet triomphe que mon amour a obtenus !

Personne n’aurait pu Me toucher si je ne l’avais pas voulu. C’est là tout le secret. Car mes souffrances étaient volontaires, voulues par Moi. Elles contiennent par conséquent

  • le secret miraculeux,
  • la force conquérante,
  • l’amour qui porte au remords

Elles possèdent la vertu

  • de balayer le monde entier et
  • de changer la face de la terre.