Mon abandon continue dans le saint Vouloir. Mais je sens ma répugnance bien vivante en tombant dans l’état des souffrances habituelles. Ces répugnances sont causées par

  • les luttes que je dois soutenir et
  • les conditions qu’ils m’imposent.

Dans l’amertume de mon âme, j’ai dit à mon Jésus : « Mon Amour, Tu veux me faire tomber dans les souffrances et même l’offense, mais je ne veux pas opposer ma volonté à la Tienne. Tu veux le faire et je le ferai. Mais de moi-même, je ne veux rien faire. »

Jésus tout attristé me dit :

Ma fille, que pourrais-Je faire de tes souffrances sans ta volonté ? Je ne pourrais rien en faire. Elles ne pourraient Me servir

  • à désarmer la Justice divine
  • ni à apaiser mon juste mépris. Car ce que la créature possède de plus beau et de plus précieux est la volonté . C’est de l’or. Et tout le reste ne représente que des choses superficielles et sans substances. Les souffrances en elles-mêmes n’ont pas de valeur.

Par contre, si le fil doré de la volonté spontanée court dans les souffrances, il a la vertu de les changer en or très pur,

  • digne de Celui qui a souffert volontairement jusqu’à mourir par Amour pour les créatures. Si Je voulais de la souffrance sans volonté,
  • elle est si répandue dans le monde que Je pourrais en prendre si J’en voulais.

Il manque à ces souffrances le fil doré de la volonté. Elles ne M’attirent pas, ne blessent pas mon Cœur. Je n’y trouve pas non plus l’écho de mes Souffrances volontaires. Elles n’ont donc pas la vertu de changer en grâces les calamités.

Les souffrances sans volonté sont vides,

  • sans plénitude de Grâce,
  • sans Beauté,
  • sans pouvoir sur mon Cœur divin.

Un quart d’heure de souffrances volontaires

  • surpasse les plus atroces souffrances du monde.

Parce que ces dernières sont d’ordre humain. Alors que les souffrances volontaires sont d’Ordre Divin.

C’est pourquoi, de la petite fille de ma Volonté, Je n’accepterais jamais ses souffrances sans la spontanéité de sa volonté.

C’est cela

  • qui t’a rendue belle et gracieuse,
  • qui a ouvert le courant des manifestations de ma Volonté Divine.

Et ceci, avec une force magnétique, M’a poussé à visiter si souvent ton âme.

Ta volonté sacrifiée volontairement par amour pour Moi

  • était mon sourire et mon amusement. Elle avait la vertu de changer en Joies mes Tristesses. Je préférerais garder pour Moi les souffrances
  • plutôt que de te faire souffrir sans l’assentiment spontané de ta volonté. Cela te dégraderait et te ferait descendre
  • dans les profondeurs de la volonté humaine, perdant alors le noble titre et la précieuse caractéristique de fille de ma Volonté !

L’acte forcé n’existe pas dans ma Volonté. Personne ne L’a forcée à créer le ciel, le soleil, la terre, l’homme lui-même. Elle a tout fait volontairement, sans que personne ne Lui dise rien,

  • par Amour pour les créatures. Pourtant ma Volonté savait qu’Elle aurait à souffrir pour leur cause. C’est pourquoi Je ne veux forcer personne à vivre dans ma Volonté.

Etre forcé appartient à la nature humaine. La force est impuissance,

  • elle est mutabilité,
  • elle est le vrai caractère de la volonté humaine.

Par conséquent, sois attentive, ma chère fille.

  • ne changeons rien et
  • ne cause pas ce chagrin à mon Cœur déjà si affligé.

Noyée dans mon amertume, je Lui dis : « Mon Jésus, et pourtant ceux qui sont au-dessus de moi me disent :

‘Comment cela est-il possible ? Pour quatre ou cinq personnes qui ont voulu faire le mal, Il enverrait tant de châtiments ? Notre Seigneur est raisonnable. C’est parce que les péchés sont nombreux qu’il y a toutes ces calamités’. Et il y a beaucoup d’autres choses qu’ils disent et que Tu connais. »

Et Jésus, toute Bonté, répondit : Ma fille, comme ils se trompent ! Ce n’est pas pour le péché de quatre ou cinq

  • qu’avec tant de perfidie ils en sont venus même aux calomnies, ceux-là seront punis individuellement.

Mais c’est pour le soutien qu’ils M’ont enlevé.

Tes souffrances Me servent de soutien. Si ce soutien M’est enlevé, ma Justice ne trouve personne pour La soutenir.

Restant sans soutien, Elle a fait pleuvoir,

  • durant le temps où tu as été libérée de tes souffrances habituelles, une pluie continuelle de terribles calamités. S’il y avait eu ce soutien, même si les calamités devaient arriver,
  • il y en aurait eu le dixième ou le cinquième.

D’autant plus

  • que ce soutien était formé de souffrances volontaires voulues par Moi et
  • que dans les souffrances volontaires, il entre une Force divine. Telle que Je pouvais dire que Je me faisais Moi-même
  • un soutien dans tes souffrances pour soutenir ma Justice.

Sans tes souffrances, il Me manque la matière pour former le soutien Et ma Justice reste libre de faire ce qu’Elle veut.

Cela devrait leur faire comprendre le grand Bien que J’ai fait

  • à tous et au monde entier en te gardant durant tant d’années dans un état de souffrances volontaires.

Par conséquent, si tu ne veux pas que ma Justice continue à ébranler la terre,

  • ne Me refuse pas tes souffrances volontaires. Moi Je t’aiderai. N’aie pas peur. Laisse-Moi faire.

Après quoi je m’abandonnais tout entière au Divin Fiat avec la crainte

  • de pouvoir refuser quelque chose à Jésus et
  • de manquer de faire toujours la Volonté Divine. Cette crainte déchire mon âme et me trouble. Ce n’est qu’en la présence de Jésus que je retrouve la paix.

Mais si je Le perds de vue, je retombe dans la tempête des craintes, des peurs et des répugnances.

Pour me réconforter, mon doux Jésus ajouta :

Ma chère fille, courage, relève-toi, ne t’accable pas. Veux-tu savoir comment la Lumière de ma Volonté Divine se forme dans ton âme ?

Les désirs répétés sont comme autant de souffles. En soufflant sur ton âme, ils appellent

  • les petites flammes,
  • les petites gouttes de Lumière qui s’enflamment en toi.

Plus les désirs sont intenses,

  • plus il y a de souffles pour nourrir et intensifier la petite flamme. Si le souffle cesse, la petite flamme risque de s’éteindre.

Ainsi, pour former et allumer la petite flamme,

  • il faut avoir ces désirs véritables et incessants.

Pour que la lumière grandisse et se développe,

  • il faut l’Amour que contient le germe de la Lumière. Tu soufflerais en vain avec tes désirs
  • si le matériel inflammable manquait à tes souffles répétés.

Mais qui met en sûreté cette petite flamme

  • de façon à la rendre impérissable,
  • sans risque de s’éteindre ?

Les actes accomplis dans ma Volonté Divine .

Ils prennent le matériau enflammé de la petite flamme de notre Lumière éternelle,

  • qui n’est pas sujette à s’éteindre. Ils le maintiennent toujours vivant et toujours grandissant. Et la volonté humaine est éclipsée et aveuglée devant cette Lumière. Aveugle, elle ne se sent plus le droit d’agir et laisse la pauvre créature en paix.

Par conséquent, n’aie pas peur, Je vais t’aider à souffler. Nous soufflerons ensemble. La petite flamme deviendra plus belle et plus brillante.