Je me retrouve de nouveau dans le cauchemar de mes souffrances habituelles. Après un mois de répit où mon doux Jésus ne m’immobilisait plus,
- je reviens au point de départ. Pendant cette période c’était comme si je m’étais vidée de toutes mes peines. Puisque mon doux Jésus ne me maintenait plus raide ni immobile.
Avant, dans mon état de souffrances, la vie paraissait vouloir me quitter. Tellement elle était étouffée. Je n’avais plus la moindre maîtrise de moi-même. J’attendais avec une patience que seul Jésus seul pouvait me donner, le confesseur. Il devait m’ appeler à l’obéissance
- et me redonner le mouvement
- et me faire sortir de l’abîme où je me trouvais.
Ainsi je me sentais libre. Bien que j’aime partager les souffrances de Jésus, ma nature triomphait. D’autant plus que je n’avais plus besoin de personne. C’est pourquoi me retrouvant à nouveau liée et entravée dans l’abîme comme avant, ma pauvre nature éprouve une telle répugnance.
Si mon doux Jésus
- ne vient pas à mon aide,
- ne me renforce pas,
- ne m’attire pas avec des grâces particulières, je ne sais pas ce que je pourrais faire pour ne pas retomber dans cet état de souffrances.
Ah ! mon Jésus, aide-moi ! Toi qui m’as soutenue durant tant d’années de peines intenses ! Oh ! si Tu veux que je continue,
- sois mon Appui et
- use de ta Miséricorde envers cette pauvre pécheresse afin que Je ne m’oppose pas à ta très sainte Volonté !
Je me trouvais ainsi entre les répugnances et les craintes
- de me retrouver dans mes souffrances habituelles.
Alors mon adorable Jésus se montrant profondément peiné, me dit :
Ma fille, qu’est-ce qu’il y a ? Tu ne veux plus souffrir avec Moi ? Tu veux Me laisser seul ? Tu veux M’enlever les droits que tu M’as accordés si souvent
- de pouvoir faire de toi ce que Je veux ?
Ma fille, ne Me cause pas ce chagrin, abandonne-toi entre mes bras et laisse-Moi faire ce que Je veux.
Et moi : « Mon Amour, pardon, Tu sais les combats que je mène et dans quelles profondes humiliations j’ai été jetée. Si les choses étaient restées comme avant, T’avais-je jamais rien refusé ?
Pense, par conséquent, mon Jésus
- à ce que Tu fais et
- dans quel labyrinthe Tu me jettes si Tu me fais retomber dans mes souffrances habituelles.
Si je Te dis Fiat, c’est avec force que je Te le dis, mais je me sens mourir. Jésus, Jésus, aide-moi ! »
« Ma chère fille, n’aie pas peur,
- l’humiliation est porteuse de gloire,
- le mépris des créatures amène l’Appréciation divine et
- l’abandon à leur mépris rappelle la fidèle compagnie de ton Jésus.
Aussi, laisse-Moi faire. Si tu savais à quel point la Justice est armée,
- tu ne t’y opposerais pas et
- tu Me prierais plutôt de te faire souffrir pour épargner en partie tes frères. D’autres régions seront dévastées et la misère est aux portes des cités et des nations.
Mon Cœur ressent une telle tendresse en voyant
- l’état de désolation et de bouleversement auquel se réduit la terre. Ma Tendresse si sensible pour les créatures devient offensée
- par la dureté du cœur humain.
Oh ! combien M’est intolérable la dureté du cœur humain ! D’autant plus que le Mien est toute Tendresse et Bonté envers eux.
Un cœur dur est capable de tous les maux Il en arrive à se moquer de la souffrance des autres. Il transforme la Tendresse de mon Cœur pour lui
- en souffrances et en blessures profondes.
La plus belle prérogative de mon Cœur est la Tendresse. Les Fibres, les Affections, les Désirs, l’Amour, les Battements de mon Cœur ont tous pour origine la Tendresse.
Si bien que
- mes Fibres sont tendres,
- mes Affections et mes Désirs sont des plus tendres,
- mon Amour et mes Battements de Cœur sont si tendres que mon Cœur se liquéfie de Tendresse.
Ce tendre Amour Me fait tant aimer les créatures que Je suis heureux de souffrir Moi-même plutôt que de les voir souffrir.
Un Amour qui n’est pas tendre est
- comme un aliment sans assaisonnement,
- comme une beauté vieillie qui ne sait pas comment attirer quelqu’un pour se faire aimer,
- comme une fleur sans parfum, un fruit aride et sans saveur.
Un amour dur et sans tendresse est inacceptable. Il n’a pas la vertu de se faire aimer par qui que ce soit Aussi mon Cœur souffre-t-il tellement en voyant la dureté des créatures, qu’elles en arrivent à changer mes Grâces en calamités.
Tout à coup, je me suis sentie emportée par une Force Suprême
- à laquelle je ne pouvais pas résister.
Malgré ma grande répugnance, je me suis abandonnée à la Volonté Divine, mon seul refuge.
Et Jésus, pour me donner la Force, s’est fait voir un bref instant. Il me dit :
Ma fille,
en créant l’homme, notre Divinité extériorisa :
- Sainteté, Amour, Bonté, Beauté, et ainsi de suite.
Elles allaient permettre à la créature
- de devenir sainte, bonne,
- d’avoir d’échanges d’amour avec Nous.
Or nos Biens n’ont pas été pris entièrement par l’homme et ils attendent que quelqu’un vienne les prendre. Alors, viens dans nos Biens, viens prendre les miettes de la Sainteté, de l’Amour, de la Bonté, de la Beauté, de la Fermeté.
Je parle de miettes par rapport à ce que tu laisseras derrière toi. Car nos Biens sont immenses. Ce que la créature peut prendre est comparable à des miettes,
- bien qu’elle en soit comblée jusqu’à en déborder.
Notre Amour est alors heureux de voir la créature bien-aimée,
- au sein de nos Biens, remplie jusqu’à ras bord. Ces miettes qu’elle prend à notre table céleste,
- sont autant de Mets divins, différents, les uns que les autres, dont elle se nourrit. Lorsqu’elle Nous donne ses actes, alimentés de Miettes divines, qui possèdent la Sainteté, la Bonté, la Fermeté, l’Amour et une grande Beauté, Nous reconnaissons tout de suite en eux notre Nourriture divine. Oh !, comme Nous sommes heureux de recevoir ces Actes empreints de divin. Nous sentons nos Parfums, Nous touchons notre Sainteté et notre Bonté, et Nous nous sentons récompensés pour les Miettes que Nous lui avons données.