Les privations de Jésus deviennent plus longues. Lorsque je me vois sans lui, je ne fais que languir après le Ciel.

Oh ! Ciel, quand m’ouvriras-tu tes portes ? Quand auras-tu pitié de moi ? Quand ramèneras-tu la petite exilée dans sa Patrie ? Ah ! Oui ! C’est alors seulement que mon Jésus ne me manquera plus !

Ici, lorsqu’Il se fait voir, alors que l’on croit le posséder, Il s’échappe comme l’éclair. Et il faut être longtemps sans Lui. Sans Jésus tout devient tristesse.

Même les choses les plus saintes, les prières, les Sacrements, sans Lui,

  • sont des martyres.

Je me disais alors : « À quoi bon Jésus me permet-Il de venir près de son tabernacle d’Amour, si c’est pour garder le silence ? » Il me semble plutôt

  • qu’Il demeure mieux caché,
  • qu’Il ne me donne plus ses leçons sur le divin Fiat. Il me semblait qu’Il avait son pupitre au plus profond de moi et qu’Il avait toujours quelque chose à me dire.

Et maintenant, je n’entends rien qu’un profond silence. Je n’entends en moi que le murmure continuel de la Mer de Lumière de la Volonté Éternelle. Elle murmure toujours Amour, Adoration, Gloire. Elle embrasse toute chose et chacun.

Alors que je pensais cela, mon doux Jésus s’est fait voir en moi,

  • juste un moment.

Il m’a dit : Ma fille, courage ! C’est Moi qui,

  • dans la profondeur de ton âme fait se mouvoir les vagues de la Mer de Lumière de ma Volonté Divine.

Toujours, toujours Je murmure afin d’arracher à mon Père Céleste le Royaume de ma Volonté sur la terre. Tu ne fais rien d’autre que Me suivre Si tu ne Me suivais pas, Je le ferais tout seul.

Mais tu ne feras pas cela. Tu ne me laisseras pas seul parce que mon Fiat Lui-même te garde plongée en Lui.

Ah ! ne sais-tu pas que tu es le Tabernacle de ma Volonté Divine ? Combien d’Œuvres n’ai-Je pas accomplies en toi. Combien de Grâces ne t’ai-Je pas accordées pour Me former ce tabernacle ? Un tabernacle – Je pourrais dire – unique au monde.

En fait, pour ce qui est des Tabernacles eucharistiques, J’en ai en grand nombre. Mais dans ce tabernacle de mon divin Fiat,

  • Je ne me sens pas prisonnier,
  • Je possède l’espace infini de ma Volonté,
  • Je ne me sens pas seul,
  • J’ai quelqu’un pour Me tenir compagnie éternelle, et
  • tantôt J’agis en enseignant et Je te donne mes Leçons célestes,
  • tantôt J’ai mes déversements d’Amour et de Peine, et
  • tantôt Je célèbre, au point de M’amuser avec toi.

Alors, si Je prie, si Je souffre, si Je pleure et si Je célèbre, Je ne suis jamais seul, J’ai la petite fille de ma Volonté Divine qui est avec Moi.

J’ai alors le grand honneur et la conquête la plus magnifique, celle que J’aime le plus, qui est :

une volonté humaine

  • entièrement sacrifiée pour Moi, et
  • comme le tabouret de ma Volonté Divine.

Je pourrais l’appeler mon Tabernacle favori en qui Je me complais tellement que Je ne l’échangerais pas pour les Tabernacles eucharistiques.

Car en eux, Je suis seul, et l’Hostie ne Me donne pas une Volonté Divine telle que Je la trouve en toi . De telle sorte que lorsqu’Elle se déplace, Je l’ai en moi et Je la trouve aussi en toi.

D’autre part, l’Hostie n’est pas capable de La posséder. Et elle ne m’accompagne pas dans mes Actes. Je suis toujours seul. Tout est froid autour de Moi.

Le tabernacle, le ciboire, l’Hostie sont sans vie, et par conséquent sans compagnie.

C’est pourquoi Je trouve tant de délices

  • à garder, près de mon Tabernacle eucharistique, celui de ma Volonté Divine formé en toi.

Ainsi, simplement en te regardant , tu brises ma solitude. Et J’éprouve les Joies pures

  • que peut Me donner la créature qui laisse régner en elle ma Volonté Divine.

C’est pourquoi tous mes Desseins, mes Soins et mes Intérêts sont

  • de faire connaître ma Volonté Divine et
  • de La faire régner parmi les créatures. Chaque créature sera alors pour Moi un tabernacle vivant – non pas muet, mais parlant.

Je ne serai plus seul, mais J’aurai ma compagnie éternelle. Avec ma Volonté Divine dédoublée en elles,

  • J’aurai ma compagnie divine dans la créature.
  • J’aurai ainsi mon Ciel en chacune d’elles. Parce que le tabernacle de ma Volonté Divine possède mon Ciel sur terre.