Je continue mon abandon dans la Volonté Divine avec la torture presque continuelle de la privation de mon doux Jésus. Oh ! Mon Dieu ! Quelle terrible souffrance ! Oh ! combien je pleure mon passé, son doux sourire, ses baisers affectueux, la douceur de sa voix, sa beauté ravissante et enchanteresse, ses chastes étreintes, les tendres palpitations de son Cœur qui faisaient palpiter le mien avec tant d’amour, qui me divinisait et transformait sa Vie en moi !

Chaque Acte de Jésus, chaque Parole et chaque Regard était un Paradis de plus qu’Il formait dans sa petite fille. Et maintenant, leurs souvenirs sont des blessures, des dards acérés, des flèches brûlantes de douleurs intenses, de martyres et de morts continuelles.

Mais ce n’est pas là toute ma souffrance. Peut-être ma douleur aurait-elle pu être pour moi une consolation si elle m’avait dit clairement que mon amour pour

Celui que j’aimais et qui m’avait tant aimée était la cause de ma torture.

Mais même cela ne m’était pas accordé, car alors même

  • que les blessures se mettent à saigner,
  • que les dards sont lancés et
  • que les flèches me brûlent, la Lumière de la Volonté Divine s’écoule en tout cela.

Et, éclipsant toute la force de mon douloureux martyre, Elle fait couler en mon âme

  • la Paix,
  • le Bonheur et
  • une Rosée bienfaisante.

Ainsi, je ne peux même pas avoir le bien de souffrir pour une si grande perte. Oh ! si je pouvais pleurer comme autrefois, je crois que mon très grand Bien, Jésus, ne tarderait pas à revenir !

Mais cela n’est pas en mon pouvoir. Je suis au pouvoir du divin Fiat

  • qui ne laisse aucun vide en moi et
  • qui veut régner même sur ma douleur de la privation de Jésus.

Je nageais ainsi dans les deux mers,

  • la souffrance d’être privée de Jésus et
  • la mer de Lumière de la Volonté Divine L’une semblait se fusionner dans l’autre.

Je poursuivis ma ronde et je m’arrêtai à la création de l’homme. Mon doux Jésus, se manifestant en moi, me dit :

Ma fille, en créant l’homme, notre Divinité a tout centralisé en lui, comme si Nous n’avions rien fait dans le reste de la Création.

Nous avons tout mis de côté pour ne Nous occuper que de lui. Notre Amour touchait à l’excès. Nous le regardions sans cesse pour voir

  • s’il était beau,
  • si notre Beauté transparaissait en lui. Notre Être divin descendait sur lui en pluie torrentielle.

Et sais-tu ce qui pleuvait :

  • Sainteté,

  • Lumière,

  • Sagesse,

  • Grâce,

  • Amour,

  • Beauté et

  • Force.

Et tandis que Nous déversions cette pluie, Nos Regards étaient fixés sur l’homme pour voir si toutes nos Qualités étaient bien centralisées en lui, afin que rien ne lui manquât pour aimer et être aimé.

Sa Beauté nous ravissait, son Amour nous enveloppait. Toutes nos Qualités placées en lui résonnaient dans notre Être divin

  • pour Nous lier et
  • pour Nous amener vers lui.

Quel moment solennel et inoubliable !

Quel transfer d’Amour dans la création de l’homme !

Toutes nos Qualités divines débordaient et célébraient sa création.

En couronnement de notre Fête, de notre Joie et de notre Bonheur, poussés par notre Amour,

  • Nous lui avons fait don de toutes choses,
  • le constituant roi de tout le créé,

afin de pouvoir Nous dire à Nous-mêmes comme à lui :

« Nous sommes Rois et Maîtres, roi et maître est l’œuvre de nos Mains, le cher fils, né de l’effusion de notre Amour. »

Il aurait été pour Nous inconvenant et contre toute bienséance

  • de faire de notre fils un serviteur,
  • différent de Nous en Ressemblance et en Règne.

Ne serait-il pas inconvenant et indigne pour un roi

  • de faire de son fils un vil serviteur,
  • de l’installer ailleurs que dans royal palais, dans une pauvre hutte ?

Ce roi mériterait le blâme de tout le monde. Et il serait considéré non comme un roi, mais comme un tyran.

Bien plus, notre Naissance sortait des profondeurs de notre Amour divin.

Et Nous voulions par conséquent

  • le décorum et le sceau de la Royauté dans notre Œuvre.

Or notre Amour fut brisé par l’homme. En se retirant de notre Volonté Divine , c’est lui-même qui enleva le sceau de Royauté et le Vêtement royal.

Mais de notre Côté,

  • rien n’avait changé et
  • Nous persistions dans notre Volonté de faire de l’œuvre de nos Mains un enfant roi, non un serviteur.

C’est pourquoi, dans toute l’histoire de la Création, nous revenons

  • à l’assaut et
  • à l’accomplissement de notre Volonté.

Nous appelons une créature de cette descendance. Mettant toute chose de côté comme si rien d’autre n’existait, Nous renouvelons la solennité de la création du premier homme.

L’enthousiasme de notre Amour

  • forme les vagues les plus hautes, et
  • ne Nous fait voir que l’Amour.

Et plaçant cette créature dans ces vagues,

  • bien que notre omniscience voie tout, Nous mettons tout de côté et Nous renouvelons avec cette créature le grand prodige du premier Acte de Création.

C’est ce que Nous avons fait avec la Reine souveraine. Et n’ayant pas brisé notre Amour et gardant la Vie de notre Volonté Divine, elle détient le titre de Reine. Oh ! combien notre Amour se réjouit de voir en elle la première Reine de l’œuvre de nos Mains créatrices !

Mais notre Amour ne se contentait pas de n’avoir qu’une seule Reine. Et ce n’était pas non plus notre Volonté dans la Création.

C’est pourquoi notre Amour déborda avec force. Laissant sortir les vagues qui sont en Lui, Il appelle Luisa.

  • Il centralise en elle toute l’œuvre de la Création,
  • Il fait pleuvoir sur elle une pluie torrentielle,
  • Il la recouvre de ses Qualités divines, afin
  • d’avoir une seconde fille Reine pour former la fondation du Royaume de notre Volonté, et
  • de pouvoir faire ainsi de la succession de nos enfants des reines et des rois.

C’est pourquoi Je mets tout de côté pour opérer en toi le premier acte de Création.

Mon Amour forme pour Moi l’enchantement. Alors que Je regarde les autres,

  • Il fait que Je garde les yeux fixés sur toi et
  • Il fait pleuvoir sur toi tout ce qui est nécessaire pour former en toi le Royaume de ma Volonté Divine.

J’agis comme un père qui,

  • ayant placé d’autres fils en mariage et en ayant un autre à marier, ne pense pas à ceux d’avant ni à ceux qui viendront après mais,
  • mettant tous les autres de côté, il ne pense qu’à celui qu’il est sur le point d’établir en mariage.

Et si le fils est bon, et que celle qu’il a choisie est digne de lui, le père ne regarde pas à la dépense. Il le dote de grandes richesses, lui prépare une demeure luxueuse. En somme, il fait montre de tout son amour paternel.

C’est ce que Je fais lorsqu’il s’agit

  • de réaliser le Dessein de la Création, qui est le Royaume de ma Volonté Divine parmi les créatures.

Je ne m’épargne rien pour celle que J’appelle en premier. Je centralise tout en elle,

  • sachant que tout reviendra en héritage à ceux qui lui succéderont.