Mon pauvre état est plus douloureux en raison de la privation de mon doux Jésus. Le cher et tendre espoir de trouver ma Vie ressemble à un dur martyre et à la mort. La peine de l’avoir perdu me paralyse, me pétrifie et répand sur mon âme une rosée douloureuse.

Exposée aux rayons d’une douleur cuisante, cette rosée,

  • au lieu de me donner la Vie, semble me vider de mes fluides vitaux.

C’est comme la gelée sur les plantes, elle ne me fait pas mourir, mais elle me flétrit et m’enlève ce qu’il y a de plus beau dans ma vie.

Oh ! combien la mort serait douce en comparaison ! Ce serait pour moi la plus belle fête, car je retrouverais Celui que j’aime et qui peut guérir toutes mes blessures. Oh ! privation de mon plus grand Bien, Jésus,

  • comme Tu es douloureuse et sans pitié !

C’est ainsi que dans l’adorable Volonté, je demande à tous de pleurer mon sort douloureux.

  • Je demande au ciel avec son immensité de pleurer Celui que j’attends.
  • Je demande aux étoiles qui scintillent de pleurer avec moi jusqu’à ce que leurs larmes amènent Jésus vers moi et que je cesse de souffrir.
  • Je demande au soleil de convertir ses rayons en larmes et sa chaleur en flèches brûlantes pour assaillir Jésus et Lui dire : « Dépêche-toi, ne vois-Tu pas qu’elle n’en peut plus et que Nous versons tous des larmes pour celle qui t’aime tant, et comme sa volonté est ‘une’ avec la nôtre, nous sommes contraints de pleurer avec elle. »
  • Je demande à toute la Création de dire sa tristesse et de pleurer avec moi.

Qui ne serait pas en pleurs devant une douleur aussi grande et incalculable que celle de ta privation ?

  • Oh ! comme je voudrais pouvoir t’assourdir en convertissant l’éclair argenté des poissons et les murmures de la mer en voix douloureuses ! Afin de t’émouvoir, je voudrais changer en soupirs les chants des oiseaux.

Jésus ! Jésus ! combien Tu me fais souffrir ! Oh ! combien me coûte ton amour !

Mais alors que j’épanchais ma peine, ma douce Vie se manifesta en moi. Il me dit :

Ma fille, Je suis ici, n’aie pas peur. Si tu savais combien J’ai mal en te voyant souffrir à cause de Moi !

Tes souffrances me sont plus pénibles

  • que toutes celles des créatures réunies.

Car elles sont celles de notre fille, qui est membre de notre Famille céleste,. Je les ressens plus que si elles étaient Miennes.

Lorsque notre Volonté est dans la créature, tout devient commun et inséparable de Nous.

Luisa : Je souffrais pendant que j’entendais cela. Et je Lui dis que si c’était vrai en paroles, ça ne me paraissait pas vrai en réalité. « Comment se fait-il

  • que Tu me tortures en me faisant attendre ton retour, et
  • que ton absence est si longue que je ne sais plus que faire ni vers qui me tourner ?

Tu me rends incapable de te trouver même dans ta Volonté. Car elle est si vaste, que Tu te caches dans son Immensité et je perds la trace de tes Pas. Alors, ce sont de bien belles paroles, mais où sont les faits ?

Si tu as souffert à cause de mes souffrances, Tu devrais le prouver en ayant la Bonté de revenir vers celle qui ne connaît pas d’autre amour ni d’autre Vie que Toi. »

Et Jésus, touché, me pressa contre Lui et dit :

Ma pauvre fille, courage. Tu ne sais pas tout ce que signifie vivre dans ma Volonté.

Elle possède l’équilibre parfait. Tous ses Attributs sont en plein accord. Aucun n’est inférieur à l’autre.

Lorsqu’il est nécessaire de punir le peuple à cause de ses nombreux péchés,

  • ma Justice exige ces absences où tu es privée de Moi afin qu’Elle puisse s’équilibrer en envoyant les fléaux qu’ils méritent.

Ma Justice te met ainsi à part dans ma Vie. Elle suit son cours dans ma Volonté.

Combien de fois mon Humanité gémissante n’a-t-Elle pas rencontré ma Justice avec ces obstacles, et il m’a cependant fallu céder par Amour pour l’équilibre de ma Volonté !

Voudrais-tu être dans ma Volonté en rompant l’équilibre de mes Attributs ? Non, non, ma fille. Laisse ma Justice suivre son cours et ton Jésus sera avec toi comme avant.

Ne savais-tu pas que dans ma Volonté, tu dois faire l’expérience

  • de ce que mon Humanité a subi, et qui était si exigeant et inexorable à cause de la Rédemption ?

De la même manière, pour toi aussi ma Justice est exigeante et inexorable à cause du Royaume du Divin Fiat.

Mon Humanité est cachée parce que ma Justice veut suivre son cours et maintenir son équilibre.

Mon bien-aimé Jésus se tut. Puis Il reprit : Ma fille, dans la Création, ma Volonté a créé des liens entre les choses de telle sorte que tout était relié ensemble.

Chaque chose créée possédait un moyen de communication avec une autre. L’homme possédait autant de moyens de communication qu’il y avait de choses créées. Car étant le roi de tout, il était juste et nécessaire qu’il soit en communication avec toute la Création, pour y régner.

Lorsqu’il s’est retiré de la Volonté Divine ,

  • il a perdu même le premier moyen de communication.

C’est comme une ville dont la ligne principale d’alimentation électrique est brisée. Aucune autre ligne n’est alimentée et la ville est dans l’obscurité. Et même si les fils électriques sont toujours là,

  • ils n’ont pas la vertu de fournir de la lumière à toute la ville parce que la source d’où provenait la lumière est dans l’obscurité.

Adam est ainsi devenu une ville dans la noirceur. Les liens de communication ne fonctionnaient plus. La source de lumière s’était retirée de lui

  • parce qu’il avait lui-même rompu les communications et
  • il s’est retrouvé comme un roi détrôné et sans royaume.

Il ne régnait plus. Chaque lumière de la ville s’est éteinte Il s’est retrouvé enveloppé par les ténèbres de sa propre volonté.

Lorsqu’une âme possède ma Volonté, elle représente une ville

  • pleine de lumière et
  • capable de communiquer avec toutes les parties du monde. Ses communications s’étendent même jusqu’à la mer, au soleil, aux étoiles et jusqu’au Ciel tout entier.

Des demandes lui parviennent de toutes les parties du monde. Comme elle est la plus riche,

  • elle peut tout procurer grâce à ses moyens de communication et
  • elle est connue du Ciel et de la terre. Tous se tendent vers cette âme et elle est la plus aimée.

C’est tout le contraire pour celui qui ne vit pas dans ma Volonté :

  • son existence est dure,
  • il souffre de la faim, ne reçoit quelques miettes que par pitié
  • ses ennemis le pillent souvent. Il souffre de cette obscurité et vit dans la plus extrême pauvreté.

Je me sentais oppressée à cause de la privation de mon doux Jésus. A cela venait s’ajouter d’autres souffrances. J’offrais tout à l’adorable Volonté pour obtenir le triomphe de son Règne. Tout en faisant cela, je regardais le ciel que parcouraient des nuages blancs et lumineux. Mon doux Jésus se manifestant en moi me dit :

Ma fille, regarde comme ces nuages sont beaux, vois comme ils recouvrent le ciel et forment un magnifique ornement

  • sur le bleu de la voûte. Mais qui a changé leur grisaille et a chassé leur obscurité
  • pour les transformer en nuages blancs et resplendissants ?

Le soleil, - en les revêtant de sa lumière, leur a fait perdre leur noirceur pour les transformer en nuages de lumière. Oui, ce sont toujours des nuages, mais ils ne sont plus sombres et ils éclairent la terre.

Avant d’être revêtus par le soleil, ils semblaient enlaidir les cieux par leur obscurité

  • en masquant la beauté d’un ciel d’azur. Maintenant ils l’honorent et constituent son plus bel ornement.

Ma fille,

  • les souffrances,
  • les mortifications,
  • mes privations et
  • les circonstances pénibles sont autant de nuages qui assombrissent l’âme.

Mais si l’âme laisse tout cela couler dans ma Volonté, mieux qu’un soleil, Elle

  • revêtira l’âme et
  • convertira ces sombres nuées en nuages de Lumière resplendissante, de telle sorte qu’ils deviendront le plus bel ornement du Ciel de cette âme.

Dans ma Volonté, toute chose perd cette obscurité

  • qui oppresse et
  • semble se jouer de la pauvre créature. Tout concourt alors à l’éclairer et à l’orner d’une resplendissante Beauté.

Je vais alors redire au Ciel tout entier :

« Comme elle est belle la fille de ma Volonté,

  • toute parée de ces blancs et brillants nuages ! Elle est nourrie de Lumière. Ma Volonté la revêt de ma Lumière qui convertit la sienne en une resplendissante clarté. »