Poursuivant dans mon état habituel d’abandon dans mon adorable Fiat suprême, je soupirais après Jésus, mon très grand Bien.
Dans cette lumière infinie du Vouloir éternel dont les frontières sont invisibles – sans commencement ni fin – j’étais tous yeux pour voir si je pouvais apercevoir Celui que j’attendais avec tant d’impatience.
Et Jésus, pour calmer mon agitation, sortit de moi. J_e Lui dis_ :
« Mon Amour, comme Tu me fais lutter et soupirer pour ton Amour. Tu attends vraiment le moment où je n’en peux plus. Ce qui montre clairement que Tu ne m’aimes plus comme avant.
Pourtant, Tu m’as dit
- que Tu m’aimeras de plus en plus,
- que Tu seras toujours avec moi. Maintenant tu me laisses parfois même durant un jour entier
- en proie à ma souffrance et
- sous la pression de ta privation, seule et abandonnée.
Jésus m’interrompit et Il me dit : Ma fille, courage, ne désespère pas. Je ne te quitte pas. Et c’est si vrai que c’est toujours de l’intérieur de toi que Je viens
- pour passer un peu de temps avec toi . Si tu ne me vois pas toujours, c’est pour te permettre de suivre l’Acte unique de ma Volonté qui contient tous les actes ensemble.
Ne vois-tu pas que la Lumière de mon Vouloir Suprême s’écoule
- de ton cœur, de ta bouche, de tes yeux,
- de tes mains et de tes pieds
- de ton être tout entier ?
Mon Vouloir m’éclipse en toi et tu ne Me vois pas toujours. Parce que, étant infini
- ce que n’est pas mon Humanité Il a la Puissance de M’éclipser. J’aime cette éclipse de mon Vouloir Suprême.
De l’intérieur de toi, Je vois ton envol, tes actes dans le divin Fiat. Si Je Me faisais toujours voir pour passer du temps avec Moi
- pour jouir de ma douce et aimable Présence, tu ne t’occuperais que de mon Humanité
Nous échangerions notre Amour. Tu n’aurais pas le cœur de Me quitter pour suivre le vol de ma Volonté
- dans la Création et
- dans les actes mêmes que mon Humanité a accomplis dans la Rédemption.
Par conséquent,
- pour te permettre d’accomplir la mission qui t’a été confiée,
- pour te rendre plus libre, Je reste caché en toi pour suivre tes actes dans le Fiat éternel.
As-tu oublié que c’est ce que J’ai dit à mes Apôtres eux-mêmes
- qu’il était nécessaire qu’ils se détachent de mon Humanité qu’ils aimaient tant et ne pouvaient pas quitter ?
Cela est si vrai que tant que J’ai vécu sur terre, ils ne M’ont pas quitté
- pour parcourir le monde,
- prêcher l’Évangile et
- faire connaître ma Venue sur la terre.
Mais après mon départ pour le Ciel, investis de l’Esprit divin, ils reçurent cette Force
- de quitter la région pour faire connaître les Biens de la Rédemption et
- même pour offrir leur vie par amour pour Moi.
Ainsi, mon Humanité aurait été un obstacle à la mission de mes Apôtres. Je ne dis pas que c’est ce qui se passe avec toi.
Parce qu’entre toi et Moi, il n’y a pas cet obstacle.
En fait, un obstacle survient lorsque deux êtres sont séparables. Mais lorsqu’ils se sont tellement identifiés l’un à l’autre,
- que l’un vit dans l’autre, l’obstacle disparaît, parce que partout où l’un peut aller,
- l’autre se trouve également.
Aussi, comme ils sont ensemble,
- l’une peut aller sans effort partout où elle veut puisque le bien-aimé est en elle et la suit partout.
Je dis simplement
- que l’éclipse survient souvent à cause de la Lumière forte de ma Volonté qui,
- en te dominant toi et mon Humanité en toi, Elle nous éclipse et nous fait suivre ses Actes.
Cela ne veut pas dire
- que Je ne t’aime plus comme avant et
- que Je peux être sans toi – pas du tout.
Au contraire, ma Volonté te donne l’Amour éternel et total de ton Jésus. En se plaçant autour de Moi comme un mur avec sa Lumière, Elle ne permet pas, même pour un seul instant,
- que Je puisse M’éloigner de toi.
Sais-tu ce qui crée une distance entre Dieu et l’âme ? La volonté humaine !
Chacun de ses actes est un pas de distance entre le Créateur et la créature. Plus la volonté humaine opère,
- plus l’âme s’éloigne de Celui qui l’a créée
Elle le perd de vue, elle déchoit de son Origine. Elle brise tous les liens avec la céleste Famille.
Imagine qu’un rayon de soleil puisse se détacher du centre de sa sphère :
En s’éloignant du soleil, il se sent disperser la lumière et s’écarter au point de perdre complètement de vue le soleil. Ce rayon disperse toute sa lumière et devient ténèbres. Converti en ténèbres,
- ce rayon sent en lui un mouvement de vie,
- mais il n’est plus capable de donner la lumière, car il n’en possède plus.
Par conséquent
- son mouvement, sa vie, ne peuvent que répandre une profonde obscurité.
Telles sont les créatures : des rayons de lumière sortis de la sphère du Soleil de la Divinité. En s’éloignant de la Volonté, ils se vident de Lumière.
Parce qu’il appartient à ma Volonté de préserver la lumière de ces rayons. Et ils se transforment alors en ténèbres. Oh ! si tous savaient ce que signifie ne pas faire ma Volonté !
Oh ! Comme ils prendraient soin
- de ne pas laisser le poison de la volonté humaine, destructeur de tout bien, entrer en eux.
Après quoi, je suivis mon Jésus dans sa Passion, dans sa douloureuse prison.
Il était attaché à une colonne d’une façon barbare : Il ne pouvait se tenir debout, ayant les jambes pendantes et incurvées, ficelées à cette colonne, il oscillait de gauche à droite.
J’entourais ses genoux pour le maintenir en place. Je replaçai ses cheveux ébouriffés qui couvraient son adorable visage tout couvert de vilains crachats. Oh ! comme j’aurais voulu Le délier, Le délivrer de cette position si douloureuse et humiliante !
Alors, mon Jésus prisonnier, tout affligé, me dit :
(4) Ma fille, sais-tu pourquoi J’ai permis
- d’être mis en prison au cours de ma Passion ?
Pour libérer l’homme de la prison de sa volonté humaine. Regarde comme cette prison est horrible.
C’était un petit local étroit adapté à contenir les déchets et les excréments des créatures.
-
La puanteur y était donc intolérable,
-
l’obscurité épaisse
-
ils ne m’ont même pas laissé une petite lampe.
-
Ma position était insoutenable
-
couvert de crachats,
-
les cheveux en désordre,
-
souffrant en tous mes membres,
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ligoté, - incurvé
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attaché sans même pouvoir Me tenir bien droit,
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ne pouvant faire aucun mouvement pour Me soulager,
-
ne pouvant même pas enlever de mes yeux, les cheveux qui Me gênaient.
Cette prison est semblable
-
à celle formée par la volonté humaine des créatures.
-
La puanteur qu’elle exhale est insupportable
-
l’obscurité épaisse, bien souvent, il ne leur reste même pas la petite lampe de la raison.
-
Elles y sont toujours inquiètes, agitées, dérangées, salies et bouleversées, en proie aux passions les plus viles.
Oh ! il y a de quoi pleurer sur cette prison de la volonté humaine.
A quel point Je ressentis en cette prison, le vrai mal qu’elle avait fait aux créatures ! Ma douleur fut si grande que, versant des larmes amères, Je priais mon Père céleste de libérer les créatures de cette prison,
- si douloureuse et ignominieuse.
Toi aussi, prie avec Moi afin que les créatures se libèrent de leur volonté.