Mon abandon habituel dans l’adorable Volonté continuait.
Toute la Création se rendait présente avec la Volonté Suprême qui coulait, dominante et triomphante,
- comme lumière et comme vie première, dans les grandes comme dans les petites choses.
Quel enchantement, quel ordre, quelle rare beauté, quelle harmonie en elles !
Car une est la Volonté qui les domine et,
- coulant en Elle, les relie de telle sorte que l’une ne peut être sans l’autre.
Et mon doux Jésus, interrompant mon admiration, me dit :
Ma fille, ma Volonté est restée telle une Vie opérante en chaque chose créée afin de pouvoir dominer librement et avec plein triomphe.
Ma Volonté a
- la vie opérante de la lumière et de la chaleur dans le soleil,
- la vie opérante de son immensité et de la multiplicité de ses œuvres dans le ciel,
- la vie opérante de sa puissance et de sa justice dans la mer.
En fait, ma Volonté n’est pas comme la volonté des créatures qui,
- même si elles le veulent, comme elles n’ont pas de mains, ne peuvent travailler,
- n’ayant pas de pieds, ne peuvent marcher,
- muettes ou aveugles, ne peuvent ni parler ni voir.
Ma Volonté, par contre, accomplit tous les actes en Un Seul : alors qu’Elle opère, elle marche.
Ayant tous les Yeux pour voir,
- Elle a en même temps la Voix pour parler avec une éloquence sans égale.
Elle parle
- dans le tumulte du tonnerre,
- dans la foudre,
- dans le sifflement du vent,
- dans le tumulte des vagues de la mer,
- dans le petit oiseau qui chante. Elle parle partout afin que tous puissent entendre sa Voix
- tantôt forte, tantôt douce, tantôt rugissante.
Ma Volonté, combien Tu es admirable ! Qui peut prétendre avoir aimé les créatures comme Tu les as aimées ?
Mon Humanité – oh ! combien Elle reste derrière Toi.
Je demeure éclipsé en Toi. Et Tu poursuis ton opération qui n’a ni commencement ni fin. Tu es toujours à ta place,
- donnant Vie à toutes les choses créées
- pour apporter ta Vie aux créatures.
Oh ! si toutes savaient
- ce qu’Il fait pour elles,
- combien Il les aime,
- combien son souffle vital leur apporte la vie.
Oh, combien elles L’aimeraient ! Ils se rassembleraient toutes autour de mon Fiat éternel pour recevoir la Vie qu’Il veut leur donner.
Mais sais-tu, ma fille, pourquoi mon Vouloir suprême domine en chaque chose créée
- pour y accomplir sa fonction distincte ?
Parce que c’est Lui-même qu’Il veut servir – sa propre Volonté – qui était de vivre et de régner dans la créature pour qui Il avait créé toutes choses.
Il agissait comme un roi qui,
- voulant se former une résidence où régner et avoir sa demeure,
- y aménage de nombreuses chambres.
Il installe
- de nombreuses lumières pour combattre l’obscurité,
- de petites fontaines d’eau très fraîche. Pour son agrément, il y fait entendre de la musique.. Sa résidence est entourée de magnifiques jardins. En somme, il installe tout ce qui peut le rendre heureux et qui est digne de sa royauté.
Comme il est roi, il doit avoir ses serviteurs, ses ministres, ses soldats. Mais que se passe-t-il ?
On lui dénie sa royauté. Au lieu que ce soit le roi,
- ce sont les serviteurs, les ministres et les soldats qui dominent.
Quelle ne serait pas la tristesse de ce roi en voyant
- que ses œuvres ne le servent pas, Mais, injustement, ils sont au service de ses serviteurs et
- qu’il est obligé de se faire serviteur de ses serviteurs.
Car lorsqu’un service, une œuvre, ne sert que soi-même, on ne peut pas être appelé serviteur.
Or, ma Volonté devait se servir Elle-même dans les créatures.
Elle demeurait par conséquent telle une noble Reine
- dans toutes les choses créées afin que rien ne manquât à sa royauté de Reine dans la créature.
Personne ne pouvait être digne de servir dignement ma Volonté, si ce n’est ma Volonté Elle-même
Elle n’aurait pas pu davantage s’adapter à être servie par des serviteurs. Car personne n’aurait eu ses nobles et divines manières pour La servir.
Écoute alors la grande tristesse de ma Volonté Suprême.
Il est juste que toi, qui es sa fille, tu connaisses les douleurs
- de ta Mère, de ta Reine, et de Celle qui est ta Vie.
Dans la Création, Elle agit comme la servante des serviteurs. Elle sert la volonté humaine parce que la Mienne ne règne pas dans les créatures. Comme il est dur de servir les serviteurs – et durant de longs siècles.
Lorsque l’âme se retire de ma Volonté pour faire la sienne, elle place ma Volonté en servitude dans la Création.
Et sa Douleur est grande quand, de Reine, Elle agit en servante,
- sans que personne ne puisse apaiser une douleur si amère.
Et si Elle continue à demeurer dans la Création en servante des serviteurs, c’est parce qu’
- Elle attend ses enfants,
- Elle attend ce temps où ses Œuvres serviront les enfants de son Fiat éternel, qui
- La laissant régner et dominer sur leur âme, La laisseront servir sa propre Noblesse.
Oh ! Seuls ses enfants pourront apaiser une souffrance si longue et si amère. Ils sécheront ses pleurs de tant de siècles de servitude. Ils Lui rendront les droits de sa Royauté.
C’est pourquoi il est si nécessaire de faire connaître ma Volonté
- ce qu’Elle fait,
- ce qu’Elle veut,
- combien Elle est toute chose et
- combien Elle contient tous les biens, et
- combien Elle souffre continuellement de ne pas pouvoir régner.
Après quoi mon esprit demeurait
- si pénétré par la souffrance de la Volonté Suprême que, toute la Création se dressant devant mon esprit,
- je pus voir avec une immense tristesse cette noble Reine,
- voilée en chaque chose créée, servant les créatures.
Elle agissait comme servante dans le soleil,
- donnant aux créatures lumière et chaleur. Elle agissait comme servante dans l’eau,
- en s’offrant à leurs lèvres pour étancher leur soif
Elle agissait comme servante dans la mer, leur offrant les poissons. Elle agissait comme servante dans la terre,
- leur donnant des fruits,des aliments de toutes sortes,des fleurs, et bien d’autres choses.
En somme, je pouvais la voir en toutes choses, voilée avec tristesse. Car il n’était pas convenable qu’Elle servît les créatures.
Au contraire, il était inconvenant à sa noblesse de Reine,
- d’agir comme la servante de créatures ingrates et perverties, qui acceptaient sa servitude
- sans même y porter attention,
- sans même un « merci » -ni la moindre rétribution, comme c’est normalement le cas avec les serviteurs.
Qui peut dire ce que je comprenais de cette souffrance du Fiat éternel, si longue et si intense ?
J’étais plongée dans cette souffrance lorsque mon Jésus adoré bougea en moi, se pressant contre moi et, toute tendresse, Il me dit :
Ma fille, il est extrêmement triste et humiliant pour mon Vouloir Suprême
- d’agir en serviteur des créatures qui ne Le laissent pas régner chez elles. Mais Il se sentira encore plus glorifié et aimé
- chez celles qui Le laisseront régner.
Regarde en toi – combien Il est heureux de te servir.
Il règne en toi lorsque tu écris, Il se sent honoré et heureux de te servir en guidant ta main afin que tu puisses mettre sur le papier les mots qui le feront connaître. Il place sa Sainteté à ton service dans ton esprit
- afin de t’administrer les idées, les termes, les plus tendres exemples concernant ma Volonté Suprême
- afin d’ouvrir ses voies parmi les créatures pour former son Royaume.
Il sert
- ton regard pour te laisser voir ce que tu écris ;
- ta bouche pour te nourrir de ses Paroles,
- ton cœur pour le faire palpiter de son propre Vouloir.
Quelle différence !
Il est heureux de te servir parce qu’Il se sert Lui-même –
- Il sert à former sa Vie.
- Il sert la Connaissance de Lui-même, de sa propre Sainteté.
- Il sert à former son Royaume.
Ma volonté règne en toi lorsque tu pries et elle te sert
- en te faisant voler en Elle,
- en te laissant accomplir ses Actes et
- en te laissant prendre possession de ses Biens. Cette façon de servir de ma Volonté est glorieuse, triomphante, dominante.
Ma Volonté souffre seulement lorsque l’âme ne Lui permettait pas
- d’être servie par Elle complètement et en toutes choses.