Je vis mes jours dans l’amertume, privée de mon doux Jésus,

  • en plus d’être accablée d’un profond sommeil tel que je ne sais pas où je suis et ce que je fais. Je ressens autour de moi l’ombre de mon Jésus qui me place comme dans une armure de fer qui m’immobilise, m’enlève la vie et m’abasourdit. Et je ne comprends plus rien.

Quel pénible changement en moi, moi qui ne savais pas ce que c’était que de dormir. Et même quand un léger sommeil me surprenait, je ne perdais pas la conscience de mon intérieur.

J’avais conscience des fibres de mon cœur, de mes pensées, pour pouvoir les redonner à Jésus qui m’aime tant, afin

  • de l’accompagner dans toutes les heures de sa Passion,
  • ou me promener dans l’immensité de sa Volonté pour tout Lui redonner et Lui présenter les actes qu’Il veut de la part de toutes les créatures.

Maintenant, tout est terminé ! « Mon Jésus, dans quelles amères douleurs, dans quelle mer de chagrin tu désires que ma pauvre âme navigue ! Oh ! s’il te plaît, donne-moi la force, ne me quitte pas, ne m’abandonne pas.

Souviens-toi que toi-même Tu me disais que je suis petite, ou plutôt, la plus petite de toutes, tout nouvellement née Et si Tu me laisses, si Tu ne m’aides pas, si Tu ne me donnes plus la force, la nouvelle-née va certainement mourir !»

Pendant que j’étais dans cet état, je me disais : « Qui sait, c’est peut-être le diable qui forme cette ombre sur moi et me met dans cet état d’immobilité ?» Alors je me sentie écrasée plus que jamais sous un énorme poids. Se montrant, mon aimable Jésus plaça sur moi le rebord d’une roue qu’Il portait.

Tout affligé, Il me dit : « Ma fille, patience, c’est le poids du monde qui nous écrase. Cependant, un seul côté appuyé sur toi M’empêche d’en finir avec le monde entier.

Ah ! si tu savais combien de fautes sont commises et combien de machinations secrètes ils complotent pour ruiner encore plus de gens !

Tout cela augmente encore plus le poids sur mes épaules,

  • au point de faire déborder la coupe de la Justice divine. C’est pourquoi de grands fléaux viennent sur toute la terre.

De plus, pourquoi crains-tu que ce soit l’Ennemi qui te place dans cet état ?

Quand c’est l’Ennemi qui fait souffrir quelqu’un, il sème le désespoir, l’impatience, le trouble.

Par contre, lorsque c’est Moi, J’infuse l’Amour, la Patience et la Paix, la Lumière et la Vérité.

Ressentirais-tu par hasard de l’impatience et du désespoir

  • qui pourraient te faire craindre que ce soit l’Ennemi ?» Je lui répondis : « Non, mon Jésus. Au contraire, je me sens comme immergée dans une mer immense et profonde : ta Volonté. Et ma seule crainte est que je puisse sortir de l’abîme de cette mer. Mais, pendant que je crains, je sens ses vagues s’élever plus puissamment au-dessus de moi et m’immerger plus profondément. »

Jésus reprit : « C’est pourquoi l’Ennemi ne peut s’approcher, parce que les vagues de la mer de ma Volonté,

  • en te plongeant dans ses abîmes, ont la garde et maintiennent même l’ombre de l’Ennemi au loin.

En fait, il ne sait rien de ce que l’âme fait et souffre dans ma Volonté ; il n’a ni les moyens, ni les chemins ou les portes afin de pouvoir entrer en elle. Au contraire, ma Volonté est la chose qu’il a le plus en horreur.

Et si, parfois, ma Sagesse manifeste quelque chose de ce que l’âme fait dans ma Volonté, l’Ennemi ressent une telle rage que ses supplices infernaux se multiplient.

Car, lorsque ma Volonté remplit l’âme et est aimée par elle, cela forme le paradis, Tandis que, lorsqu’elle est absente de l’âme et n’est pas aimée par elle, cela forme l’enfer.

Par conséquent, si tu désires être à l’abri de tout piège diabolique, prends à cœur ma Volonté et vis continuellement en Elle. »