Je m’inquiétais à cause de l’absence de mon doux Jésus et je me disais : « Qui sait le mal qui est en moi et duquel Jésus se cache pour éviter le déplaisir ?» Bougeant en moi,

Il me dit : « Ma fille, le signe

  • qu’il n’y a aucun mal dans une âme et
  • qu’elle est complètement remplie de Dieu, c’est que tout ce qui lui arrive
  • de l’intérieur ou de l’extérieur ne lui apporte aucun plaisir. Son seul plaisir est de Moi et en Moi.

Cela est vrai non seulement en ce qui a trait

  • aux choses profanes,
  • mais également aux choses saintes,
  • aux personnes pieuses,
  • aux cérémonies religieuses,
  • à la musique, etc.

Pour cette âme, toutes ces choses sont froides, indifférentes et semblent ne pas lui appartenir.

La raison pour cela est très simple :

Si l’âme est complètement remplie de Moi, elle est remplie de mes Plaisirs. Les autres plaisirs ne trouvent pas de place pour s’insérer. Si beaux soient-ils, l’âme n’est pas attirée par eux. Ils semblent morts pour elle.

Par contre, l’âme qui n’est pas à Moi est vide. Lorsqu’elle vient en contact avec les choses terrestres, elle expérimente

  • du plaisir s’il s’agit de choses qu’elle aime et
  • du déplaisir s’il s’agit de choses qu’elle n’aime pas. Ainsi, elle est dans un cycle continuel de plaisirs et de déplaisirs.

Comme les plaisirs qui ne proviennent pas de Moi

  • ne durent pas et
  • se transforment souvent en tristesse, l’âme est heureuse à un moment et triste au moment d’après.

A un moment, elle est affable et, au moment d’après, repliée sur elle-même. C’est le vide de l’âme qui cause ces variations et ces changements d’humeurs.

Quant à toi, trouves-tu du plaisir dans ce qui existe ici -bas ? Pourquoi donc crains-tu qu’il y ait du mal en toi , à la suite duquel Je me cacherais pour éviter du déplaisir ? Là où Je suis, il ne peut y avoir de déplaisir. »

Je répondis : « Mon Amour, je ne prends plaisir en aucune chose terrestre,

  • aussi bonne qu’elle soit.

Tu sais cela mieux que moi. Comment pourrais-je prendre plaisir en quoi que ce soit si la peine de ton absence

  • m’absorbe,
  • me rend amère jusqu’au tréfonds de moi et
  • me fait tout oublier sauf la souffrance d’être privée de toi ? »

Jésus reprit : « Cela te confirme que tu es à Moi et remplie de Moi.

Le plaisir a ce pouvoir :

  • s’il est Mien, il transforme la créature en Moi,
  • s’il est naturel, il emporte l’âme dans les choses humaines,
  • s’il vient des passions, il conduit l’âme au mal.

La sensation du plaisir peut sembler une chose anodine. Pourtant elle ne l’est pas : elle est le premier mouvement

  • pour le bien ou
  • pour le mal. Voyons pourquoi il en est ainsi :

Pourquoi Adam a -t -il péché ? Parce qu’il se détourna de la jouissance de la Divinité pour celle du fruit quand Ève

  • lui a présenté le fruit défendu et
  • lui a dit de le manger.

À la vue du fruit, il a expérimenté du plaisir. Et il s’est réjoui des paroles d’Ève lui disant

  • qu’il serait comme Dieu s’il en mangeait.

Il a pris plaisir à le manger et cette jouissance fut le premier mouvement de sa chute.

Si, au contraire, il avait éprouvé

  • du déplaisir en le regardant,
  • du désagrément en entendant les propos d’Ève et
  • du dégoût à la pensée de le manger, il n’aurait pas péché.

Il aurait plutôt accompli le premier acte héroïque de sa vie

  • en résistant à Ève et
  • en la corrigeant. Il aurait conservé sa couronne de fidélité envers Celui
  • à qui il devait tant et
  • qui détenait tous les droits sur lui.

Oh ! comme il est nécessaire de rester attentif aux différents plaisirs qui naissent dans l’âme :

  • si ce sont des plaisirs divins, ils conduisent à la Vie,
  • s’ils sont humains ou proviennent de passions, ils conduisent à la mort.

Il y a alors danger d’être emporté par le courant du mal. »