Me trouvant dans mon état habituel, je suivais les Heures de la Passion.
Pendant que j’accompagnais mon cher Jésus dans le mystère de sa pénible flagellation. Il m’apparut avec sa chair en lambeaux. Son corps était dépouillé non seulement de ses vêtements mais aussi de sa chair. On aurait pu compter ses os un à un. Son apparence était horrible. Elle provoquait à la fois la frayeur, la crainte, la révérence et l’amour.
J’étais muette devant cette scène déchirante et j’aurais accompli n’importe quoi pour soulager mon doux Jésus. Mais je ne savais pas quoi faire. La vue de ses souffrances me rendit comme à l’article de la mort. Jésus me dit avec bonté :
« Ma chère fille, regarde-Moi bien pour que tu saches la profondeur de mes souffrances. Mon corps est l’image de l’homme quand il pèche. Le péché dépouille l’homme des vêtements de ma grâce.
Dans le but de lui redonner la grâce perdue, Je me suis dépouillé de mes vêtements. Le péché déforme l’homme. Il le transforme,
- de la plus belle des créatures sortie de mes mains
- en la plus laide et la plus horrible chose
qui provoque le dégoût et la répugnance.
J’étais l’homme le plus splendide . Pour redonner à l’homme sa beauté, mon Humanité a pris l’apparence la plus laide.
« Regarde-Moi, vois comme Je suis horrible. Les fouets m’ont enlevé ma chair et ma peau, et m’ont rendu méconnaissable.
Le péché non seulement enlève à l’homme sa beauté, mais lui inflige des blessures profondes infectées par la gangrène, laquelle corrode sa personnalité profonde et consume son essence vitale.
C’est pourquoi, tout ce qui est accompli dans l’état de péché est
- sans vie et
- d’aspect squelettique.
Le péché
- prive l’homme de sa noblesse originale,
- enténèbre sa raison et
- le rend aveugle.
Pour atteindre la profondeur de ses blessures, ma chair a été arrachée,
- de telle sorte que tout mon corps n’est devenu qu’une seule plaie. En versant des rivières de Sang, J’ai fait couler mon essence vitale dans l’âme de l’homme pour lui redonner vie.
Si Je n’avais pas eu avec Moi ma Divinité, qui est la source ultime de la vie, Je serais mort dès le début de ma Passion.
À chaque souffrance qui m’était infligée, mon Humanité mourait, mais ma Divinité me soutenait.
Mes peines, mon sang répandu, ma peau en lambeaux furent autant de contributions pour redonner vie à l’homme.
Mais il rejette mon sang et ainsi il ne reçoit pas la vie. Il foule aux pieds ma chair et ainsi il reste rempli de blessures. Oh ! Comme Je ressens cruellement le poids de l’ingratitude des hommes !»
Se jetant alors dans mes bras, Jésus fondit en larmes. Je le serrai sur mon cœur pendant qu’Il suffoquait dans ses larmes ! Le voir ainsi pleurer me brisait le cœur !
J’aurais été prête à souffrir n’importe quelle peine pour l’empêcher de pleurer.
-
je lui donnai ma compassion,
-
j’’embrassai ses blessures et
-
je séchai ses larmes.
Un peu réconforté, Il ajouta :
« Sais-tu de quelle manière Je me comporte ? Je me comporte comme un père qui aime beaucoup son fils, alors que celui-ci est aveugle, difforme, paralysé, etc. Et que fait le père qui aime son fils à la folie ?
Il se départit de ses propres yeux et de ses jambes, il s’arrache la peau et, se donnant tout entier à son fils, il lui dit :
“Je suis plus heureux en étant aveugle, déformé et paralysé, si je sais que toi, mon fils, tu peux voir, marcher et être beau.”
Oh ! Comme ce père est heureux de réaliser que son fils
- voit maintenant avec ses yeux,
- marche avec ses jambes et
- est vêtu de sa beauté !
Comme sa peine serait grande s’il réalisait que son fils, dans un acte de profonde ingratitude, se défaisait
- des yeux de son père,
- de ses jambes et de sa peau, préférant redevenir la misérable créature qu’il était ?
« Je suis comme ce père. Je me suis dépouillé de tout pour tout donner à l’homme. J’ai vu à tout. Mais, par son ingratitude, l’humanité m’inflige les peines les plus cruelles. »