J’ai passé la nuit à veiller. Souvent, mes pensées volaient vers mon Jésus attaché en prison. Je voulais embrasser ses genoux qui tremblaient à cause de la cruelle position dans laquelle ses ennemis l’avaient attaché.
Je voulais essuyer les crachats dont Il était souillé. Pendant que je pensais à cela, mon Jésus, ma Vie, m’apparut dans une profonde noirceur, dans laquelle je pouvais à peine distinguer son adorable Personne.
Sanglotant, Il me dit :
« Fille, mes ennemis m’ont laissé seul en prison,
- horriblement attaché et dans le noir. Tout autour, il n’y avait qu’une profonde noirceur. Oh ! Comme cette noirceur m’affligeait !
Mes vêtements étaient trempés par l’eau sale du torrent. Je sentais la puanteur de la prison et des crachats qui m’avaient souillé. Mes cheveux étaient en désordre et il n’y avait personne d’assez compatissant pour les enlever de mes yeux et de ma bouche. Mes mains étaient attachées avec des chaînes et l’épaisse noirceur m’empêchait de voir ma condition si pitoyable et humiliante.
Oh ! Que de choses traduisaient ma triste condition dans cette prison !
Je suis resté dans cet état durant trois heures.
Je voulais ainsi restaurer les trois lois du monde :
- la loi de la nature,
- la loi écrite et
- la loi de la grâce.
Je voulais
- libérer tous les humains,
- l es réunir et donner à mes fils la liberté qui leur revient.
En restant là trois heures, Je voulais aussi restaurer les trois étapes de la vie terrestre :
- l’enfance,
- l’âge adulte et
- la vieillesse.
Également, Je voulais restaurer l’homme quand il pèche
- par passion,
- par volonté et
- par obstination. Oh ! Comme la noirceur lourde que Je subissais me fit sentir toute la noirceur que le péché a produit chez l’homme !
Oh ! Comme J’ai pleuré pour lui, en lui disant :
‘Ô homme, ce sont tes péchés
- qui m’ont jeté dans cette noirceur lugubre
- où Je souffre pour te donner la lumière.
Ce sont tes iniquités qui m’ont souillé,
- iniquités que la noirceur ne me permet même pas de voir.
Regarde-Moi : Je suis l’image de tes péchés. Si tu veux les voir, regarde-les en Moi !»
Pendant ma dernière heure dans cette prison, toutefois, l’aube est venue et, à travers les fentes, quelques faibles lueurs de lumière ont filtré. Oh ! Comme mon Cœur a été soulagé de constater ma pitoyable condition !
Cette lumière symbolise ce qui arrive quand l’homme se lasse de la nuit du péché et que, comme l’aube, la grâce l’enveloppe,
- lui envoyant des lueurs de lumière pour le ramener. Donc, mon Cœur eut un soupir de soulagement.
Dans cette aube, Je t’ai vue, ma prisonnière aimée,
- toi que mon amour a attachée dans ta condition de recluse et qui ne m’aurait pas laissé seul dans la noirceur de cette prison.
Attendant l’aube à mes pieds et suivant mes gémissements, tu aurais pleuré avec Moi sur la nuit de l’homme. Ceci m’a réconforté et J’ai offert mon emprisonnement pour te donner la grâce de me suivre.
La prison et la noirceur ont aussi une autre signification :
- mes longs emprisonnements dans les tabernacles
- et la solitude dans laquelle Je suis laissé, souvent sans personne qui me parle ou qui m’envoie un regard d’amour.
Et parfois, dans l’Hostie sacrée, Je sens
- le contact de langues indignes,
- la puanteur de mains envenimées et corrompues et
- l’absence de mains pures qui me touchent et me parfument de leur amour.
Que de fois l’ingratitude humaine me laisse dans la noirceur,
- sans même la maigre lumière d’une lampe ! Ainsi, mon emprisonnement continue et continuera encore longtemps.
Nous sommes tous les deux prisonniers
- toi, prisonnière dans ton lit, toute seule par égard pour mon amour ;
- Moi-même, prisonnier pour toi-pour lier toutes les créatures avec mon Amour, utilisant les chaînes qui m’ont tenu captif. Nous nous tiendrons mutuellement compagnie et tu m’aideras à disposer des chaînes qui serviront à lier tous les cœurs à mon Amour. »
Plus tard, je me suis dit : « Combien peu nous savons concernant Jésus, alors qu’Il a tant fait ! Pourquoi a-t-on si peu parlé au sujet de tout ce que Jésus a accompli et souffert ?»
Jésus, revenant de nouveau, ajouta :
Ma fille, tous sont chiches avec Moi, même les bons. De quelle pingrerie ils font preuve envers Moi ! Combien de restrictions envers Moi. Combien de choses que Je leur dis et qu’ils comprennent à mon sujet, mais qu’ils ne révèlent pas ! Et combien de fois, toi-même, n’es-tu pas chiche avec Moi ? Combien de fois ? Soit que tu n’écrives pas ce que Je te dis ou que tu ne le révèles pas.
C’est un acte d’avarice par rapport à Moi. Parce que chaque nouvelle Connaissance que l’on a de Moi est une Gloire de plus et un Amour de plus que Je reçois des créatures. Sois plus généreuse envers Moi et Je le serai plus envers toi !»