Je me sentais noyée dans les privations et l’amertume.
Seule la Volonté de mon Jésus, qui est ma force et ma vie, me permettait de survivre.
Pour un bref moment, mon doux Jésus se montra en moi. Il était très affligé et pensif, et tenait son front entre ses mains. Je lui ai dit : « Jésus, qu’est-ce qui ne va pas, qui Te rend si affligé et pensif ?»
Me regardant, Il me dit :
« Ma fille, de l’intérieur de ton coeur, Je suis en train de décider du sort du monde. Mon trône sur la terre est situé dans ton coeur.
De ce trône, Je vois
- le monde, la folie des créatures, le précipice qu’elles se creusent. Je me sens mis de côté comme si Je n’étais rien pour elles.
Ainsi, Je suis contraint de leur retirer non seulement la lumière de ma grâce, mais même celle de leur raison naturelle
afin de les confondre et de leur faire toucher du doigt
- ce qu’est l’homme et
- ce qu’il est capable de faire.
De ton coeur, Je vois l’homme ingrat et Je pleure et prie pour lui. Je te veux avec Moi pour Me consoler et M’accompagner dans mes pleurs, mes prières et mes souffrances. »
Je lui dis : « Pauvre Jésus, comme je compatis avec Toi ! Oh ! oui ! je pleurerai et prierai avec Toi. Mais dis-moi, mon Amour, comment est-ce possible que mon coeur soit l’emplacement de ton Trône sur la terre, alors qu’il y a tant de bonnes âmes en qui Tu habites et que, moi, je suis si mauvaise ?»
Jésus reprit :
« Je t’ai choisie comme point central parce que Je t’ai appelée à vivre dans ma Volonté. Quiconque vit dans ma Volonté est capable de Me contenir complètement parce qu’il vit au centre de mon Etre et que Je vis au centre du sien. Je vis dans son être comme si c’était le Mien.
Par contre, celui qui ne vit pas dans ma Volonté ne peut pas tout embrasser de Moi. Au mieux, Je réside en lui sans y ériger mon trône.
Ah ! si tous comprenaient le grand bien qu’est vivre dans ma Volonté, ils rivaliseraient pour y parvenir !
Mais, hélas ! si peu le comprennent. Ils vivent plus en eux-mêmes qu’en Moi. »