Je me trouvais dans mon état habituel et j’étais profondément attristée à cause de l’absence de mon doux Jésus. Il vint à l’improviste, fatigué et affligé, voulant se réfugier dans mon coeur pour oublier les offenses graves qui lui sont faites. En soupirant, Il me dit :
« Ma fille, cache-Moi. ne vois-tu pas combien ils Me persécutent ? Ils veulent Me chasser ou encore Me donner la dernière place ! Laisse-Moi Me déverser en toi.
Il y a plusieurs jours que Je ne t’ai ni parlé du sort du monde ni des châtiments que les créatures M’arrachent par leur méchanceté. Mon Coeur est accablé de douleur.
Je veux t’en parler afin
- que tu y participes,
- que nous portions ensemble le sort des créatures,
- que nous priions, souffrions et pleurions ensemble pour leur bien.
Ah ! ma fille, il y aura beaucoup de bagarres ! La mort moissonnera beaucoup de vies et même des prêtres ! Oh ! Combien d’entre eux ne sont que des simulacres de prêtres ! Je veux les enlever
- avant que la persécution de mon Église et les révolutions ne débutent.
Qui sait s’ils ne se convertiront pas au moment de leur mort ? Autrement, si Je les laisse, ceux qui sont travestis en prêtres enlèveront leur masque dans la persécution. Ils s’uniront avec les sectaires, deviendront des ennemis féroces de l’Église et leur salut n’en sera que plus difficile. »
Tellement affligée, je lui ai dit : « Mon Jésus, quelle souffrance de T’entendre parler ainsi ! Les gens, que feront-ils sans les prêtres ? Ils sont déjà si peu nombreux et tu veux en prendre d’autres ? Alors, qui administrera les sacrements ? Qui enseignera tes lois ?»
Jésus reprit : « Ma fille, ne t’afflige pas trop. Le petit nombre n’est rien. Je donnerai à un seul la grâce et la force que Je donne à dix, à vingt. Je peux compenser pour tout. De plus, n’étant pas bons, beaucoup de prêtres sont le venin du peuple.
Au lieu de faire le bien, c’est le mal qu’ils font. Je ne ferai rien d’autre que d’enlever les éléments qui empoisonnent le peuple. »
Ensuite, il disparut et je suis restée avec un clou dans le coeur : J’étais anxieuse en pensant
- aux souffrances de mon doux Jésus et
- au sort des pauvres créatures. Plus tard, Il revint et, entourant mon cou de ses bras,
Il me dit : « Ma bien-aimée, courage ! Entre en moi et jette-toi dans la mer immense de ma Volonté et de mon Amour. Cache-toi dans la Volonté et l’Amour incréés de ton Créateur. Ma Volonté a le pouvoir de rendre infini tout ce qui entre en Elle et de transformer les actes des créatures en Actes éternels.
Tout ce qui entre dans ma Volonté
- devient immense, éternel et infini,
- perd ses caractéristiques d’être petit, d’avoir eu un commencement et d’être fini.
Et si tu cries très fort “je T’aime !”,
- J’entendrai dans ce cri la musique de mon Amour éternel et
- Je sentirai l’amour créé caché dans l’Amour incréé ;
- Je sentirai que Je suis aimé d’un amour immense, éternel et infini, donc d’un amour digne de Moi, apte à Me gratifier de l’amour de tous. »
Je restai surprise et enchantée. Et je commentai : « Jésus, que dis-tu ?»
Il poursuivit :
« Ma chère, ne t’étonne pas. Tout est éternel en Moi : Rien n’a eu de commencement et rien n’aura de fin.
Toi et toutes les autres créatures étiez éternelles dans ma pensée créatrice. L’Amour
- avec lequel J’ai réalisé la Création, et
- dont J’ai doté chaque coeur, est éternel.
Pourquoi donc t’étonner
- qu’en quittant sa propre volonté, la créature puisse entrer dans la mienne ?
Ou encore
- qu’en s’attachant à l’Amour qui l’a désirée et aimée de toute éternité, elle puisse en acquérir la valeur et la puissance éternelle, infinie ?
Oh ! comme on sait peu de choses sur ma Volonté ! C’est pour cela
- qu’Elle n’est ni aimée ni appréciée et
- que la créature se contente de si peu et agit comme si elle n’avait qu’un commencement temporel. »
Je ne sais pas si je m’exprime gauchement.
Mon aimable Jésus jette dans mon esprit une telle Lumière sur sa très sainte Volonté que
- non seulement je suis incapable d’embrasser ces Connaissances,
- mais je manque de mots pour m’exprimer.
Pendant que mon esprit se perdait dans cette Lumière, Jésus béni me donna un exemple en me disant :
« Pour mieux te faire comprendre ce que je viens de te dire, imagine le soleil. Il irradie une grande abondance de petites lumières
- qu’il diffuse sur toute la Création, l
- leur accordant la liberté de vivre dispersées dans la Création ou de demeurer en lui.
N’est-ce pas que les petites lumières qui vivent dans le soleil-
- avec leurs actes et leur amour acquièrent la chaleur, l’amour, la puissance et l’immensité du soleil ?
Demeurant en lui,
- elles en font partie,
- vivent à ses dépens et
- vivent de la même vie que lui.
En aucune manière, l es petites lumières n’ajoutent ou n’enlèvent quelque chose au soleil, parce que ce qui est immense n’est pas sujet à augmenter ou à diminuer.
Le soleil reçoit la gloire et l’honneur que les petites lumières lui procurent
- en vivant une vie commune avec lui. Et tout cela est l’accomplissement et la satisfaction du soleil.
Le soleil, c’est Moi. Les petites lumières qui se détachent du soleil sont les créatures.
Les lumières qui vivent dans le soleil sont les âmes qui demeurent dans ma Volonté. Maintenant, as-tu compris ?»
Je répondis : « Je pense que oui. » Mais qui pourrait dire ce que j’ai compris vraiment ? J ’aurais aimé me taire, mais le Fiat de Jésus ne l’a pas voulu ainsi. Alors, dans sa Volonté, j’ai écrit. Puisse Jésus être béni à jamais !