Après des jours très amers passés dans la privation de mon doux Jésus, ma Vie, mon Tout, mon pauvre coeur n’en pouvait plus.

Je me disais : « Quel rude sort s’abat sur moi ! Après tant de promesses, Il m’a laissée. Où est son Amour ? Qui sait si je ne suis pas la cause de sa désertion, m’étant rendue indigne de Lui !

Ah ! c’est peut-être à la suite de cette nuit où Il voulait me parler des troubles du monde, où Il me disait

  • que le coeur de l’homme est assoiffé de sang,
  • que les batailles ne sont pas terminées, vu que la soif de sang n’est pas éteinte dans le coeur des hommes,
  • et que moi je Lui ai dit : « Jésus, Tu veux toujours me parler de ces troubles. Mettons-les de côté et parlons d’autre chose » alors que Lui, affligé, devint silencieux.

Peut-être que je L’ai offensé ! « Ma Vie, pardonne-moi, je ne ferai jamais plus cela. Mais viens !»

Pendant que j’entretenais de telles pensées idiotes,

  • je me suis sentie comme perdant connaissance et
  • j’ai vu à l’intérieur de moi mon doux Jésus, seul et taciturne, marchant d’un endroit à l’autre, trébuchant ici et tombant là.

J’étais complètement confuse, je n’osais rien dire et j’ai pensé : « Qui sait combien de péchés il y a en moi et qui font trébucher Jésus !»

Mais Lui, plein de bonté, me regardait. Il semblait fatigué et en transpiration.

Il me dit :

« Ma fille, pauvre martyre,

  • pas martyre de la Foi, mais martyre de l’Amour,
  • non pas martyre humaine, mais Martyre divine !

Ton martyre le plus cruel, c’est la privation de Moi, ce qui met le sceau du Martyre divin sur toi !

Pourquoi crains-tu et doutes-tu de mon Amour ? Comment pourrais-Je te laisser ? Je vis en toi comme dans mon Humanité. Et comme Je contiens en Moi le monde entier, ainsi le monde entier est en toi.

N’as-tu pas remarqué que, pendant que Je marchais,

  • Je trébuchais à un moment et
  • Je tombais à un autre ? C’était à cause des péchés et des âmes mauvaises que Je rencontrais.

Quelle douleur dans mon Coeur ! C’est à partir de ton intérieur que Je décide du sort du monde.

Ton humanité me sert d’asile comme ma propre Humanité servait d’asile à ma Divinité.

Si ma Divinité n’avait pas eu mon Humanité pour lui servir d’asile, les pauvres créatures n’auraient eu aucune échappatoire

  • dans le temps et dans l’éternité.

Aussi, la Justice Divine n’aurait pas pu regarder la créature

  • comme la Sienne et
  • comme méritant d’être préservée, mais comme une ennemie méritant la destruction.

Maintenant que mon Humanité est glorifiée, J’ai besoin d’une humanité capable

  • de partager mes peines et mes souffrances,
  • d’aimer les âmes avec Moi et
  • d’exposer sa vie pour les sauver.

Je t’ai choisie. N’es-tu pas contente ?

Ainsi, Je veux tout te dire

  • concernant mes souffrances et les châtiments que les créatures se méritent, afin que tu prennes part à tout et ne fasses qu’un avec Moi.

Je te veux dans les hauteurs de ma Volonté afin que

  • ce que tu ne peux pas atteindre par toi-même,
  • tu le puisses par ma Volonté.

Et que tu puisses posséder tout ce qu’il faut pour Me tenir office d’humanité.

Par conséquent, n’aie pas peur que Je t’abandonne.

J’ai assez de ces choses avec les autres créatures. Veux-tu ajouter à mes souffrances ? Non, non ! Sois sûre que ton Jésus ne te laissera jamais. »

Il revint plus tard sous la forme d’un Crucifié . Me transformant en Lui-même et me faisant ressentir ses souffrances, Il ajouta :

« Ma fille, ma Volonté est Lumière L’âme qui vit en elle devient Lumière. Tant que Lumière, elle entre facilement dans ma très pure Lumière. Et elle possède la clé pour y prendre ce qu’elle veut.

Cependant, pour fonctionner correctement, une clé ne doit pas être rouillée ou sale. De plus, la serrure doit être de fer.

Pour ouvrir avec la clé de ma Volonté, l’âme ne doit pas être souillée

  • de la rouille de sa propre volonté ou
  • de la boue des choses terrestres.

Seulement ainsi serons-nous capables de nous unir ensemble, de manière à ce que

  • que tu puisses faire ce que tu veux avec Moi et
  • que Je puisse faire ce que Je veux avec toi. »

Ensuite, j’ai vu ma mère et un de mes confesseurs décédés. Je voulais leur parler de mon état lorsqu’ils me dirent :

« En ces jours, il y a eu grand danger

  • que le Seigneur te suspende de ton état de victime. Et nous, ainsi que tout le Ciel et le purgatoire,
  • avons intercédé beaucoup pour que le Seigneur ne te suspende pas.

Tu peux comprendre de cela

  • que la Justice s’apprête à faire descendre de graves châtiments.

Par conséquent, prends patience et ne te lasse pas. »