Je continuais d’être habitée par la crainte de m’opposer à la Volonté de mon adorable Jésus et, à cause de cela, je me sentais tout opprimée et angoissée.
Je priais Jésus pour qu’Il me libère : « Seigneur, aie pitié de moi, ne vois-Tu pas le péril dans lequel je me trouve ?
Est-ce possible que moi, le plus vil des vermisseaux,
- je sois audacieuse au point de me sentir opposée à ta sainte Volonté ? D’ailleurs, quel bien je pourrais trouver et dans quel précipice je tomberais
- si je me séparais de ta Volonté ? »
Pendant que je priais ainsi, Jésus béni remua dans mon intérieur Par une lumière qu’Il m’envoya, Il sembla me dire :
« Tu ne comprends jamais rien. Cet état que tu ressens, c’est celui de victime.
Lorsqu’ils t’ont choisi comme victime pour Corato, tu as accepté. Maintenant, quel mal trouve-t-on à Corato ? N’est-ce pas la rébellion de la créature contre son Créateur ? Entre prêtres et laïques ? Entre différents partis ?
Ainsi,
- ton état de rébellion involontaire,
- ta crainte et tes souffrances, tout cela est un état expiatoire.
Et cet état d’expiation, Moi Je l’ai souffert à Gethsémani, au point où J’en suis arrivé à dire : “S’il est possible, que ce calice s’éloigne de Moi, mais que ta Volonté soit faite et non la mienne.”
Pourtant, durant tout le cours de ma vie, J’avais désiré cet état jusqu’à Me sentir consumé. »
En entendant cela, il me semble que je me suis tranquillisée et que j’ai repris des forces. J’ai prié Jésus qu’Il déverse en moi son amertume.
Je me suis approchée de sa bouche et, malgré mes efforts pour aspirer, rien ne venait sinon uniquement une haleine très amère qui rendait amer tout mon intérieur.
Alors, en voyant que Jésus ne déversait rien, je dis : « Seigneur, tu ne m’aimes plus ? Si tu ne veux pas déverser en moi ton amertume, au moins, déverse en moi tes douceurs. »
Jésus me répondit : « Au contraire, Je t’aime même davantage. Si tu pouvais entrer dans mon Intérieur, tu verrais
- dans toutes les parties de mon Etre l’Amour particulier que J’ai pour toi.
Parfois, Je t’aime tellement
- que J’arrive à t’aimer autant que Je m’aime Moi-même. Parfois, cependant, Je ne peux pas supporter de te regarder,
- car tu me donnes la nausée. »
Quel coup de tonnerre ces dernières paroles furent pour mon pauvre cœur ! Penser que je n’étais pas toujours aimée de mon bien-aimé Jésus
- et que j’arrivais même à être pour Lui une âme abominable.
Si Jésus n’était pas accouru Lui-même pour m’expliquer la signification de ces Paroles, je n’aurais pas pu continuer de vivre.
Il me dit : « Pauvre fille, cette parole est-elle trop dure pour toi ?
Moi, J’étais toujours qui J’étais :
- un avec la Trinité très sainte en Nous aimant d’un Amour éternel indissoluble.
Pourtant, comme victime, Je fus couvert de toutes les iniquités des hommes. Mon extérieur était abominable devant la Divinité,
- tellement que la Justice divine ne M’a épargné dans aucune partie de mon être. Elle fut inexorable au point de m abandonner.
Quant à toi, tu es toujours qui tu es avec Moi. Et comme tu occupes l’état de victime,
- ton extérieur apparaît devant la Justice divine couvert des péchés d’autrui. Voilà pourquoi Je t’ai dit ces paroles. Donc, calme-toi, car Je t’aime toujours. »
Cela dit, Jésus disparut. Il me semble que cette fois-ci, Jésus béni a voulu me troubler, bien qu’Il m’a donné immédiatement la paix. Qu’Il soit toujours béni et remercié !