Me trouvant dans mon état habituel, il me sembla voir la très Sainte Trinité, et moi en Elle.
C’était comme si les Trois voulaient décider de ce qu’ils allaient faire du monde. Il me sembla qu’ils disaient : « Si nous n’envoyons pas sur le monde les plus violents fléaux,
- tout sera entièrement fini en fait de religion et
- les hommes deviendront pires que des barbares. »
Pendant que les Trois discutaient ainsi, il me sembla que descendaient sur la terre
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des guerres de toutes sortes,
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des tremblements de terre capables de détruire des villes tout entières, ainsi que
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des maladies.
En voyant cela, toute tremblante, je dis : « Majesté suprême, pardonne l’ingratitude humaine.
Maintenant plus que jamais, le cœur de l’homme est révolté. S’il se voit mortifié, il se révoltera davantage en ajoutant outrage sur outrage envers ta Majesté. »
Une voix sortant du milieu des Trois, disait :
« L’homme ne peut se révolter que lorsqu’il est mortifié. Quand il est détruit, sa rébellion cesse. En ce moment, Nous ne parlons pas de mortification, mais bien de destruction. »
Ensuite, les trois Personnes divines disparurent.
Qui pourrait décrire l’état dans lequel je me trouvais, d’autant plus
- que j’éprouvais comme une disposition à vouloir sortir de mon état de souffrance,
- que je me trouvais avec une volonté non parfaitement apaisée par rapport à la Volonté Divine.
Je voyais clairement que le plus vilain affront
- que la créature puisse faire à son Créateur, c’est de s’opposer à sa très sainte Volonté.
J’en éprouvais de la souffrance et je craignais fortement que je puisse faire un acte opposé à sa Volonté. Je ne pouvais me calmer.
Après m’être donné beaucoup de peine, mon adorable Jésus revint et Il me dit :
« Ma fille, Je trouve souvent mes délices
- à choisir des âmes,
- à les entourer d’une Forteresse divine de façon qu’aucun ennemi ne puisse entrer en elles,
- et J’y établi ma demeure permanente.
Dans cette demeure, Je m’abaisse, si l’on peut dire, à rendre les plus petits services. Je nettoie l’âme de fond en comble, J’y extirpe toutes les épines,
J’y détruis tout ce que la nature humaine a produit de mal et J’y plante tout ce qui se trouve en Moi de beau et de bon,
- de façon à former le plus beau jardin de mes délices.
Je m’en sers
- pour mon plaisir et
- selon que les circonstances de ma gloire et du bien d’autrui l’exigent. Ainsi, on peut dire que l’âme n’a plus rien d’elle-même. Elle me sert uniquement de demeure.
Sais-tu ce qu’il faut pour détruire tout cela ? Un seul acte opposé à ma Volonté ! Et c’est ce que tu feras si tu t’opposes à ma Volonté. »
Je lui dis : « Je crains Seigneur que mes supérieurs me donnent l’ordonnance qu’ils m’ont donnée l’autre fois. »
Jésus répondit : « Cela ne te regarde pas. Je verrai cela avec eux. Il s’agit ici de ta volonté ».
Malgré tout cela, je ne pouvais pas me calmer. Je continuais de répéter dans mon intérieur :
« Quel funeste changement s’est opéré en moi ! Qui a séparé ma volonté de la Volonté de mon Dieu, alors qu’elle me semblait ne faire qu’un seule avec Elle ?” »