Je me trouvais au comble du délire. Je disais des sottises et je crois que j’y mêlais aussi certains de mes défauts Ma pauvre nature éprouvait tout le poids de mon état.
Demeurer dans mon lit me paraissait pire que l’état des condamnés à la prison. J’aurais voulu me dégager de cet état. En plus, je ne cessais de répéter ma ritournelle : que mon état n’était plus selon la Volonté de Dieu parce que Jésus ne venait pas.
Je me demandais ce que je devais faire quand mon patient Jésus sortit de mon intérieur. Sous un aspect grave et sérieux qui m’inspirait la peur, Il me dit :
« Que penses-tu que J’aurais fait, Moi, si Je m’étais trouvé dans ta situation ?» Dans mon intérieur, j’ai pensé : « Certainement la Volonté de Dieu. »
Jésus reprit : « Eh bien, toi, fais cela. » Ensuite, Il disparut.
Notre Seigneur avait dit cela avec un tel sérieux que j’ai senti toute la Force de sa parole, non seulement sa force créatrice, mais aussi sa force destructrice.
Par ces paroles, mon intérieur fut tellement ébranlé, opprimé et amer que je ne faisais rien d’autre que de pleurer. Je me souvenais surtout de la gravité avec laquelle Jésus m’avait parlé, de sorte que je n’osais pas Lui dire : « Viens. »
Ainsi, ce jour-là, me trouvant dans cet état, je fis ma méditation sans l’appeler. Lorsqu’au milieu du jour Il vint, Il avait un aspect doux, totalement transformé par rapport à son aspect de la matinée.
Il me dit : « Ma fille, quelle destruction, quelle destruction est sur le point d’arriver !»
Pendant qu’Il disait cela, j’ai senti mon intérieur totalement changé,
- ayant compris que c’était à cause des châtiments qu’Il ne venait pas, pas pour une autre raison.
Pendant ce temps, je vis quatre personnes vénérables qui pleuraient à cause des Paroles que Jésus avait dites.
En voulant se distraire, Jésus béni me dit quelques mots sur les vertus :
« Il y a une certaine ferveur et certaines vertus
- qui ressemblent à ces jeunes arbres qui poussent autour de certains arbres mûrs et
- qui, n’étant pas bien enracinés dans leur tronc, se dessèchent à la suite d’un vent violent ou d’un gel un peu fort.
Il se peut cependant qu’après quelque temps ils reverdissent de nouveau mais,
- étant exposés aux intempéries et aux changements,
- jamais ils ne parviennent à être des arbres mûrs.
Ainsi sont cette ferveur et ces vertus qui ne sont pas bien enracinées
- dans le tronc de l’arbre de l’Obéissance, c’est-à-dire,
- dans le tronc de l’arbre de mon Humanité qui a été tout Obéissance.
Dans les tribulations et les épreuves, elles se dessèchent. Elles ne parviennent jamais à produire des fruits pour la Vie éternelle. »