Mon adorable Jésus continue de me priver de sa présence. J’éprouve une grande amertume. Et je me sens comme avec un couteau planté dans le cœur, ce qui me donne une douleur à me faire pleurer et crier comme une enfant.

Ah ! Vraiment, il me semble que je suis devenue comme une enfant qui,

  • pour peu qu’elle s’éloigne de sa mère, pleure et crie
  • au point de mettre toute la maisonnée sens dessus-dessous ! Et il n’y a aucun remède pour la faire cesser de pleurer, à moins qu’elle ne se voie de nouveau dans les bras de sa mère.

C’est ce que je suis : une véritable enfant dans la vertu. S’il m’était possible, je mettrais le Ciel et la terre sens dessus-dessous pour trouver mon suprême et unique Bien. Je me calme uniquement quand je me trouve en possession de Jésus.

Pauvre petite enfant que je suis ! Je me sens encore enveloppée dans les langes de l’enfance. Je ne sais pas marcher seule, je suis très faible Je n’ai pas la capacité des adultes qui se laissent guider par la raison.

Voilà l’extrême nécessité que j’ai de demeurer avec Jésus. À tort ou à raison, je ne veux rien savoir. Ce que je veux savoir, c’est que je veux Jésus. J’espère que le Seigneur voudra pardonner à cette pauvre petite qui, parfois, commet des sottises.

Alors que je me trouvais dans cet état, je vis brièvement mon adorable Jésus dans l’acte de sa Résurrection.

Il avait le visage illuminé d’une splendeur incomparable. Il me semblait que l’Humanité très sainte de Notre-Seigneur,

  • bien que chair vivante, était resplendissante et transparente. De sorte qu’on voyait clairement en Elle la Divinité unie à l’Humanité.

Pendant que je Le voyais aussi glorieux dans une lumière qui provenait de Lui, il me semble qu’ Il me disait :

« Mon Humanité a reçu beaucoup de gloire par le moyen de la parfaite obéissance,

  • laquelle, en détruisant totalement la nature ancienne, M’a restitué la nouvelle nature, glorieuse et immortelle.

Ainsi, par le moyen de l’obéissance, l’âme peut former en elle la parfaite résurrection aux vertus.

Voici comment :

  • Si l’âme est affligée, l’obéissance la fera ressusciter à la joie,
  • si elle est agitée, l’obéissance la fera ressusciter à la paix ,
  • si elle est tentée, l’obéissance lui procurera une chaîne plus forte pour lier l’ennemi.

Et elle la fera ressusciter victorieuse des embûches diaboliques.

  • si l’âme est assiégée par les passions et les vices, l’obéissance, en tuant ceux-ci, la fera ressusciter aux vertus.

C’est ce que l’obéissance fait dans l’âme. Et lorsque le temps sera venu, elle causera aussi la résurrection du corps. »

Après cela, la lumière se retira et Jésus disparut.

Je suis restée avec une telle douleur en me voyant de nouveau privée de Lui que je me sentais comme prise d’une fièvre ardente me poussant à m’agiter et à tomber en délire.

Ah ! Seigneur, donne-moi la force de supporter ces absences, parce que je me sens perdre connaissance !