Je continue de passer mes journées privée de mon adorable Jésus. Au plus, Il vient comme une ombre ou un éclair, en laissant mon pauvre cœur extrêmement amer.
Je ressens tellement son absence que tous mes nerfs, mes fibres, mes os et même les gouttes de mon sang se débattent continuellement en moi en me disant :
« Où est Jésus ? Comment l’as-tu perdu ? Qu’as-tu fait pour qu’Il ne vienne plus ?
Comment ferons-nous pour demeurer ici sans Lui ? Qui nous consolera d’avoir perdu la source de toute consolation ? Qui nous fortifiera dans notre faiblesse ? Qui nous corrigera et nous dévoilera nos défauts si nous sommes privés de cette lumière ? Plus qu’un courant électrique, cette lumière pénétrait nos plus intimes cachettes et, avec la douceur la plus ineffable, elle corrigeait et guérissait nos plaies. Sans Jésus, tout est misère, tout est désolation, tout est sombre. Comment ferons-nous ?»
Malgré cela, dans le fond de ma volonté, je me sentais résignée. Je poursuivais ma route en offrant son absence par amour pour Lui, comme étant mon sacrifice le plus grand. Tout le reste me faisait une guerre continuelle et me torturait.
Ah ! Seigneur, combien cela me coûte de T’avoir connu et quel prix élevé Tu me fais payer pour tes visites passées !
Pendant que je me trouvais dans cet état, Il se fit voir brièvement et Il me dit :
Ma grâce est une partie de Moi-même. Toi, en possédant ma grâce,
- tout ce qu’elle forme dans ton être ne peut rester sans Moi par stricte nécessité.
Voici la raison
- pour laquelle tout en toi M’appelle et
- pour laquelle tu es continuellement torturée.
Étant imprégnée et remplie d’une partie de Moi-même, les âmes se trouvent en paix et sont contentes seulement quand elles me possèdent,
- non seulement en partie,
- mais totalement. »
Comme je m’étais plainte de ma dure situation, Jésus ajouta :
« Pendant ma Passion, Moi aussi J’ai éprouvé un extrême abandon, bien que ma Volonté fut toujours unie
- à celle de mon Père et
- à celle de l’Esprit Saint. »
J’ai voulu souffrir cela pour diviniser la Croix en toute chose.
Tellement que, en Me regardant et en regardant la Croix, tu trouveras dans l’un et l’autre
- la même splendeur,
- les mêmes enseignements et
- le même miroir dans lequel tu pourras continuellement te mirer, sans que tu ne voies de différence entre te mirer dans l’un ou dans l’autre. »