Après quelques jours de privation et de silence, ce matin, quand Jésus béni est venu, je lui ai dit : « On voit bien que mon état n’est plus selon ta Volonté !»

Il répondit : « Oui, oui, lève-toi et viens dans mes bras. » Dès qu’Il eut dit ces paroles, j’ai oublié l’état pénible des jours passés et j’ai couru dans ses bras.

Et comme on voyait son côté ouvert, j’ai dit : « Mon Bien-Aimé, il y a quelque temps déjà que tu ne m’as pas admise pour boire à ton côté. Je te prie de m’admettre aujourd’hui. »

Il répondit : « Ma bien-aimée, bois selon ton plaisir et rassasie-toi. »

Qui peut décrire mon bonheur et avec quelle avidité j’ai placé ma bouche pour boire à cette Source divine ? Après avoir bu à satiété, jusqu’à ne plus avoir de place pour avaler même une autre goutte, je me suis retirée.

Jésus me dit : « Es-tu rassasiée ? Si tu ne l’es pas, continue de boire. » Je répondis : « Rassasiée ? Non. Car, à cette source, plus on boit, plus on a soif. Cependant, étant très limitée, je suis incapable d’en prendre plus. »

Après cela, je vis d’autres personnes auprès de Jésus.

Il dit : « La chose la plus essentielle et la plus nécessaire dans une âme, c’est la charité.

Si la charité n’y est pas, il arrive à cette âme

  • comme à ces familles ou ces royaumes qui n’ont pas de chef.

Tout y est désordonné. Les plus belles choses y sont obscurcies et on n’y voit aucune harmonie. L’un veut faire une chose et l’autre une autre. C’est ce qui arrive dans l’âme où ne règne pas la charité. Tout y est en désordre. Les plus belles vertus ne s’harmonisent pas entre elles.

Voilà pourquoi on dit de la charité qu’elle est reine :

  • elle est disciplinée,
  • elle a de l’ordre et
  • elle dispose de tout. »