Ce matin, j’ai reçu la sainte Eucharistie et Jésus béni m’a fait entendre sa voix en disant :
« Ma fille, ce matin, J’éprouve l’absolue nécessité de refaire mes forces. De grâce,
- prends sur toi mes souffrances pendant un certain temps, et
- laisse-Moi me reposer un peu dans ton cœur ! »
Je répondis : « Oui, mon Bien,
- fais-moi éprouver tes souffrances et,
- pendant que je souffrirai à ta place, Tu auras tout le loisir de te refaire et de prendre un doux repos.
Seulement, afin que personne ne puisse me voir souffrir,
- je Te demande de retarder encore un peu,
- jusqu’à ce que je me trouve seule, car il me semble que mon confesseur est encore ici. »
Jésus répliqua : « Qu’est-ce que ça fait que le Père soit présent ? Au lieu de n’avoir qu’une seule personne pour m’aider à refaire mes forces,
- ne serait-il pas mieux que J’en aie deux,
- c’est-à-dire toi en souffrant et le Père en collaborant avec Moi et en ayant la même intention que Moi ? »
Pendant ce temps, je vis mon confesseur manifester l’intention de la crucifixion et immédiatement, sans le moindre retard, le Seigneur me fit participer aux souffrances de la croix.
Après que je fus restée quelque temps dans ces souffrances, mon confesseur me rappela à l’obéissance. Jésus se retira et je cherchai à me soumettre à celui qui me commandait.
Après un bref instant, mon doux Jésus revint. Il voulait me soumettre une seconde fois aux souffrances de la crucifixion, mais le Père ne voulait pas.
Moi, quand je me conformais au désir de Jésus, c’est-à-dire à souffrir, Jésus venait. Lorsque mon confesseur voyait que je commençais à souffrir, Il arrêtait la souffrance par l’obéissance, et Jésus se retirait.
Je souffrais, bien sûr, une grande peine de voir Jésus se retirer, mais je faisais tout ce que je pouvais pour obéir.
Parfois, lorsque je voyais Jésus et mon confesseur discuter ensemble sur ce point, je les laissais se débattre entre eux en attendant de voir qui sortirait vainqueur : l’obéissance ou Notre-Seigneur.
Ah ! Il me semblait voir lutter l’obéissance et Jésus, tous les deux puissants, capables de s’affronter dans un combat.
Après une dure lutte, alors que j’allais voir qui était vainqueur, la Maman Reine vint et, en s’approchant du Père ( du prêtre), elle lui dit :
« Mon fils, ce matin, c’est Jésus Lui-même qui veut qu’elle souffre. Laisse-Le faire. Autrement, vous ne serez pas épargnés, même pas d’une partie des châtiments. »
À ce moment, le père fut comme distrait pendant la lutte. Étant victorieux, Jésus me soumit de nouveau aux souffrances de la crucifixion, mais des souffrances tellement violentes et des douleurs tellement amères que je ne sais pas comment je suis restée vivante.
Alors que je me croyais sur le point de mourir,
- l’obéissance me rappela de nouveau et pour quelque temps, je me suis retrouvée en mon corps.
Jésus béni refaisait ses forces, mais, non encore satisfait, Il revint et, pour une troisième fois, Il voulut répéter la crucifixion.
Cependant, en s’armant de toutes ses forces cette fois-ci, l’obéissance se rendit victorieuse et mon bienaimé Jésus fut perdant.
Malgré tout cela, Jésus s’essayait de temps en temps, dans l’espoir de pouvoir vaincre de nouveau l’obéissance, de sorte qu’Il ne me donnait pas de repos.
J’ai dû Lui dire : « Mais, mon Seigneur, reste tranquille un peu et laisse-moi en paix. Ne vois-Tu pas que l’obéissance s’est armée et qu’elle ne veut pas céder devant Toi ? Sois donc patient. Si Tu veux répéter la crucifixion pour une troisième fois, promets-moi de me faire mourir. »
Jésus répondit : « Oui, viens. »
Je le dis au père et, même en cela, l’obéissance demeura inexorable, malgré que mon doux Bien m’appelait en me disant : « Luisa, viens. » Je dis à mon confesseur que Jésus m’appelait, mais il riposta par un non tranchant.
Drôle d’obéissance que celle-là ! Elle veut faire sa grande dame en tout et sur tout. Elle veut s’introduire dans des choses qui ne la regardent pas, telle la question de mourir.
Quelle belle affaire que
- d’exposer une pauvre malheureuse aux dangers de la mort,
- lui faire toucher du doigt le port du bonheur éternel et,
- ensuite, pour se vanter qu’elle sait faire en tout sa grande dame, au moyen de la force qu’elle possède, elle retient l’âme et la fait croupir dans la misérable prison de son corps.
Si on lui demande pourquoi elle fait tout cela,
- en premier lieu, elle ne répond pas et,
- ensuite, dans son langage muet, elle dit : « Pourquoi ? Parce que je suis une grande dame et que j’ai domination sur tout. »
Il semble que si on veut demeurer en paix avec cette obéissance bénie, il faut une patience de saint. Non seulement une patience de saint, mais la patience de Notre-Seigneur lui-même.
Autrement, on sera en continuels désaccords avec elle, parce qu’on traite avec celle qui aime à conduire les choses aux extrêmes.
En voyant que, devant l’obéissance, il ne pouvait pas du tout vaincre, le Seigneur béni s’apaisa et me laissa en paix.
Il atténua mes souffrances et Il me dit : « Ma bien-aimée, dans les souffrances que tu as vécues,
J’ai voulu te faire éprouver la fureur de ma Justice en la déversant un peu sur toi.
Si tu pouvais voir clairement
- jusqu’où les hommes ont poussé ma Justice et
- comment sa fureur s’est armée contre eux, tu tremblerais comme une feuille et tu ne ferais rien d’autre que
- de Me prier de faire pleuvoir sur toi les souffrances. »
Il me semble
- que Jésus me soutint dans mes souffrances et
- que, pour me redonner du courage, Il me dit : « Je me sens mieux ; et toi ? »
Je lui dis : « Ah ! Seigneur, qui peut Te décrire ce que je ressens ? Je me sens comme si j’étais broyée à l’intérieur d’une machine. J’éprouve un tel épuisement de mes forces que, si Tu ne m’infuses pas de la vigueur, je ne pourrai pas m’en remettre. »
Jésus me répondit : « Ma bien-aimée, il est nécessaire que,
- de temps en temps tout au moins,
- tu éprouves avec intensité des souffrances.
Premièrement pour toi car, aussi bon que soit un morceau de fer, si on le laisse longtemps sans le mettre dans le feu, il en vient toujours à contracter un peu de rouille.
Deuxièmement pour Moi : si, pendant longtemps, Je ne me déchargeais pas sur toi, ma fureur s’enflammerait d’une façon telle que Je n’aurais aucun regard pour les humains et Je n’épargnerais personne.
Et si tu ne prenais pas sur toi mes souffrances, comment pourrais-Je maintenir ma parole donnée
- d’épargner des châtiments à une partie du monde ?»
Après cela, mon confesseur vint et m’appela à l’obéissance. Ainsi, je revins dans mon corps.