Après avoir passé un autre jour en l’absence de Jésus et avec très peu de souffrance,

  • je me sentais convaincue que Je Seigneur ne voulait plus me garder dans mon état de victime. Cependant, l’obéissance ne veut même pas me céder cela.

Elle veut que je continue de rester dans cet état, même si je dois en crever. Que le Seigneur soit toujours béni et que sa sainte et aimable Volonté soit faite en toute chose !

Lorsque Jésus béni vint ce matin, Il se montra dans un état pitoyable. Il semblait souffrir dans ses membres. Et son corps se présentait comme brisé en de multiples morceaux qu’il était impossible de compter.

D’une voix plaintive, Il me dit :

« Ma fille, combien Je souffre, combien Je souffre ! Mes souffrances sont des souffrances indicibles et incompréhensibles pour la nature humaine. C’est la chair de mes enfants qui est lacérée et la douleur que J’en éprouve est si grande que Je me sens lacéré dans ma propre chair. » Pendant qu’Il disait cela, Il gémissait et Il se plaignait.

Je me sentais attendrie en le voyant dans cet état et je fis tout ce que je pouvais pour être compatissante envers Lui. Je le priai de me faire participer à ses Souffrances.

Il me contenta en partie et j’ai à peine eu le temps de Lui dire : « Ah ! Seigneur, ne T’ai-je pas demandé de ne pas envoyer de châtiments ? Ce qui me déplaît le plus, c’est que Tu sois frappé dans tes propres membres. Ah ! Cette fois, aucune action ou prière n’a pu T’apaiser !»

Mais Jésus ne prêta pas attention à mes paroles. Il me sembla qu’Il avait une préoccupation sérieuse dans son Cœur qui attirait son attention ailleurs et, en un instant, Il me transporta hors de mon corps. Il m’amena dans des lieux où se passaient des massacres sanglants.

Que de scènes douloureuses on voyait dans le monde ! Que de chair humaine tourmentée, morcelée, foulée aux pieds comme on foule la terre, et abandonnée sans sépulture ! Que de disgrâce, que de misère ! Ce qui était pire, c’était de voir d’autres châtiments plus terribles encore qui devaient arriver.

Le Seigneur béni regarda tout cela et, totalement bouleversé, Il se mit à pleurer amèrement. Moi, ne pouvant résister, je pleurai avec Lui sur la triste condition du monde, de sorte que mes larmes se mêlaient aux siennes.

Après avoir pleuré un bon moment, j’ai admiré un autre trait de la Bonté de Notre-Seigneur. Pour me faire cesser de pleurer, Il détourna de moi son visage et, en cachette, Il essuya ses larmes.

Ensuite, en se tournant vers moi avec un visage joyeux, Il me dit : « Ma bien-aimée, ne pleure pas, ça suffit, ça suffit ! Ce que tu vois sert à satisfaire ma Justice. »

Je lui dis : « Ah ! Seigneur, j’ai donc raison de dire que mon état n’est plus selon ta Volonté ! À quoi sert mon état de victime s’il ne m’est pas donné

  • que tes très chers membres soient épargnés et
  • que le monde soit exempté de tant de châtiments ? »

Jésus me répondit : « Ce n’est pas comme tu dis. Moi aussi J’ai été victime. Et, en étant victime, il ne m’a pas été donné que le monde soit épargné de tous les châtiments. J’ai ouvert le Ciel pour l’homme.

Oui, Je l’ai libéré de son péché et J’ai pris sur Moi ses souffrances. Mais c’est Justice que l’homme reçoive sur lui une partie des châtiments qu’il s’est attirés en péchant.

Et si ce n’était pas des âmes victimes, l’homme mériterait

  • non seulement un simple châtiment, c’est-à-dire la destruction de son corps,
  • mais aussi la perte de son âme. Voilà la raison de la nécessité des âmes victimes.

Celui qui veut s’en prévaloir, parce que l’homme est toujours libre dans sa volonté, peut trouver une exonération de sa punition et son port de salut. »

Je repris : « Ah ! Seigneur, comme je voudrais m’en aller avec Toi avant que ces châtiments ne progressent davantage ! »

Jésus répondit : « Si le monde parvient à une impiété telle qu’il ne mérite aucune âme victime, certainement que Je t’amènerai avec Moi. »

En entendant cela, je dis : « Seigneur, ne permets pas que je reste ici et que j’assiste à des scènes aussi douloureuses. »

Presque en me faisant un reproche, Jésus ajouta : « Au lieu de me prier d’épargner le monde, tu dis que tu veux t’en venir avec Moi ?

Et si J’amenais avec Moi tous mes élus, qu’arriverait-il à ce pauvre monde ?

Certainement que Je n’aurais plus rien à faire de ce monde et que Je n’aurais plus aucun regard pour lui. »

Après, j’ai prié pour plusieurs personnes. Jésus disparut et je suis revenue dans mon corps.