Pendant que j’écrivais, cette pensée monta en moi : « Qui sait combien il y a de sottises dans ces écrits ? Ils méritent d’être jetés au feu. Si l’obéissance me le permettait, je le ferais Car je sens que ces écrits sont comme un obstacle pour mon âme, surtout s’ils parviennent à la vue de certaines personnes.

Dans certains passages, ces écrits me présentent comme si j’aimais Dieu et que je faisais quelque chose pour Lui, alors que je ne fais rien et que je ne L’aime pas. Je suis l’âme la plus froide qui puisse se trouver dans le monde.

Et voici que ces personnes m’estiment différente de ce que je suis, et cela m’est une souffrance. Cependant, puisque c’est l’obéissance qui veut que j’écrive,

  • cela étant pour moi un des plus grands sacrifices, je m’en remets totalement à elle, avec l’espérance certaine
  • qu’elle m’excusera et
  • qu’elle plaidera ma cause auprès de Dieu et auprès des hommes. »

Pendant que je pensais ainsi, Jésus béni bougea en mon intérieur. Il me reprocha d’entretenir ces pensées et me demanda de me rétracter. Il voulait que je cesse d’écrire si je ne me rétractais pas.

Il affirmait qu’en pensant ainsi, je m’écartais de la Vérité, alors que la chose la plus essentielle pour une âme, c’est de ne jamais sortir du cercle de la Vérité.

Il me dit : « Comment ! Tu ne m’aimes pas ? Avec quelle audace tu dis cela ! Ne veux-tu pas souffrir pour Moi ?»

En rougissant de honte, je lui dis : « Oui, Seigneur. »

Il reprit : « Eh bien, comment en arrives-tu à sortir de la Vérité ? » Cela dit, Il se retira en mon intérieur sans plus se faire entendre.

Quant à moi, je suis restée comme si j’avais reçu un coup de massue. Comme elle fait des siennes, dame obéissance ! Si ce n’était d’elle, je ne me trouverais pas dans ces épreuves avec mon bien-aimé Jésus. Comme il faut de la patience avec cette obéissance bénie !

Je reprends donc ici pour dire ce que je devais dire. Le Seigneur m’a un peu distraite de ce que j’avais commencé à écrire.

Lorsqu’Il est revenu, Jésus béni a riposté à ma pensée en me disant :

« Certainement que tes écrits méritent d’être brûlés ! Mais, veux-tu savoir dans quel feu ? Dans le feu de mon Amour.

Car il n’y a pas une page qui ne manifeste clairement la façon dont J’aime les âmes,

  • autant en ce qui te concerne
  • qu’en ce qui concerne le monde.

Dans tes écrits, mon Amour trouve un épanchement

  • pour mes préoccupations et
  • pour mes langueurs amoureuses. »

Après cela, Jésus me transporta hors de mon corps : « Mon Bien-Aimé et mon unique Bien, quel châtiment pour moi que de devoir retourner tant de fois dans mon corps !

Car c’est bien vrai que, en ce moment, je n’ai pas mon corps avec moi et que seule mon âme reste avec Toi.

Ensuite, je ne sais comment, je me retrouve emprisonnée dans mon misérable corps comme à l’intérieur d’une sombre prison Et là, dans mon corps, je perds cette liberté qui m’est donnée lorsque j’en suis sortie. Cela n’est-il pas un châtiment pour moi, le plus dur châtiment qui puisse se donner ?»

Jésus me dit : « Ma fille, ce que tu décris n’est pas un châtiment. Cela n’arrive pas à cause d’une faute de ta part.

Tu dois aussi savoir qu’il y a seulement deux raisons pour lesquelles une âme peut sortir de son corps :

  • soit par la force de la douleur, ce qui arrive au moment de la mort naturelle ,
  • soit par la force de l’amour réciproque entre Moi et l’âme.

Cet Amour est alors tellement fort

  • que ni l’âme ne supporterait cet Amour sans Moi,
  • ni Moi Je ne pourrais résister longtemps à cet amour sans vouloir en jouir.

Je procède alors

  • en attirant l’âme à Moi et,
  • ensuite, Je la remets de nouveau dans son état naturel.

Et l ‘âme, attirée plus que le courant dans un fil électrique, va et vient comme Il me plaît.

Par conséquent, ce que tu crois être un châtiment est,

  • au contraire, un amour des plus raffinés. »

Je répondis : « Ah ! Seigneur, si mon amour était fort et suffisant, je crois

  • que j’aurais la force de subsister en ta Présence et
  • que je ne serais pas sujette à revenir dans mon corps. C’est parce que mon amour est très faible que je suis sujette à ces vicissitudes. »

Jésus me répondit : « Au contraire, c’est un Amour même plus grand :

  • ton amour est un extrait de l’Amour du sacrifice
  • par lequel, par amour pour Moi et pour tes frères, t Tu te prives toi-même en retournant aux misères de la vie. »

Après cela, Jésus béni me transporta vers une ville

  • où se commettaient tellement de péchés qu’il en sortait comme un brouillard dense et pestilentiel
  • qui s’élevait vers le Ciel.

Et, du Ciel, descendait un autre épais brouillard

  • à l’intérieur duquel se trouvaient condensés tellement de châtiments qu’ils semblaient suffisants pour exterminer cette ville.

Je dis : « Seigneur, où sommes-nous ? Quels sont ces lieux ?»

Jésus répondit : « Ici, c’est Rome, où de nombreuses abominations se commettent. Non seulement par des laïques, mais aussi par des religieux. Ils méritent que ce brouillard finisse par les aveugler et par provoquer leur extermination. »

En un instant, je vis le massacre qui devait s’ensuivre. Il semblait que le Vatican recevait une partie des secousses. Les prêtres n’étaient même pas épargnés.

Totalement consternée, je dis : « Mon Seigneur, épargne ta ville de prédilection, tous tes ministres, et le pape. Oh ! Combien volontiers je m’offre moi-même

  • pour souffrir leurs tourments,

  • pour que Tu les épargnes ! »

Remué, Jésus me dit : « Viens avec Moi et Je te ferai voir jusqu’où est parvenue la malice humaine. »

Il me transporta à l’intérieur d’un palais. Dans une chambre secrète se trouvaient cinq ou six députés qui se disaient entre eux : « Nous nous rendrons lorsque nous aurons détruit les chrétiens. »

Il semblait qu’ils voulaient contraindre le roi à écrire de sa propre main un décret de mort contre les chrétiens,

  • avec l’autorisation de s’emparer de leurs biens.

Ils disaient : « Pourvu que le roi nous donne son assentiment. Ça ne nous fait rien si nous ne passons pas à l’action maintenant . Au bon moment et dans les circonstances favorables, nous le ferons. »

Après cela, Jésus me transporta ailleurs. Il me fit voir qu’un de ceux qui se disent chefs allait mourir. Il semblait tellement uni au démon que, arrivé à ce point, si près de la mort, cela ne le dérangeait même pas. Il tirait toute sa force des démons qui l’accompagnaient comme ses amis fidèles.

Lorsque les démons m’ont vue, ils ont été ébranlés.

  • L’un voulait me battre,
  • un autre me faire telle chose, un autre telle autre chose.

Cependant,

  • en ne m’occupant même pas de leurs vexations, parce que le salut de cette âme m’était plus précieux,
  • je me suis efforcée d’entrer et je suis arrivée auprès de cet homme.

Oh ! Dieu ! quelle vue ! Plus épouvantable que les démons eux-mêmes ! Dans quel état lamentable gisait ce chef ! Il faisait plus que pitié ! Notre présence ne l’a pas ému du tout. Il semblait même qu’il s’en moquait.

Jésus m’a immédiatement retirée de cet endroit. Et j’ai commencé à plaider auprès de Jésus pour le salut de cette âme.