Me trouvant hors de mon corps, il me sembla que nous étions dans la nuit : J’ai vu l’univers entier, l’ordre parfait de la nature, le ciel étoilé, le silence de la nuit. Il me semblait que tout avait une signification. Pendant que je contemplais cela, il me sembla voir Notre-Seigneur . Il me disait :
« Toute la nature invite au repos. Mais qu’est le vrai repos ? C’est le repos intérieur, le silence de tout ce qui n’est pas Dieu.
Tu vois les étoiles scintiller d’une lumière modérée,
- pas éblouissante comme celle du soleil, le silence de toute la nature, du genre humain et des animaux.
Tous cherchent une place, un refuge où
- être en silence et
- se reposer de la fatigue de la vie, chose qui est nécessaire pour le corps et beaucoup plus pour l’âme.
Il est nécessaire de se reposer dans son propre centre qui est Dieu . Mais, pour pouvoir le faire,
- le silence intérieur est nécessaire, au même titre que, pour le corps, le silence extérieur est nécessaire
- afin de pouvoir dormir paisiblement.
En quoi donc consiste ce silence intérieur ?
- À faire taire ses passions en les tenants en échec,
- à imposer le silence à ses désirs, ses inclinations et ses sentiments, en somme, à tout ce qui n’est pas Dieu.
Quel est le moyen de parvenir à cela ? Le moyen unique et indispensable est de démolir son être selon la nature
- en le réduisant à rien, comme c’était sa situation avant qu’il soit créé. Quand il a été réduit à rien, il faut le recouvrer en Dieu.
Ma fille,
- toute chose a commencé dans le néant,
- même cette grande machine de l’univers que tu regardes et qui a tant d’ordre.
Si, avant d’avoir été créée, elle avait été quelque chose,
- je n’aurais pas pu y faire intervenir ma Main créatrice pour la créer avec une telle maîtrise, si parée et splendide.
- J’aurais eu à défaire d’abord tout ce qui aurait existé avant, puis à tout refaire comme il M’aurait plu.
Tous mes travaux dans l’âme débutent à partir du néant.
Quand il y a un mélange d’autre chose, ce n’est pas convenable pour ma Majesté d’y descendre et d’y travailler.
Mais, quand l’âme est réduite à néant et qu’elle vient vers Moi,
- plaçant son être dans le Mien, alors Je travaille comme le Dieu que Je suis
- et elle trouve son vrai repos. »
Qui pourrait dire tout ce que j’ai compris à partir de ces propos de Jésus béni ?
Oh ! Que mon âme serait heureuse
- si je pouvais défaire mon pauvre être pour pouvoir recevoir la divine Essence de mon Dieu !
Oh ! Comme je pourrais alors être sanctifiée ! Mais quelle folie m’habite ! Où est mon cerveau pour que je ne l’aie pas encore fait ? Quelle est cette misère humaine qui,
- plutôt que de rechercher ce vrai bien et de voler très haut, se contente de ramper sur le sol et de vivre dans la saleté et la corruption ?
Ensuite, mon bien-aimé Jésus m’amena à l’intérieur d’un jardin
- où il y avait beaucoup de gens qui se préparaient à assister à une fête. Seulement ceux qui recevaient un uniforme pourront y assister. Mais peu recevaient cet uniforme. Un grand désir de le recevoir me vint. J’insistai tant que je l’obtins.
Étant arrivée à l’endroit où je devais recevoir l’uniforme, une vénérable dame
- m’habilla d’abord de blanc et
- me mit une épaulette céleste d’où pendait une médaille de la sainte Face de Jésus.
Cette médaille était aussi un miroir qui,
- si on le regardait,
- permettait de distinguer les plus petits péchés de son âme, à l’aide de la Lumière qui se dégageait de la sainte Face.
La dame prit un manteau d’or très fin et m’en couvrit complètement. Il me semblait qu’ainsi vêtue, je pouvais rivaliser avec toutes les vierges de la communauté. Pendant que cela se passait, Jésus me dit : « Ma fille, il suffit que tu sois ainsi habillée. Quand la fête débutera, Je t’y t’amènerai. Pour l’instant, retournons voir ce que fait le genre humain. »
Ainsi, après m’avoir promenée dans les environs, Il me ramena à mon corps.