Je continuais d’être quasi totalement privée de mon doux Jésus. Ma vie s’écoulait dans la douleur. Je sentais un grand ennui, une grande lassitude de vivre !
Je me disais intérieurement : « Oh ! Comme mon exil est prolongé ! Oh ! Quel serait mon bonheur si je pouvais dissoudre les liens de ce corps. Ainsi, mon âme prendrait librement son envol vers mon plus grand Bien !»
Une pensée m’effleura l’esprit : « Et si tu allais en enfer !» Pour empêcher que le démon ne m’attaque sur ce point, je me suis dépêchée de dire : « Alors, même en enfer, j’enverrais mes soupirs à mon doux Jésus. Même là, je L’aimerais. »
Pendant que j’entretenais ces pensées et bien d’autres (il serait trop long de les mentionner toutes), mon aimable Jésus se montra pendant un court temps .
Et, d’un ton sérieux, Il me dit : « Ton temps n’est pas encore arrivé. » Dans une lumière intellectuelle, Il me fit comprendre que tout doit être ordonné dans une âme.
L’âme possède beaucoup de petites chambres,
- une pour chaque vertu,
- chaque vertu ayant avec elle toutes les autres, de telle manière que
- si l’âme semble ne posséder qu’une vertu,
- celle-ci est accompagnée de toutes les autres.
Néanmoins, les vertus sont toutes distinctes et chacune a sa place dans l’âme. Elles proviennent toutes de la Très Sainte Trinité qui,
- tout en étant Une,
- est formée de trois Personnes distinctes.
J’ai aussi compris que chacune des chambres de l’âme est,
- ou bien remplie par une vertu,
- ou bien par le vice opposé.
S’il n’y a ni vertu ni vice, elle reste vide.
Il semblait que mon âme était comme une maison qui contient beaucoup de chambres,
- toutes vides.
- quelques-unes remplies de serpents,
- quelques-unes de boue,
- d’autres sombres. Ah ! Seigneur, Toi seul peux mettre de l’ordre dans ma pauvre âme !